Avec l'aide de Dieu de George Walker Bush

Avec l'aide de Dieu de George Walker Bush

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Macréon, le 1 juin 2003 (la hulpe, Inscrit le 7 mars 2001, 85 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 4 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 3 étoiles (47 729ème position).
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Le catéchisme de George W. Bush

Aidé par sa directrice de communication, Karen Hughes, en préparation de sa désignation comme candidat républicain à la Présidence des Etats-Unis, George W. Bush publia en 1999 ce livre destiné à ébranler les convictions de ses futurs électeurs et de mieux se faire connaître. (le titre original est ÒA Charge To Keep ). L'ouvrage est à la fois une profession de foi dans les valeurs conservatrices du futur candidat ainsi qu’une relation anecdotique
de sa vie d’homme et de politicien. Un livre qui se veut édifiant, il est aussi désarmant ; un mélange de bons sentiments,de naïveté et de rouerie. On
y découvre les idées et les propositions parfois surprenantes de celui qui arrachera finalement, de justesse, sa désignation dans son propre parti et ensuite son élection au poste suprême. Ses principaux points d’ancrage sont le respect de la religion, la loyauté, la fidélité conjugale, la lutte contre l'emprise trop forte de l'Etat Central et contre le profitariat et les subventions permanentes.

Bush jr connaîtra son chemin de Damas à la suite d'un sermon du pasteur méthodiste Mark Craig qui " transforma sa vie". "J'ai cru au pouvoir rédempteur de la foi qui m'a rendu libre."
Le courant fondamentaliste chrétien du parti républicain eut une forte influence sur le discours du futur Président. On nous explique que les fondamentalistes chrétiens sont des hommes et des femmes idéalistes qui ont compris qu'à défaut d’être audacieux, l’Occident connaîtra une mort prochaine . Un sociologue pense même que ce sera la religion du XXIe siècle. Une sorte de populisme chrétien qui croît en raison de l’instabilité du monde et qui demande à ses adhérents la pratique quotidienne de la prière et la lecture intensive de la Bible. Henri Tincq ( dans "le Monde" du 1er avril 2003) nous démontre savamment que le fondamentalisme américain et le fondamentalisme islamique sont appelés à se heurter par leurs discours schématiques et par les écritures sacrées perverties.
Le père de Gorge W. Bush passait pour un républicain modéré, son fils, futur gouverneur du Texas, sera un “conservateur compatissant." Compatissant, mais musclé: idées carrées en matière de délinquance , peines de prison automatiques pour les coupables de délits à main armée, important programme d'extension des prisons. Il innove en faisant voter une loi aux termes de laquelle l'Etat suspendra toute autorisation à qui ne verse pas la pension alimentaire ordonnée par les tribunaux. Il met fin à la "promotion sociale" qui tolérait et repêchait les élèves en difficulté scolaire. Il a raison de s’attaquer aux fléaux de la drogue et de l'alcoolisme. Il n’hésite pas à encourager la création de programmes reposant exclusivement sur la foi et non sur un traitement médical, ceci pour se débarrasser des " chicanes bureaucratiques" de Washington. Lui-même , aux alentours de la quarantaine, a du renoncer à ses propres penchants : "pendant des années, je n’ai pas détesté de boire quelques verres (uniquement après le travail). Mais petit à petit l'alcool a commencé à saper mon énergie. Après un excès, j’avais du mal à me lever et à mener à bien mes tâches quotidiennes. Un matin, je me suis réveillé avec une gueule de bois. Depuis 14 ans, je courais au moins cinq kilomètres pratiquement tous les jours. Me sentant plus mal en point que d’habitude, je décidai à mi-parcours que je n'avalerais plus une goutte d'alcool.
J’ai tenu parole. Ma femme trouvait que je devenais un peu barbant et radoteur. J'ai appris à écouter au lieu de jouer les moulins à paroles. Je sais à présent que c'est la meilleure décision que j'ai jamais prise."
Il forme avec son épouse Laura( qui a été institutrice et bibliothécaire) un couple "à l’épreuve des balles." “ Elle a les pieds sur terre, elle est discrète alors que j'ai tendance à envahir l'espace des autres, à m’approcher d’eux physiquement, à les toucher, à les serrer dans mes bras. Elle est calme, je suis sans arrêt en mouvement. Je manque de patience, je provoque les gens, je les fais enrager..."
Laura jouera un rôle important pour la promotion de la lecture au Texas et encouragera les diagnostics précoces en la matière. Indépendante et circonspecte, elle n'hésitera pourtant pas, le 17 juin 2002, à émettre un commentaire "officieux" sur la décision d’Israël de construire un mur le long de la Cisjordanie au cours d’un entretien inhabituel accordé à un réseau de radios locales: "je ne vois pas comment une barrière pourra être un signe de paix durable."
Bush junior se fera réélire gouverneur du Texas en 1998 avec 69 % des suffrages dont 65 % de femmes. Il s'est toujours entouré de gens "plus intelligents que lui", a recruté de bons stratèges électoraux et est fier d'avoir réuni autour de lui "une équipe de qualité qui l'informe minutieusement." Ce que le gouverneur du Texas accomplit est bon pour l'Amérique.
Il est prêt à devenir le Président des Etats-Unis. Il a fait les mêmes études que son père(qu’il vénère) à Yale et à Harvard, il a mangé de la vache enragée comme tout le monde ( travail peu gratifiant sur une plate-forme pétrolière, vendeur d’équipements sportifs etc.). Il lui est même arrivé de donner un coup de main à son père dans ses campagnes politiques. Comme son père et pendant la guerre du Vietnam,il devient pilote de chasse pour la Garde Nationale mais il ne connaîtra pas l’épreuve du feu. Il achète et dirige enfin une équipe de base-ball, les Texas Rangers, qu'il revendra 5 millions de dollars ( investissement initial: 530.000 $)
Il faut lire ce livre avec un certain recul, c’est une biographie pateline , aux vraies confessions sans doute incomplètes. A ne pas évacuer d’une simple chiquenaude : il aide à mieux comprendre le Bush d’aujourd’hui. Son credo final est clair : "Notre nation ne doit pas s’engager dans la guerre à la légère, mais si elle décide de le faire, elle doit le faire sans hésitation, avec dureté. Si les intérêts stratégiques des Etats-Unis sont en jeu, s’il n'y a pas d'autre solution, le commandant en chef doit donner à l'armée tous les moyens de sa réussite. Ma vision requiert aussi de l’Amérique qu’elle affirme son leadership dans le monde."
Philippe Bouvard écrivait l'autre jour dans le Figaro Magazine : “Bush ne doit pas être aussi bête et méchant qu’on le dépeint. Et l’inquiétude qu’il inspire ne réside pas dans l’hypothèse qu'il ambitionne d'être le plus fort mais dans la réalité démontrant qu’il l'est."

