Isabelle de André Gide

Isabelle de André Gide

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Jules, le 12 août 2003 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (19 787ème position).
Visites : 2 259  (depuis Novembre 2007)

Une bouffée d'air d'un autre temps

Dans un court préambule, l’auteur nous explique que cette histoire est née d’une visite du château de Quartfouche, proche de Pont- l’Evêque. Lui-même, ainsi que Francis Jammes, y ont été amenés par Gérard Lacase qui en sera le narrateur.
Lacase, au moment des faits racontés, n'avait que vingt-cinq ans et travaillait à une thèse sur Bossuet. Son maître de thèse lui conseille de se rendre chez un certain Monsieur Floche, grand spécialiste de Bossuet et en possession de documents très rares de cet auteur. Floche et son épouse habitent à Quartfouche qui appartient à son beau-frère et sa belle-soeur, Monsieur et Madame de Saint-Auréol.
Dans le château, vivent également un abbé, Mademoiselle Olympe Verdure, le jardinier Gratien et la cuisinière Delphine son épouse. Mais, il y a aussi un petit garçon, un peu arriéré, qui porte le nom de Casimir. Il est le petit-fils de Monsieur et Madame de Saint-Auréol et porte le même nom de famille. Où sont ses parents ?.
Lacase se liera avec le jeune garçon, mais ce qu’il en apprendra ne lui permettra pas de trouver la réponse à cette question. Il n’aura de cesse que de la trouver, y mettra le temps et sa surprise sera grande…
Cette histoire est merveilleusement bien racontée par André Gide et la beauté de son écriture est un véritable régal qui ajoute beaucoup au récit. Jugez-en par ce court extrait qui n'est qu’un exemple parmi bien d’autres: « Certes le mot ennui est bien faible pour exprimer ces détresses intolérables à quoi je fus sujet de tout temps ; elles s'emparent de nous tout à coup ; la qualité de l’heure les déclare ; l’instant auparavant tout vous riait et l’on riait à toute chose; tout à coup une vapeur fuligineuse s'essore du fond de l'âme et s’interpose entre le désir et la vie ; elle forme un écran livide, nous sépare du reste du monde dont la chaleur, l’amour, l'harmonie ne nous parviennent plus que réfractés en une transposition abstraite : on constate, on n’est plus ému ; et l’effort désespéré pour crever l'écran isolateur de l’âme nous mènerait à tous les crimes, au meurtre ou au suicide, à la folie… »
Bien sûr ce récit a des couleurs d'un autre temps, mais il n'empêche, il est bien agréable à lire.

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Zzzzzzzz

4 étoiles

Critique de Kikiolf (Mulhouse, Inscrit le 4 septembre 2012, 35 ans) - 17 septembre 2012

Je ne vais pas tourner autour du pot, pour moi ce livre est sans grand intérêt.
Certes «Isabelle» est très bien écrit comme les autres romans d’André Gide, seulement j’ai trouvé l’histoire peu intéressante et la psychologie des personnages banals.
Je n’ai pas vibré une seconde et n’ai eu aucune peine à tourner la dernière page. Un livre que je n’aurai pas de mal à oublier.

Lacase et Isabelle

8 étoiles

Critique de Jules 2 (, Inscrit le 11 mai 2004, 73 ans) - 8 juin 2004

Je peux comprendre, mais tu constateras que ma critique se limite à mettre le cadre en place et à parler du style de Gide.

A plusieurs reprises il m'avait été fait le reproche, peut-être justifié d'ailleurs, de trop dévoiler des histoires. Alors, juste après les reproches je serrais au maximum et dévoilais le moins possible. Peut-être trop peu... l'éternel mouvement du balancier...

Je m'étonne

10 étoiles

Critique de Bérénice (Paris, Inscrite le 18 mai 2004, 31 ans) - 8 juin 2004

Je m'étonne, Jules, que vous n'ayez pas dit un mot de ce qui constitue pourtant l'intrigue centrale du roman - l'amour du jeune Lacase pour Isabelle. Auriez-vous oublié ? C"est pourtant ce qui moi m'a marquée le plus fortement dans ce livre : comment ce jeune homme devient follement épris d'un portrait, comment il attribue à la femme du portrait les plus hautes qualités ; et comment peu à peu de découvertes en déceptions il se rend compte que cette inconnue qu'il idolâtre ainsi ne mérite que son mépris. C'est une réflexion sur l'amour, l'Idéal, sur la tendresse (celle que Lacase finit par porter au jeune retardé mental Casimir), sur la désillusion.
C'est un très beau livre, embelli encore par Gide, ce génie de la langue - qui autre que lui a su avec tant de virtuosité et d'exactitude maîtriser ainsi le français ? Ce n'est pas un style étonnant et déroutant comme celui de Céline ou de Proust, c'est LE style du contrôle total de la grammaire et de la connaissance parfaite des mots, c'est la langue française dans toute sa perfection et sa limpidité la plus pure.
Isabelle m'a énormément marquée. Peut-être était-ce aussi parce que je le lisais lors de mon premier séjour en Russie, et qu'y sont attachés mes souvenirs slaves ; mais c'est aussi la pureté de ce court livre qui a été pour moi comme une révélation. Un chef-d'oeuvre inconnu.

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