Ce que vit Er quand ses yeux se fermèrent
de Bruno Jay, Divine Lulu (Dessin)

critiqué par JulesRomans, le 23 janvier 2014
(Nantes - 66 ans)


La note:  étoiles
La Pamphylie réservoir d'âmes et de janissaires
Voici un conte philosophique qui livre un mythe issu de l'ouvrage "La République" de Platon. L'idée développée est qu'il y a réincarnation et que que celle-ci se fait en fonction de ce qu'on a vécu auparavant, on est très près de certaines idées du bouddhisme tibétain. Toutefois ici ceux, qui auraient fait le bien, repartiraient vers une existence heureuse et ceux qui ont connu certains vices iraient vers une existence où ils commettraient de nouvelles mauvaises actions.

Il n'est pas offert de pistes de réflexion après que le récit ait pris fin, aussi peu de lecteurs y verront prétexte à s'interroger d'eux-mêmes sur le sens de la vie.

Si on est face à une dimension un peu brute au niveau textuel, par contre les dessins proposées sont d'une extrême richesse et renvoient à des images décryptables. Des symboles de justice, d'avenir, de temps qui passe, de magie, de hasard, d'interdits … se conjuguent pour évoquer les diverses influences qui déterminent le destin humain. Incontestablement la lecture guidée de cet ouvrage peut déboucher sur une véritable réflexion précoce de la part d'enfants (d'au moins 9 ans) tant sur le sens de la vie que sur une recherche sur la façon dont plusieurs grandes religions annoncent ce qui suivra l'étape de la mort.

L'illustration s'inspire de la première phrase pour nous dépeindre un monde en grande partie martial, mais c'est bien plus celui des grognards de Napoléon Ier que celui des hoplites grecs :

« Er, originaire de Pamphylie, était un vaillant guerrier qui mourut à la guerre lors d’un combat »