Le château d'Eppstein de Alexandre Dumas

Le château d'Eppstein de Alexandre Dumas

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Pierrequiroule, le 4 février 2014 (Paris, Inscrite le 13 avril 2006, 36 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (20 225ème position).
Visites : 1 447 

Fantômes du Rhin

Alors qu'il chasse sur les bords du Rhin, le comte Elim s'égare et se voit contraint de passer la nuit dans un vieux château hanté. Mais quel est ce spectre qui visite régulièrement la chambre rouge et pourquoi le châtelain préfère-t-il vivre dans une humble chaumière? C'est ce que vous découvrirez en lisant le manuscrit du comte Elim, un récit imprégné de légendes germaniques.

Dumas nous offre ici un roman gothique admirable où fantastique et tragédies humaines sont étroitement liés. Dans la plus pure tradition du romantisme noir, le terrible comte Maximilien et son angélique épouse s’affrontent. Quant à leur fils Everard, il est le héros mélancolique par lequel la fatalité s’accomplit. L’écriture est visionnaire, l’atmosphère digne des œuvres les plus sombres d’Ann Radcliffe. Qu’on imagine un château délabré, dont les tourelles surgissent entre les frondaisons par une nuit d’orage… Une telle scène n’est sans doute pas novatrice, mais elle n’a de cesse d’éveiller la curiosité du lecteur qui revit avec délice les frissons éprouvés dans son enfance à la lecture d'un conte de fées.

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Roman non abouti

7 étoiles

Critique de Antinea (anefera@laposte.net, Inscrite le 27 août 2005, 38 ans) - 2 mars 2014

Lors d'une soirée mondaine, un invité parle de l'aventure étrange qu'a vécue l'un de ses amis, le Comte Elim, alors qu'il chassait dans les montagnes giboyeuses d'Allemagne. Cet ami s'égara mais il trouva, perdu dans la forêt, un château en décrépitude bien qu'encore habité par deux vieux serviteurs. Il y fut accueilli pour la nuit. Le couple de serviteurs, fidèles à un maître, le Comte d'Eppstein, qu'ils n'ont pas vu depuis des années mais dont ils perpétuent les exigences de la bienséance, lui offrent de dormir dans la meilleure chambre de l'édifice : la chambre rouge. Ils le préviennent tout de même que cette chambre est hantée par les spectres des femmes d'Eppstein mortes à cet endroit la nuit de Noël. Et le visiteur ne sera pas déçu.

Mais qui donc sont ces femmes, Comtesses d'Eppstein, mortes tragiquement dans ce château perdu ? C'est ce que le roman nous explique. Enfin, il aborde la première et son histoire de façon très succincte, mais s'étale sur la seconde, Albine, la femme du Comte Maximilien d'Eppstein, un homme cruel et jaloux. Albine meurt en couches pendant que le Comte rejette cet enfant mâle qu'il ne croit pas sien. Il reporte sur son fils aîné, issu d'un précédent mariage, toutes ses ambitions, et abandonne au château ce second enfant, prénommé Everard. Mais quand il reparaît et menace son fils délaissé, l'esprit d'Albine se manifeste.

Si ce roman, gothique sans conteste, est assez prenant, il m'a un peu déçue car il est maladroit. La fin m'a parue bâclée, vite achevée, comme si Dumas avait voulu s'en débarrasser. En effet, à peine la terrible vengeance prophétique réalisée, les destins des protagonistes sont expédiés en trois lignes chacun. Et puis, on ne comprend donc pas pourquoi le Comte Elim trouve un château sans maître au tout début du livre. Où est donc Everard ? L'histoire de la première Dame d'Eppstein, morte la nuit de Noël, n'a aucun lien avec celle d'Albine, ce récit ne sert donc à rien pour l'intrigue principale. D'ailleurs on se demande laquelle des deux vient embêter Elim ? Et d'ailleurs à quoi sert le récit du Comte, et comment se fait-on qu'on ne retrouve pas, à la fin du récit, l'assemblée du départ qui devisait joyeusement sur des anecdotes insolites ?

Bref, c'est un peu loupé, à mon sens, et c'est dommage car Dumas a mis dans son texte tous les ingrédients d'un bon gothique: fantastique, vengeance familiale, nature omniprésente, château délabré, couloirs sombres, passages secrets... mais il manque le liant, c'est mal cousu. Cela aurait pu avoir l'étoffe d'un Radcliff - Pierrequiroule y fait justement référence – mais pour moi c'est manqué.

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