L'impérialisme : Les origines du totalitarisme de Hannah Arendt

L'impérialisme : Les origines du totalitarisme de Hannah Arendt

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire , Sciences humaines et exactes => Philosophie

Critiqué par Elya, le 8 octobre 2013 (Inscrite le 22 février 2009, 28 ans)
La note : 8 étoiles
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Causes, origine, modalités et ampleur de l'impérialisme européen fin XIXème et début XXème

Depuis quelques semaines, je lis des ouvrages traitant de géopolitique. On m’a conseillé dans ce cadre de me rapprocher des œuvres de Simone Weil et Annah Arendt, deux philosophes du XXème siècle qui ont écrit des essais sur l’histoire et la politique. Pour cette dernière, je me suis tout simplement emparée de l’essai disponible à ma bibliothèque dont le titre se rapprochait à mon avis le plus du champ. Et me voilà donc en possession de L’impérialisme, deuxième tome d’une série de trois traitant des origines du totalitarisme. Le fait qu’il ne s’agisse pas du premier opus ne m’a pas gênée outre-mesure, je pense qu’ils se lisent bien indépendamment les uns des autres. Cependant, je ne suis pas convaincue qu’il s’agisse de l’essai le plus pertinent pour aborder l’œuvre d’Annah Arendt. Il me semble qu’elle y emploie plutôt une méthode historico-critique et qu’il s’articule finalement comme un essai d’histoire plutôt que comme un écrit philosophique. Mais les barrières entre ces deux types de connaissance ne sont pas si draconiennes, aussi peu importe. J’ai d’ailleurs été ravie qu’il contienne une bibliographie si complète, ce qui est rare habituellement dans les livres du milieu du XXème siècle que j’ai pu consulter, qui plus est dont l’auteur est philosophe.

Concernant le sujet précisé et la thèse abordée par Annah Arendt, je dirais qu’il s’agit de retracer les origines et la répansion de l’impérialisme européen. Le premier chapitre se consacre d’ailleurs à l’étude de ses causes, qui sont donc selon elle (je ne sais pas si c’est ce qui est communément admis) la limitation de l’expansion économique des Etats et particulièrement des classes bourgeoises qui se sont alors emparées de la politique pour exporter leurs capitaux superflus. Elle analyse aussi l’œuvre politique de Hobbes en le considérant comme justement le philosophe de la bourgeoisie, mais aussi en caractérisant son œuvre comme un préambule au racisme. Ce qui lui permet de faire le lien avec les deux chapitres suivants, portant sur les origines du racisme et son installation dans la bureaucratie. Elle considère le racisme comme l’idéologie de l’Etat Allemand, en apportant d’ailleurs une définition salutaire de ce qu’est une idéologie :

« un système fondé sur une opinion unique se révélant assez forte pour attirer et convaincre une majorité de gens et suffisamment étendue pour les guider à travers les diverses expériences et situations d’une vie moderne moyenne. Car une idéologie diffère d’une simple opinion en ceci qu’elle affirme détenir soit la clé de l’histoire, soit la solution à toutes les « énigmes de l’univers », soit encore la connaissance profonde des lois cachées de l’univers qui sont supposées gouverner la nature et l’homme. Peu d’idéologie ont su acquérir assez de prépondérance pour survivre à la lutte sans merci pour convaincre, et seules deux d’entre elles ont effectivement réussi à survivre à toutes les autres et à les écraser vraiment : l’idéologie qui conçoit l’histoire comme une lutte économique entre classes et celle qui l’interprète comme une lutte naturelle entre races. Toutes deux ont exercé sur les masses une séduction assez forte pour se gagner l’appui de l’Etat et pour s’imposer comme doctrines nationales officielles. (…) Les idéologies à part entière ont toutes été crées, perpétuées et perfectionnées en tant qu’armes politiques, et non en tant que doctrine théorique. »

Elle s’intéresse alors à la politique fasciste allemande, mais aussi à l’attitude du Commonwealth, puis finalement aux mouvements annexionnistes.

Je considère ce livre comme une introduction pour moi à l’histoire et à la politique internationale des années 1890 à 1940. Il aborde des faits dont je n’ai jamais entendu parler – ou alors, dont je n’ai rien retenu. Même les Boers dont Annah Arendt parle longuement ne m’évoquaient pas grand-chose. C’est aussi l’occasion de rencontrer un des grands esprits du XX ème siècle, Annah Arendt, dont je découvrirai sans doute d’autres ouvrages.

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