Milarepa de Éric-Emmanuel Schmitt

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Leura, le 15 mai 2003 (--, Inscrit le 29 janvier 2001, 66 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 12 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 175ème position).
Visites : 5 205  (depuis Novembre 2007)

Un conte bouddhiste

Une fois de plus, Schmit signe un excellent roman, à la lisière du fantastique et de la philosophie orientale. Chaque nuit, Simon rêve d'une vie dans les montagnes, où il est l'oncle du jeune Milarepa. Sa haine pour son neveu semble n'avoir aucune limite. Un jour dans un café, une femme étrange lui donne la clef en lui apprenant qu'il est la réincarnation de Svastika, l'oncle de l'ermite Milarepa qui vécut au XIe siècle, et qui voulut s'affranchir du samsara en devenant un boddhisatva. Son initiation par un lama puis sa vie comme ermite nous sont racontées avec la verve coutumière de l'auteur. Pour échapper à son tour au cycle des vies successives, Simon doit raconter cent mille fois l'histoire de ces deux hommes, ce qu'il entreprend pour la cent millième fois pour nous.
Ce roman est encore plus court qu'un livre d'Amélie Nothomb, mais il est d'une densité et d'une force extraordinaires. A lire absolument.

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Les livres liés

Léger

4 étoiles

Critique de Ravenbac (Reims, Inscrit le 12 novembre 2010, 52 ans) - 28 juin 2017

Une gentille nouvelle de quatre-vingt pages qui ravira les adeptes des philosophies positives.
Un roman poids plume pour les zappeurs des temps modernes.

Pas assez creusé

3 étoiles

Critique de Melannni (, Inscrite le 7 janvier 2013, 33 ans) - 25 septembre 2013

Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce livre. J'ai trouvé l'histoire un peu tirée par les cheveux et téléphonée. Certains passages auraient mérité d'être plus travaillés.

La fin était prévisible et la morale aussi. Je suis assez déçue par ce nouvel opus de EES dont j'aime d'habitude les romans.

A lire absolument.

10 étoiles

Critique de Stanley (, Inscrit le 28 avril 2013, 21 ans) - 28 avril 2013

Je trouve que, comme Oscar et la dame en Rose et Ibrahim et les fleurs du Coran, Milarepa offre une explication du bouddhisme assez correcte et simplifiée.
Etant moi-même partiellement bouddhiste, je trouve ce livre un must-read dans la série du cycle des invisibles. Le fait que vers la fin, on remarque que le narrateur regrette la fin de sa dette est très touchant.

La réalité existe-t-elle en dehors de la perception qu’on en a ?

9 étoiles

Critique de Deashelle (Tervuren, Inscrite le 22 décembre 2009, 8 ans) - 24 février 2011

Nous voilà en plein songe: les songes sont-ils pour nous une deuxième vie? Où est l’illusion? Simon, Swastika, Milarépa - un seul personnage - ne pense pas, il raconte! Il dévoile les racines profondes de la haine. Elle peut même naître stupidement d’un trop plein de compassion … Swastika, le berger ruiné est recueilli chez son cousin, là le sourire radieux d’un enfant aux allures de prince l’accueille et aussi des larmes vraies. « Il pleura. Dans ses sanglots, je découvris que j’étais pauvre, je me mis à le haïr. » Cet exemple de la folie de la haine est emblématique, quand on pense que c’est l’innocence pure d’un sourire d’enfant qui en est la cause. Et la vengeance qui s’ensuivra sera totalement dévastatrice.

Milarépa, devenu grand ne pourra pas résister, malgré sa droiture, au désir lui aussi d'utiliser la violence et de venger ses parents bafoués par ce berger sans scrupules, rendu fou par son égo monstrueux, lui qui s’est enrichi à leurs dépens, finissant par tout leur voler, par cupidité, par envie démesurée. Mais un jour Milarépa reconnaîtra que sa force et ses sortilèges magiques ne lui auront servi qu’à semer l’agonie autour de lui.

