Eclats
de Erik De Graaf

critiqué par JulesRomans, le 25 mars 2014
(Nantes - 59 ans)


La note:  étoiles
N'éclatent pas que les obus en temps de guerre
Publié sous le titre de "Scherven" au Pays-Bas en 2010, ce premier tome d’une série de deux a été traduit en français et publié fin 2013 au Canada ; le titre a été traduit littéralement.

Ce récit s’appuie sur le vécu de sa grand-mère et ses oncles Cor et Gijs, au moment de la Seconde Guerre mondiale. Le récit est porteur d’une bonne dose de fiction pour ce qui est de la relation amoureuse entre le héros et une jeune fille juive. Ces deux êtres se retrouvent en mai 1946, alors que cela fait six ans qu’ils ne se sont plus vus. Le jeune homme raconte la mort d’un ami commun lors de l’offensive allemande du printemps 1940 qui viole la neutralité des Pays-Bas.

Du passé évoqué, on retiendra la solidarité d’une grande partie de la population hollandaise vis-à-vis des juifs, ceci se traduisant en particulier par une grève générale à Amsterdam début 1941 afin de protester contre les arrestations de juifs (page 218). Ponctuellement par ailleurs la collaboration civile ou militaire de certains Néerlandais est rappelée.

Les deux personnages principaux, à des niveaux différents, ont vu leur vie bouleversée par la guerre. Le jeune homme culpabilise d’avoir échappé à la mort alors qu’il était arrêté par les Allemands en mai 1940 alors que son compagnon est tué devant ses yeux. Les thèmes sont les souvenirs d’enfance, les rêves d’amoureux, la perte d'êtres chers, de l'innocence, de la jeunesse et la tentative de reconstruction du passé dans un but de déculpabilisation. Le tome 2 de l'ouvrage présenté ici devrait raconter comment une jeune Hollandaise juive survécut durant la Seconde Guerre mondiale.

Les pages évoquant le passé sont en sépia, celles où l’action se déroule en 1946 sont en couleurs. Le graphisme fort élégant a des cotés un peu géométriques.