Les douze tribus d'Hattie de Ayana Mathis

Les douze tribus d'Hattie de Ayana Mathis
(The twelve tribes of Hattie)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par GiLau, le 19 février 2014 (Annecy, Inscrite le 18 septembre 2010, 57 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (21 556ème position).
Visites : 2 038 

Des vies du Sud au Nord

Présentation de l'éditeur
Gare de Philadelphie, 1923. La jeune Hattie arrive de Géorgie en compagnie de sa mère et de ses sœurs pour fuir le Sud rural et la ségrégation. Aspirant à une vie nouvelle, forte de l'énergie de ses seize ans, Hattie épouse August. Au fil des années, cinq fils, six filles et une petite-fille naîtront de ce mariage. Douze enfants, douze tribus qui égrèneront leur parcours au fil de l'histoire américaine du XXè siècle. Cette famille se dévoile peu à peu à travers l'existence de ces fils et de ces filles marqués chacun à leur manière par le fort tempérament de leur mère, sa froide combativité et ses secrètes failles.


Très belle histoire formée de plusieurs destins différents et complémentaires. Chaque chapitre dévoile un être que nous souhaiterions connaître un peu plus et qui nous permet de saisir un peu mieux le personnage principal.
C'est un livre fort qui ne laisse pas indemne se rapportant à une époque pas si lointaine de l'histoire américaine.

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Les éditions

  • Les douze tribus d'Hattie [Texte imprimé], roman Ayana Mathis traduit de l'américain par François Happe
    de Mathis, Ayana Happe, François (Traducteur)
    Gallmeister / Americana (Paris. 2008)
    ISBN : 9782351780718 ; EUR 23,40 ; 02/01/2014 ; 313 p. ; Broché
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Belle et déchirante saga

9 étoiles

Critique de Krysaline (Paris, Inscrite le 26 septembre 2017, 54 ans) - 7 février 2020

Toujours sur les conseils très avisés de ma chère Lydie, je me suis lancée dans la lecture des "Douze tribus d'Hattie".

Alors, ce livre est scindé en douze chapitres (un pour chacun des enfants qu'a eu Hattie) formant le portrait de cette mère incapable d’affection, dépressive, agressive, froide et au cœur sec parce que trop éprouvée par la vie.

D’ailleurs le premier chapitre nous met immédiatement dans l’ambiance : Hattie a fui avec sa famille de Géorgie en raison d’une ségrégation raciale trop présente en raison des lois Jim Crow, avec l’espoir d’une vie meilleure et plus égalitaire à Philadelphie.

Mariée à 16 ans, elle a ses deux premiers enfants, des jumeaux, à 17 ans et ceux-ci connaissent un destin tragique puisqu’ils meurent de pneumonie à 7 mois. Ce chapitre est déchirant et franchement j’ai hésité à continuer ma lecture tant ça m’a marquée et j’ai trouvé ça dur.

Puis, j’ai continué à tourner les pages et je ne le regrette pas. L’amertume est prégnante dans ce récit rythmé par la vie d’Hattie marquée par les déceptions successives.

Elle aura donc douze enfants et le récit de sa vie va se dérouler de 1925 à 1980 : Il y aura Floyd, le musicien de Jazz, Six, le prédicateur, Billups, Bell qui fera des études, Ruthie, fruit d’une liaison extra-conjugale, Cassie avec sa maladie mentale, Sala, Ella, Franklin qui va s’engager dans l’armée et « faire » le Viet-Nam et la dernière, Alice, née alors qu’Hattie avait 46 ans et qui sera en quelque sorte « sacrifiée ».

Son manque d’amour manifeste ou du moins son incapacité à l’exprimer nous amène à nous poser la question suivante : l’instinct maternel existe-t-il ? Moi, je dirai oui, car si Hattie est avare de démonstration de sentiments elle n’en jette pas moins toutes ses forces dans la survie des siens et n’a plus ni amour, ni tendresse à donner, comme pour ne plus se brûler aux émotions. Mais c'est une vraie combattante car elle n’oublie pas ses devoirs envers ses enfants.

Mais à mon avis, on peut donner à ce récit une autre dimension et une interprétation un peu différente :

Ces douze histoires représenteraient toute la mosaïque du peuple noir en Amérique symboliquement rassemblées en un livre et fait d’Hattie une mère universelle et/ou qu’elle représente la « mère patrie » soit les États-Unis… donnant peu d’amour (c’est-à-dire pas d’attention ou du moins inégale à son peuple démuni…

Toutes ses histoires seraient le condensé de tous les malheurs subit et justifierait l’accumulation de catastrophes et d’histoires tristes et sordides.

Dans cette optique, douze devrait être aussi un symbole donc… J'avais pensé aux premières étoiles sur la bannière américaine, mais elles étaient au nombre de treize… peut-être douze enfants plus Hattie la fédératrice = treize !

D’accord, c’est capillotracté… donc, là du coup, je sèche. Enfin tout cela n’est que supputation et peut-être que je m’égare !

Cela étant dit, j’ai beaucoup aimé cette histoire pleine de désespoir et qui résonne comme une complainte des minorités défavorisées.

Une femme et ses enfants

6 étoiles

Critique de Isad (Occitanie, Inscrite le 3 avril 2011, 60 ans) - 13 juillet 2014

De 17 à 71 ans, de 1925 à 1980, on suit, à travers l’histoire de ses enfants, la vie d’une femme noire, sur fond de discrimination et de superstitions religieuses. La nécessité de trouver à manger pour nourrir les siens et de tenir la maison propre empêche de montrer de la tendresse. Les hommes, coureurs de jupons, joueurs, buveurs et menteurs, ne sont pas à leur avantage.

Chaque chapitre est daté et consacré à un individu et c’est à travers ce qui lui arrive qu’on voit ce qui se passe. Personne n’est vraiment très attachant et il n’y a pas de continuité dans le déroulé sinon le résumé d’une existence en 12 points saillants, ses 11 enfants et l’une de ses petites-filles.

IF-0614-4245

Hattie, le fil rouge

7 étoiles

Critique de Joanna80 (Amiens, Inscrite le 19 décembre 2011, 63 ans) - 17 mars 2014

Les 12 tribus sont les 11 enfants et la petite-fille de Hattie. Ce sont aussi les 12 chapitres du livre avec comme fil rouge la maman/grand-mère. Des destins (pas très joyeux), qui montrent bien comment c'était difficile d'être noir aux Etats-Unis dans les années '20-'40.
Un livre qui se lit facilement, mais qui n'est pas facile à oublier. Bien qu'on n'apprend pas beaucoup plus sur Hattie, on arrive à la comprendre vers la fin.

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