Expiation. « O Précieux, dira-t-il au lama Marpa, veuillez m’enseigner le chemin de la paix et du bonheur.» Après des épreuves surhumaines il deviendra bodhisattva, un être qui refuse d’aller jusqu’à l’illumination mais qui fait vœu d’aider l’humanité entière. D’une voix grave, il dira « Je n’ai de famille que l’humanité ». C’est son bonheur. La joie du renoncement en est un autre. Au contraire, tel un avare, cloué dans ses désirs de richesses accumulées, Svastika, associera sa mort et la perte de ses richesses au malheur absolu. Pour son malheur, Svastiska entrevoit enfin la sagesse, à son grand dam, sous les traits de l’ermite Milarépa, sous les traits «de ce que j’abhorrais le plus, et sur lequel, (ô dérision) je me suis acharné toute ma vie ! »


Un texte parfois ludique, parfois épique qui initie de façon fluide et souple à l'esprit du Boudhisme tibétain, sans jugements, sans prise de position, dans la liberté et l'ouverture d'esprit. Un texte reflétant le désir non déguisé de faire exploser tous les « moi » du monde.

Un petit peu Perxplexe. . .

8 étoiles

Critique de Nouillade (, Inscrite le 13 mars 2008, 26 ans) - 13 mars 2008

J'ai aimé ce livre (c'est E. Emmanuel Schmitt quand même !!) mais j'ai été un peu déstabilisée par ce petit livre assez court et plutôt différent de ce que j'ai lu jusque là.

J'ai aimé la toute fin. J'ai fermé le livre avec un sourire béat. Et j'ai aimé le début, un petit passage particulièrement qui se déroule entre le narrateur et son ami.

Sinon, j'ai quand même trouvé ce livre ... comment dire ? Bizarre (?!) ... je crois que je ne saurais pas l'expliquer, mais je le conseille tout de même.

Un conte philosophique qui reste trop flou...

4 étoiles

Critique de Loutarwen (NANTES, Inscrite le 1 mars 2007, 33 ans) - 15 mai 2007

Après avoir relu Oscar et la dame rose, j'ai été toute enthousiasmée par Eric-Emmanuel Schmitt et je me suis directement lancée dans Milarepa. Changement radical d'univers avec ce petit conte philosophique.
Tout commence par un rêve, un rêve qui se répète. Et puis il y a une dame vaguement floue que Simon rencontre dans un café et qui l'appelle Svastika. Simon se plonge alors dans une sorte de vie antérieure qui est en fait une vie parallèle comme dans un rêve... On y rencontre Svastika (qui n'est autre que Simon) et son ennemi juré Milarepa. Puis tout devient flou, le narrateur commence à s'identifier à Milarepa. On se demande très souvent qui est ce "je": Simon? Milarepa? ou Svastika? Le narrateur doit raconter son histoire et celle de Milarepa une dernière fois (mais est-ce bien la dernière?) afin de rompre une sorte d'envoûtement qui l'empêche de reposer en paix et le force à se réincarner encore et toujours. Inspiration boudhiste donc...
Je n'ai pas vraiment réussi à comprendre cette haine que voue Svastika à Milarepa son neuveu... Pour moi, tout reste trop flou ... comme dans un rêve. Les contes philosophiques c'est peut être pas pour moi... mais je n'abandonne en aucun cas l'auteur dont j'ai très envie de lire les pièces de théâtre!

conte "bouddhiste"

8 étoiles

Critique de Alize (, Inscrite le 17 mars 2006, 47 ans) - 18 mars 2006

Chaque nuit, Simon, 38 ans, fait le même rêve, dont une femme énigmatique lui livre la clef; ce rêve le transporte dans une vie antérieure dans le Tibet du XIe siècle. A cette époque, Simon s'appelle en réalité Svastika. Il parcourt les montagnes des songes depuis des siècles en essayant de purger son âme. La femme énigmatique lui révèle qu'il doit, pour cela, raconter 100.000 fois l'histoire de Milarepa et qu'il échappera ainsi au samsara.

Svastika est l'oncle de Milarepa et est très vite devenu jaloux de ses facultés de compassion. Il le haïra très fort et jusqu'à son dernier souffle. Milarepa en prendra de la graine et deviendra un très célèbre ermite. Il tire entre autre de son enseignement que rien n'est permanent, rien n'est réel; la rencontre avec les gens ou les membres de la famille n'est qu'une illusion, la séparation une autre illusion; il ne faut pas trop tenir aux choses (ni aux personnes).

