Mémoires d'un collégien de Paschal Grousset

Mémoires d'un collégien de Paschal Grousset

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Elya, le 14 décembre 2013 (Savoie - Dauphiné - Ardèche, Inscrite le 22 février 2009, 29 ans)
La note : 9 étoiles
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Les jouissances de l'activité physique et de l'étude

Quelles agréables découvertes peut-on faire grâce aux livres numériques ! J’ai téléchargé parmi les œuvres du domaine par hasard ces Mémoires d’un auteur jusqu’alors inconnu : Paschal Grousset. De cet homme, je ne sais toujours pas grand-chose, si ce n’est qu’il a été engagé politiquement fin XIXème siècle. Ces Mémoires sont publiées en 1882. Ils relatent la première année d’un collégien à l’internat d’une petite ville. Je ne sais pas dans quelle mesure le récit est autobiographique, cela n’est mentionné nulle part dans l’édition que je possède et je n’ai pas trouvé d’information après une brève recherche sur internet. Qu’importe. Quand bien même cela ne serait que pure fiction, je me suis régalée. L’écriture de Paschal Grousset est délectable, que ce soit dans sa forme, comme dans les sujets qu’il évoque. En nous contant les déboires et les réussites de quelques élèves du pensionnat, ainsi que la frugalité de leurs activités quotidiennes, il en profite pour rappeler l’importance dans l’éducation de certaines valeurs et activité : activité physique, solidarité entre les élèves, la compétition en classe, le respect des parents… En nous présentant des élèves qui prennent goût à l’étude, voire même à l’apprentissage par cœur, il nous donne presque envie de reprendre à zéro notre scolarité !

« Quand je rentrais bien las au quartier, de cette bonne fatigue que donne l’effort prolongé, le plaisir de me reposer en passant à des travaux intellectuels était pour ainsi dire tangible. Je me sentais la tête plus libre, la mémoire plus fraîche, toutes les facultés plus actives. Jamais je n’ai mieux fait mon thème ou ma version qu’après une bonne lutte au bâton avec Baudouin, ou une grande partie de balle.
Je dormais bien, je me levais content et dispos, je n’étais pas un instant tenté de perdre mon temps en dissipations ou en flâneries. Il semblait au contraire que la condition physique, dans laquelle tous ces exercices m’entretenaient, ne fît que me plonger dans une atmosphère d’émulation dont l’action s’étendait aux devoirs classiques. »

Quand je lis ce genre de chose, je me rappelle les sensations délicieuses après un effort important en course à pied, où l’on se sent le cerveau plus disposé à entamer des activités sollicitantes qu’après une heure passé sur l’ordinateur. Pourtant, il est très facile de céder à des loisirs plus aguicheurs aux premiers abords, comme ces collégiens s’y livrent parfois, mais dans lesquels on trouve peut-être moins de plaisir durablement, sans même parler d’utilité. Et c’est à ces petits héros de nous rappeler les « avantages » que l’on peut tirer de l’étude et d’une bonne hygiène de vie : « L’avantage moral sera d’avoir triomphé d’une difficulté ; l’avantage intellectuel de m’être assimilé une grande somme de connaissances ; l’avantage matériel d’avoir droit à une chaire de professeur dans un lycée. »

Le dévouement des professeurs et surveillants de ce collège émeut aussi. Les conditions de sobriété – une « sobriété heureuse » - dans lesquels sont élevés ces enfants, issus dans l’ensemble de familles aisées, nous renvoient aussi au luxe de nos conditions scolaires.

Ce livre m’a permis de m’interroger à nouveau sur les tentations provoquées par certaines activités oisives plutôt que ludiques et sur le bien fondé d’y céder, raisonnablement ou non.

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