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A propos de Bush

6 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 74 ans) - 2 juin 2003

Je n'aime pas beaucoup son néo-conservatisme à outrance,ni ses opinions religieuses par trop marquées. C'est ce qui précède qui fait de l'Amérique est un pays qui navigue a nouveau dans les zones du Mac Carthisme et qui publie une liste des acteurs et actrices qu'ils voudraient bien voir ne plus avoir de contrats suite aux idées anti-guerre émises. Par contre, il me semble évident qu'un pays qui décide de faire la guerre se doit de se donner tous les moyens pour la réussir. Il est aussi sûr que s'il est nécessaire de la faire, il faut en avoir le courage. Le tout est de bien juger de la nécessité. Chercher à avoir des conseillers et des proches plus compétents que soi est toujours un signe de bon sens, pour le reste... J'aimerais quand même beaucoup ne plus voir en poste des "intégristes" comme Rumsfeld, Ashcroft et Wolkowitz (pas certain de l'orthographe de ce dernier nom)

la délinquance en col blanc

1 étoiles

Critique de Darius (Bruxelles, Inscrite le 16 mars 2001, - ans) - 2 juin 2003

"Bush préconise des peines de prison automatiques pour les coupables de délits à main armée" Mais quid de la délinquance en col blanc dont les Bush se sont fait les champions ? Avec eux, Le blanc n'est plus que dans la couleur du col.. En ce qui concerne le rôle de Dieu dans les théories de Bush, il ne se distingue absolument pas de celui préconisé par certains islamistes, ceux-là mêmes qu'il prétend combattre. Avec Bush, l'Eglise et l'Etat sont intimement liés. Tous ceux qui veulent une séparation de l'Eglise et de l'Etat sont considérés comme des non patriotes. Il affirme d'ailleurs
" Nous recevons notre droit de Dieu "
Pour qualifier Bush, on peut dire sans se tromper qu'il est pragmatique, cynique et pétri de convictions religieuses. S'il est fidèle, il l'est surtout à ses amis pétroliers qui ont payé pour son élection. S'il est conciliant, c'est envers les industriels qui ont financé son élection. C'est l'industrie du gaz et du pétrole qui a littéralement fabriqué George Bush. Cette industrie a versé 10 fois plus d'argent aux républicains de Bush qu'aux démocrates de Gore..

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