Ainsi, Svastika envie son neveu d'être heureux et de ne tenir à rien. Quand il mourut, il erra de corps en corps pendant des siècles pour s'installer dans le corps de Simon, qui, à la fin du livre, semble avoir conté pour la dernière fois l'histoire de Milarepa.

Cette oeuvre d'Eric-Emmanuel-Schmitt nous donne une fois de plus des leçons sur la vie, un enseignement à tirer, de quoi philosopher. Tout comme dans "Oscar et la dame rose" une certaine leçon d'optimisme même si certains points me paraissent très difficiles à pratiquer.

Polir son karma

6 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 48 ans) - 18 juillet 2005

Tout comme Féline, j’aurais aimé en savoir plus sur le bouddhisme, d’autant plus que le conte est un outil idéal pour transmettre des connaissances, mais là n’était probablement pas le but de Schmitt. J’ai bien aimé la candeur avec laquelle l’auteur aborde son œuvre. Par contre, je ne suis pas convaincu que la dose de spiritualité qui m’a été infusée saura imprégner mon âme…

Pas mal du tout

8 étoiles

Critique de Freedom (, Inscrite le 5 juillet 2005, 30 ans) - 7 juillet 2005

Beau conte quoique très court...
Loin d'une description du Bouddhisme (dont je me serais facilement lassée), ce livre est une formidable leçon sur le pardon et la recherche de son identité. "Milarepa" est assez surprenant car très différent de ce que j'avais lu auparavant (La part de l'autre, l'évangile selon Pilate...)
A lire, ça ne prend pas de temps!

Job au pays du bouddhisme

8 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 49 ans) - 19 septembre 2004

Simon est troublé par un rêve répétitif : il parcourt les montagnes, la haine au cœur, dans un désir de vengeance. Il n’y comprend rien, jusqu’à ce qu’une inconnue lui apprenne qu’il est en fait la renaissance de Svastika. Or, Svastika a eu maille à partir avec son neveu, Milarepa, responsable notamment de la mort de ses enfants et amis : dans la maison où ils étaient réunis à l’occasion d’un mariage s’est effondrée, tuant tout le monde… (Job revisité, à ceci près que Job était innocent alors que Svastika, lui, a provoqué la colère de Milarepa).

L’âme de Svastika ne connaîtra la paix, entendez le nirvana, que lorsque son cœur sera purifié : il doit raconter cent mille fois l’histoire de Svastika et de Milarepa. Sinon, il est voué à rester dans le Samsara, c’est-à-dire à renaître indéfiniment.

J’ai apprécié ce conte malgré son extrême brièveté. Schmitt a un don : il captive son lecteur au moyen d’une intrigue (même simple) et subrepticement, il l’amène à un autre niveau de lecture, celui d’une spiritualité accessible qui, si on l’accueille, conduit au respect de l’altérité.

« Milarepa » forme une trilogie avec « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » et « Oscar et la dame rose ». Il est clair que Schmitt essaie là de pondre des histoires dans trois contextes spirituels différents. Mais (et je réponds là à la critique-éclair de Féline), de la même manière que « Monsieur Ibrahim » ne se veut pas un traité explicatif de l’Islam, que « Oscar » ne se prétend pas un manuel du christianisme, Milarepa n’a pas comme objectif de nous exposer ce qu’est le bouddhisme. Simplement, ces histoires baignent dans l’aura de l’une ou l’autre croyance, à la manière d’une aquarelle très diluée.

Légère déception

7 étoiles

Critique de Féline (Binche, Inscrite le 27 juin 2002, 39 ans) - 2 mars 2004

Après avoir été emballée par "Oscar et la dame rose", j'avoue que "Milarepa" m'a déçue. Le sujet m'intéressait pourtant davantage puisque le bouddhisme est une religion qui m'est pratiquement inconnue et que j'y voyais là une occasion d'y être sensibilisée. Malheureusement, j'ai l'impression de ne pas avoir compris le message délivré par Eric-Emmanuel Schmitt et le bouddhisme est toujours aussi obscur pour moi.

Il n'en demeure pas moins que Milarepa est un beau conte et que la qualité est encore au rendez-vous pour le romancier.

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