Mâle occidental contemporain
de François Bégaudeau (Scénario), Clément Oubrerie (Dessin)

critiqué par Pucksimberg, le 24 novembre 2013
(Toulon - 44 ans)


La note:  étoiles
La drague difficile de l'homme moderne
Thomas ne sait plus comment faire pour sortir avec une jeune femme. Il drague toutes les femmes qu'il croise, dans les jardins publics, dans le métro, en boîte de nuit ... Il innove dans ses techniques de drague : pointes d'humour, air cultivé, empathie avec le femme qu'il courtise ... Le lecteur suit donc les difficultés de cet homme comme les autres qui tente de s'adapter au monde moderne et surtout à la femme moderne, qui semble castratrice dans cette bande dessinée. Ce pauvre Thomas suscite la sympathie du lecteur, parfois même la pitié.

La relation hommes/femmes est au centre de cette bande dessinée qui peint des femmes indépendantes, entreprenantes, libres et puissantes. L'homme n'a plus aucune emprise et semble dépassé par la femme. L'homme propose, la femme dispose. La bande dessinée va même plus loin ici ... L'homme semble même insignifiant.

Il y a des pointes d'humour bien amusantes dans cette BD. Le personnage principal, archétype de l'homme contemporain quelque peu caricatural, amuse le lecteur.
Les scènes de séduction qui ne cessent de se répéter distraient pendant quelques pages, lassent à la longue. Autant le texte oral et vif m'a amusé, autant les dessins m'ont moins emballé. La simplicité de ces visages ne m'a pas plu.

Cette bande dessinée reste intéressante pour le regard qui est porté sur le monde moderne et sur la relation hommes/femmes. Ce renversement des rôles, assez juste bien qu'excessif, est mis en scène plaisamment.
"Si ça se trouve, je suis très conne." 7 étoiles

Pour une fois un ouvrage profond, ou toutes les nanas sont imbaisables en général et les mecs des beaufs purs et durs. (enfin, pour autant ce n'est pas ça qui va nous faire arrêter de choisir les légumes au marché et en les zieutant d'abord SVP !) Décrivant un monde désespéré, fracturé du réel - sinon du physique bien sûr.

Là dedans, comme tout le monde est pris il ne nous reste plus qu'à nous finir: jusqu'à preuve du contraire... Et aussi à encourager l'horrible passe-temps nommé "speed-dating" afin de faire croire aux gens normaux qu'ils peuvent trouver le nécessaire probant ou l'indispensable superficiel sur un site web. Pourquoi pas d'ailleurs ?

Puisque les bobos sont des ploucs eux-aussi, de gauche ou de droite ou de ma zone de là-bas, et il qu'il n'y a aucun espoir, personne ne lisant entre les lignes non plus (puisque de toute façon, très peu savent simplement lire à la base.)

Le couple des deux hommes auteurs de cette BD aux joyeux tons pastels a donc plutôt réussi son pari, j'ai juste été un peu déçu des événements un peu téléphonés et/ou typiquement littéraires. Ce qui signifie que j'attends le deuxième tome avec impatience.

Antihuman - Paris - 41 ans - 21 mai 2014