L'Homme qui rit de Victor Hugo

L'Homme qui rit de Victor Hugo

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Killeur.extreme, le 9 mai 2003 (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 35 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (806ème position).
Visites : 5 888  (depuis Novembre 2007)

Un Hugo différent ?

Ce Roman, avant-dernier de Hugo, n'a pas eu de succès à sa sortie pour diverses raisons, faute de l'éditeur, le peuple pense que le combat de Hugo contre l'empire est vain, alors que l'empire va bientôt tomber, le fait que Hugo utilise l'humour noir (la scène des enfants en pot aurait pu être citée par Laurent Ruquier) et l'ironie, bref on ne saura pas pourquoi ce "chef d'oeuvre" a été discret si longtemps.
Gwynplaine est abandonné sur un plage anglaise par un groupe d'individus, il recueille Déa, fille aveugle de 6 mois qui agonisait sous sa mère morte de froid. Dans la nuit noire, leur périple les conduit chez Ursus, un forain, et son loup Homo qui découvre que Gwynplaine a été mutilé, il décidera de monter un spectacle et Gwynplaine sera connu dans l'Angleterre du début 18ème siècle sous le nom de L'Homme qui Rit....
Pour la suite faudra lire (je vais pas tout vous raconter! feignants!)
Si "Les Misérables" peut être considéré comme son chef d'oeuvre reconnu par le public, "L'Homme qui Rit" peut être considéré comme son "roman le plus fou" dans lequel il met tout son génie. Ce roman devait constituer une Trilogie consacrée à la révolution (l'aristocratie, la monarchie, la guerre civile de 1793) Finalement il n'y aura que "L'Homme qui Rit" et "Quatrevingt-treize" (le deuxième n'est pas la suite du premier, mais une autre Histoire). Un autre changement de taille, la mort des héros est positive, c'est-à-dire que leur mort les réunira alors que la vie les avaient séparés. Un grand roman qui commence à avoir le succès qu'il mérite. Un grand Hugo, élémentaire mon cher Victor

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Les éditions

  • L'homme qui rit [Texte imprimé] Victor Hugo introd. de Pierre Albouy éd. établie et annotée par Roger Borderie
    de Hugo, Victor Borderie, Roger (Editeur scientifique)
    Gallimard / Collection Folio. Classique
    ISBN : 9782070418718 ; EUR 7,30 ; 31/01/2002 ; 840 p. ; Poche
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L'homme qui rit ou quand Papy Victor se lâche...

10 étoiles

Critique de Provisette1 (, Inscrite le 7 mai 2013, 5 ans) - 23 septembre 2015

et vole dans les plumes de tout un chacun de ses contemporains, mettant à mal cette société dans laquelle il a vécu et ce dans des envolées littéraires souvent sublimes et poétiques, lexicalement d'une richesse à la limite du "trop-plein"- munissez-vous d'au moins dix dictionnaires dont des spécialisés!-.

En débutant ce livre, Papy m'a fait beaucoup sourire: je me suis, à mon tour, tels ces torturés du bac français 2014, s'il n'avait fumé ou goûté quelques champignons;-)

Quand rien ne vous subjugue en littérature, Papy, au moins, vous réconcilie avec elle et ne vous offre que des heures de bonheur!

Roman d'une beauté baroque époustouflante!

8 étoiles

Critique de Montréalaise (, Inscrite le 7 août 2010, 24 ans) - 15 octobre 2011

Ce roman est déconseillé pour ceux qui s'ennuient rapidement de longues descriptions. Moi-même il m'est arrivé d'être découragée, mais si vous continuez, vous allez être transporté dans des émotions puissantes.

En effet, l'Homme qui Rit, publié en 1869, alors que les Français désespérés croyaient que le règne du despote Napoléon III allait devenir éternel, est un chant pour continuer le combat pour la démocratie et un monde libre. En effet, le personnage principal, Gwynplaine, jeune homme au visage défiguré, représente le peuple et sa misère la plus noire. Découvrant qu'il est fils de lord, il sera amené à oublier sa véritable nature pour endosser le costume de la richesse, de l'insousciance et de la médiocrité morale. Mais son sourire horrible, sa trace, sa blessure reste, et il se rend compte qu'il ne pourra jamais être heureux dans une caste pompeuse qui lui est profondément étrangère. Conscient de son handicap, il délivrera un véritable cri de colère (ma scène préférée) contre des lords totalement sourds qui ne continueront qu'à rire de sa défiguration et qu'à maltraiter encore les pauvres et les petits de ce monde.

On y remarque la pensée de Victor Hugo dans ce pamphlet atroce contre l'autoritarisme des puissants. Et il finira par gagner! En effet, l'année suivant la publication de ce livre, le régime de Napoléon III tomba, la démocratie s'installa définitivement et Hugo retournera de son exil dans sa France chérie.

