Le Périple de Baldassare de Amin Maalouf

Le Périple de Baldassare de Amin Maalouf

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Moyen Orient , Littérature => Arabe

Critiqué par Sorcius, le 22 août 2000 (Bruxelles, Inscrite le 16 novembre 2000, 49 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 9 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 702ème position).
Visites : 7 093  (depuis Novembre 2007)

A la poursuite d’un mirage

Baldassare Embriaco est un homme paisible, fortuné, aux ancêtres prestigieux mais déchus, qui avance dans la vie sans y prendre garde, en laissant les jours se succéder aux autres et se ressembler chaque année un peu plus.
À quarante ans, sa vie est on ne peut plus banale. Et puis un jour, tout va basculer, à cause d'un livre maudit dont parlent des légendes qui se perdent dans la nuit des temps. On y découvrirait, paraît-il, un nom magique qui sauverait le monde du désastre qui l’attend bientôt. En effet, on se trouve en 1665, l’année précédant celle de la Bête, qui selon les prophètes, nombreux à cette époque, sera celle de l’Apocalypse. Baldassare, lui, est rationnel et n’y croit pas trop, mais il se laissera cependant entraîner presque malgré lui dans un périple qui se révélera plus long et plus dangereux que ce qu'il avait envisagé.
Le livre nous emmène des bords orientaux de la Méditerranée à des endroits très différents de par le monde. Baldassare est plutôt corpulent, à la quarantaine bien repue, et ce voyage qui se prolonge lui fera découvrir sur les hommes, le monde et lui-même, mille choses qu'il était loin d'imaginer. Il découvrira aussi l'amour avec ses bonheurs et surtout ses peines.
Amin Maalouf est un poète, un conteur habile, et il énonce quelques vérités qui nous font réfléchir et soupirer : « Mon Dieu, qu’elle est vraie, cette phrase-là ». Vous voyez le style, quoi ! Charmante écriture donc et histoire divertissante. Le livre commence en force et s’essouffle quelques fois, mais pour reprendre de plus belle. Cependant, j'ai été furieusement déçue par le dénouement et mon appétit n’est pas tout à fait rassasié. Zut, que c'est frustrant ces questions sans réponse ! Enfin, il vous restera à y répondre vous-même et à vous dire que l'un dans l'autre, ça en valait quand même la peine.

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très bon

9 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 59 ans) - 19 août 2011

Quel plaisir de lire ce livre et de vivre avec intensité le raffinement et la finesse de l'écriture.
C'est de loin mon préféré de Maalouf mais je rejoins totalement les avis éclairés concernant la fin ! elle est pour le moins énigmatique... mais n'était ce pas là la volonté de l'auteur ?

Le point de vue de Patryck Froissart

10 étoiles

Critique de FROISSART (St Paul, Inscrit le 20 février 2006, 72 ans) - 11 avril 2007

Titre : Le périple de Baldassare
Auteur : Amin Maalouf
Editeur : Grasset & Fasquelle (2000)
Format : Poche
506 pages
ISBN : 2253 115244 7


Nous sommes en 1665. Les thèses millénaristes circulent dans le monde connu, chrétien, musulman, juif, transversalement, annonçant que 1666, l’année de la Bête, forcément, puisqu’elle comporte trois fois le nombre six, sera celle de l’Apocalypse.
Baldassare, descendant d’une grande famille génoise installée dans le commerce des antiquités et du livre rare à Gibelet (ville du Liban connue dans l’Antiquité sous le nom de Byblos), vend étourdiment le livre de Mazandarani, Le Centième Nom, qui vient de lui être légué par le vieil Hadj Idriss.
Malheur !
Le Centième Nom, comme l’indique son titre, renferme entre ses lignes ésotériques le centième nom de Dieu, dont seuls quatre-vingt-dix neuf sont révélés dans le Coran.
Ce nom secret, si quelqu’un le découvre et le prononce, est le seul talisman capable d’attirer la clémence du Créateur et de repousser la fin des temps.
Baldassare, ayant réalisé son erreur, et bien qu’il s’affirme à lui-même qu’il ne croit pas à ces prédictions superstitieuses, quitte Gibelet sur les traces de l’acheteur, le chevalier franc Hugues de Marmontel, émissaire de la Cour de France, en compagnie de son commis, de ses deux neveux, et d’une belle femme de Gibelet, Marta, qui recherche la preuve de la mort de son mari, disparu depuis des lustres du côté de Constantinople, afin de pouvoir se remarier.
C’est le début du périple de Baldassare, une odyssée haletante qui le mènera par monts, vaux, mers, amours, catastrophes et rebondissements, à Tripoli, Alep, Constantinople, Smyrne, Chio, Gênes, Minorque, Tanger, Lisbonne, Amsterdam, Londres, Calais, Paris, Gênes à nouveau, avant qu’il prenne, de Gênes à Gibelet, le chemin du retour.

