Petit dictionnaire amoureux du rock de Antoine de Caunes, Alain Bouldouyre (Dessin)

Petit dictionnaire amoureux du rock de Antoine de Caunes, Alain Bouldouyre (Dessin)

Catégorie(s) : Arts, loisir, vie pratique => Musique

Critiqué par AmauryWatremez, le 20 novembre 2013 (Evreux, Inscrit le 3 novembre 2011, 49 ans)
La note : 3 étoiles
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Peut-on être un "fils de" et avoir la "wock and woll attitude" ?

Je ne saurais pas vraiment prétendre à une culture musicale vraiment étendue en Rock ou en Pop et ses rythmes sauhauvage, ce dont je me fiche complètement détestant les morceaux à écouter obli-ga-toi-re-ment pour être considéré comme un connaisseur tout comme j'ai horreur des livres ou des films réputés obligatoires, qui me donnent envie de rendre mon « quatre-heures ». On peut s'embêter devant un « classique » réputé et avoir beaucoup plus de plaisir à regarder une « série B » dédaigné par les fines bouches mais beaucoup plus intéressante du point de vue filmique. On peut s'ennuyer comme un rat mort à lire un livre réputé incontournable.

Mais cependant j'aime bien la plupart des livres américains ressortant de ce genre un peu fourre-tout qu'on appelle « l'écriture Rock », et dans lequel on trouve aussi bien Lester Bangs qu'Hunter Thompson, Greil Marcus ou Nik Cohn, Pacadis dans une certaine mesure en France, ou Yves Adrien, chacun de ses auteurs parlant de beaucoup plus de choses que de musique, tous des trublions, des auteurs à la réputation d'« allumés » car hors normes, hors de sentiers battus qui n'avaient pas besoin d'arroser le public de crème « Chantilly » (TM°) pour prendre le genre « punk » (TM°).

Ces écrivains ont tous la passion des lettres et de l'écriture, du mot juste, une sensibilité à fleur de peau, surtout de la sottise du temps, et l'ambition démesurée de parler de leur époque dans tous ses aspects dans leurs livres en prenant la musique populaire comme prétexte. Si d'aucuns parmi eux ont mis en pratique le « Sex, Drugs and Rock and Roll », ils y rajoutaient l'addiction coupable, de nos jours, aux livres. La plupart n'était pas de ces « jeunes gens réalistes » et songeant surtout à leurs intérêts, leur bobine en première page et l'état de leur compte en banque.

Ils se fichaient pas mal de leur réussite sociale ou d'être considérés dans leur quartier. Ils avaient envie d'exprimer ce qu'ils ressentaient avec justesse et sans forfanterie. Ecrire ou lire n'étaient pas pour eux un divertissement entre deux jobs, entre deux missions d'intérim de luxe (présentation des Césars etc...).

Pour de Caunes, qui reste au fond un bon élève d'écoles privées de province se rêvant révolté z-et rebelle, c'est important, tout comme le pognon qui va avec. Il est de ces premiers de la classe sûrs de lui qui passerait aisément pour un révolté ou un mauvais sujet auprès des participantes de « rallyes » de pensionnaires de Sainte Marie de Neuilly (TM°) ou de la « Légion d'Honneur » (TM°) de Saint Denis qui s'aventurent parfois à danser avec des mauvais sujets pour toutes finir par épouser un brave type « droit dans ses bottes ».

J'ai parcouru malgré tout avec intérêt son « petit dictionnaire amoureux du Rock » qui à côté de ces auteurs qui sont ses modèles est bien sage, bien lisse, et bien scolaire, se cantonnant à parler surtout de musique et rien d'autres et en parler sans la folie de ses prédécesseurs, avec une application agrémentée de deux ou trois potacheries qui ne font guère illusion.

Comme si au fond cette potacherie un peu gênante quand on a passé la cinquantaine était surtout une manière de faire oublier qu'il est un « fils de » et un privilégié du système, de s'en consoler.

De Caunes n'est jamais aussi bon, si l'on ose dire, qu'en « passe-plats » koule et décontracté qui met en valeur le talent -des autres-, ou du moins leur supposé talent. Il le raconte lui-même, s'il a fait de la télévision et n'a pas persévéré musicalement comme batteur, c'est parce qu'il n'avait pas la toute petite étincelle qui donnent à la banalité un autre éclat, transforme un musicien de fêtes paroissiales ou de comices agricoles (plus rare) en génie de la musique « wock ène wolle » et de la transgression, un spécialiste du « travail du négatif ».


Note, ami lecteur, que ce n'est parce que je trouve quelques circonstances atténuantes à de Caunes, qui m'a laissé quelques bons souvenirs télévisuels dans les années 80, que je vais commencer à regarder « le Grand Journal », la tribune officielle de la France « kipense » dans le bon sens, d'Augustin Trappenard, l'alibi « culture » à Jean-Michel Apathie qui a su garder sa simplicité et son accent basque.

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Les éditions

  • Petit dictionnaire amoureux du rock [Texte imprimé] Antoine de Caunes dessins d'Alain Bouldouyre
    de Caunes, Antoine de Bouldouyre, Alain (Illustrateur)
    Pocket / Presses pocket (Paris)
    ISBN : 9782266239929 ; EUR 8,10 ; 06/06/2013 ; 606 p. ; Poche
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