Le roman se présente comme une succession de journaux de voyage tenus méthodiquement du 24 août 1665, jour de son départ de Gibelet, au 31 décembre 1666, jour où s’achève l’année fatidique sans que se soient réalisées les prédictions des prophètes en tous genres ayant fleuri pendant deux ans dans les villes et campagnes chrétiennes, juives et musulmanes.

L’époque et les lieux du récit permettent à Amin Maalouf d’exploiter à plein rendement son talent de romancier historien, puisque, entre autres exemples, il nous fait rencontrer à Smyrne le prophète juif Sabbataï Tsevi (1626-1676), nous fait revivre le gigantesque incendie de Londres (septembre 1666), entraîne son héros dans les batailles navales de la guerre anglo-hollandaise…

La quête du livre sert de prétexte, au sens littéral du terme. Elle est chimère, et vogue en rond, puisque Baldassare part de Byblos (qui signifie Livre) pour revenir à Byblos, comme Candide revient cultiver son jardin. Mais si elle assimile le héros, comme souvent chez Maalouf, à une embarcation ballottée par l'Histoire, qui tourne, insensée, sur elle-même, elle est paradoxalement riche de sens : elle embrasse les trois religions…du Livre, les mêle, les assimile, nous montre à la fois comment elles coexistaient il y a trois siècles et combien, déjà, elles servaient de véhicules à bien des obscurantismes, à de dangereuses superstitions, à de récurrents fanatismes.

C’est du grand roman, c’est du Maalouf, c’est magistral.

Patryck Froissart, St Benoît, le 11 avril 2007

Magnifique

10 étoiles

Critique de Todolist69 (, Inscrit le 26 mars 2005, 55 ans) - 2 avril 2005

Aventure, suspense, contexte historique, tout y est.

Superbe épopée

8 étoiles

Critique de Le petit K.V.Q. (Paris, Inscrit le 8 juillet 2004, 26 ans) - 9 novembre 2004

Baldassare embriaco, riche commerçant, part à la recherche d'un livre maudit. Et là : c'est le drame (à dire sur le ton du 6 minutes de M6 :-)) il va faire un long voyage, aura une histoire d'amour. Très beau scénario, trop complexe pour que je vous en raconte les détails. Ce que je peux dire, c'est que c'est écrit dans une langue riche, y a de belles phrases, ca se voit qu'il les a dites avant de les avoir écrites, c'est un style superbe. Un très très grand livre que je ne peux que vous recommander. !

Kim

Une belle histoire

7 étoiles

Critique de Renardeau (Louvain-la-Neuve, Inscrite le 6 avril 2001, 61 ans) - 28 mars 2003

Voilà un auteur qui sait encore raconter des histoires. Loin du nombrilisme, du banal et de l'introspection rabâchée de nombreux romans actuels, ce livre se lit comme on écouterait, le soir à la veillée, un conte des mille et une nuits. Le lecteur est dépaysé, dans un ailleurs à la fois géographique et temporel. Oui, j'ai aimé découvrir le voyage en forme de quête de Baldassare.

une écriture maîtrisée

8 étoiles

Critique de Virgile (Spy, Inscrit le 12 février 2001, 40 ans) - 29 octobre 2002

Ah que voila un bon livre! Le premier que je lis de l'auteur ce qui explique peut-être que je sois moins sévère que d'autres critiqueurs à son égard.
J'ai vraiment trouvé l'histoire prenante, bien racontée et pleines de petites réflexions très justes. La fin ne m'a pas déçu, elle préserve un peu de mystère (ce que je trouve mieux qu'une "révélation" ratée ou décevante) sans vraiment me laisser sur ma faim. A lire!

Essoufflement ?

7 étoiles

Critique de Patman (, Inscrit(e) le 5 septembre 2001, 56 ans) - 26 octobre 2001

Amin Maalouf est un auteur qui me déçoit quelque peu depuis un moment. "Samarcande" "Les Croisades" et "Léon l'Africain" m'avaient enthousiasmé. Mais j'ai parfois l'impression que son écriture s'essouffle. J'ai trouvé celui ci très bien pendant 100 pages puis... Une fin décevante. A croire qu'il y a un éditeur qui le harcèle pour finir plus vite

Un agréable roman de voyage, malgré une fin un peu bâclée

6 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 54 ans) - 1 mai 2001

L'idée de départ est géniale; de nombreuses rumeurs (ou légendes) font état de l'existence d'un livre sacré dont la lecture permettrait d'éviter l'apocalypse. Le personnage principal, spécialiste de ce type d'ouvrages, se trouve embarqué dans une quête pour retrouver la trace de ce livre.
Malheureusement assez vite le livre sacré passe au second plan et toute l'histoire repose sur les petites aventures de Baldassare, le personnage principal. De même les personnages secondaires, pourtant très attachants (le jeune neveu érudit notamment), sont abandonnés par l'auteur.
Tout ça fait que, comme Sorcius, le livre m'a laissé un peu sur la faim. En plus on a l'impression que l'auteur a un peu bâclé la fin, nous privant du dénouement.

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