L'Homme qui Rit partage une ressemblance énorme avec la morale de Notre-Dame-de-Paris : qui est véritablement le monstre dans la société? Le monstre physique ou le monstre moral?

Un roman encore plein d'actualité puisque cette injustice malheureusement finit toujours par revenir.

Plus grand que nature...

10 étoiles

Critique de FranBlan (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 75 ans) - 15 août 2011

On ne regarde pas le mont Everest, on l'admire; on n'admire pas un coucher de soleil sur la mer, on est émerveillé!
Lorsqu'on termine la lecture de l'Homme qui rit de Victor Hugo, on est abasourdi, assommé et étourdi tout à la fois, dans un état de stupeur qui perdure...
J'exagère? À peine...
Je complète la rédaction de cette appréciation plusieurs mois après avoir complété la lecture de ce roman et l'émotion est toujours aussi vive à son souvenir...
Les huit cents pages de ce sublime roman sont un étalage inextinguible d'érudition culturelle, d'érudition lexicale, d'envolées philosophiques à l'intérieur d'un drame épique, très courant à cette époque. Un drame tout aussi poétique, lyrique, animé d'une prose classique bien sûr, littéraire, mais ô combien vivante, vibrante, dynamique jusque dans les moindres détails.
Les hauts faits de ce formidable pavé cités en quatrième de couverture :
le bateau pris dans la tempête, la vision du pendu servant de vigie, la cabane-théâtre des saltimbanques, les tirades philosophiques d'Ursus, les machinations du traître Barkilphedro, la chirurgie monstrueuse d'Hardquanonne, le portrait de la princesse perverse, l'or des palais et le scandale à la chambre des lords sont, plus que des morceaux de bravoure, des morceaux d'anthologie.
Victor Hugo, auteur plus grand que nature qui en met plein les yeux et qui allume tous tes neurones intellectuels un après l'autre..., ces lesctures m'apportent un plaisir plus grand que l'émotion sensuelle (qui n'est pas la moindre), c'est une élévation de l'esprit!
Je garde un souvenir inoubliable de lectures à l'adolescence, comme Les Misérables, le Comte de Monte Cristo, Guerre et Paix et autres, des lecture qui ont animé mon imagination et qui m'ont ralliée à vie au plaisir de lire, mais lire ces grands auteurs classiques à ce moment-ci de ma vie me permet d'apprécier toute leur virtuosité.

Passionnant...

10 étoiles

Critique de Lestat (, Inscrit le 9 juillet 2005, 29 ans) - 5 août 2005

...est le seul mot me venant à l'esprit alors que je viens de finir ce chef d'oeuvre. En effet que dire d'autre de ce livre où chaque fait ou état d'âme des personnages est si bien décrit qu'on ne peut qu'être plongé dans l'histoire.
Malgré LE "défaut" (même si je ne pense pas qu'il y ait de défauts dans le style d'un écrivain, mais des caractéristiques qui plaisent ou ne plaisent pas), à savoir le style "trop" descriptif quant aux personnalités de la noblesse anglaise et à leurs titres et possessions, ce livre est fabuleux car ce défaut donne lieu à des passages grandioses quand ce n'est plus des choses matérielles, mais des choses de l'âme que Hugo dépeint:
Amour, peuple et aristocratie, plaisirs de l'âme et du corps, et autres sujets passionnants abordés dans ce livre que je ne peux que conseiller à tout le monde: le style de Hugo est plus que lisible, il est plaisant et passionnant.

Rire jaune

8 étoiles

Critique de Benoit (Rouen, Inscrit le 10 mai 2004, 36 ans) - 10 juillet 2005

Dans ce roman, écrit de 1866 à 1868, Hugo exprime une certaine désillusion vis-à-vis du peuple dans son ensemble, qu’il s’agisse de l’aristocratie, arrogante et ne s’occupant que de son sort à elle, en piétinant allégrement le peuple si par malheur celui-ci se trouve sur son chemin, ou du peuple lui-même qui, s’il doit plier la tête sous les aristocrates, n’hésite pas à pratiquer l’injustice envers ses éléments les plus humbles. Bref, l’injustice n’est pas le seul fait de l’aristocratie (même si on peut penser qu’étant dans une position très favorable, elle devrait au contraire montrer l’exemple) mais du peuple aussi dont le comportement peut paraître pire puisqu’il est victime et bourreau.
Dans cet environnement bien déprimant, subsiste quand même une éclaircie représentée par nos quatre héros. D’abord, il y a Ursus et Homo (“Ursus et Homo étaient liés d’une amitié étroite. Ursus était un homme, Homo était un loup. Leurs humeurs s’étaient convenues. C’était l’homme qui avait baptisé le loup. Probablement il s’était aussi choisi lui-même son nom ; ayant trouvé Ursus bon pour lui, il avait trouvé Homo bon pour la bête.”) puis Gwynplaine et Dea. Gwynplaine est “l’Homme qui Rit” du titre puisque, enfant, il a été recueilli par des comprachicos dont la spécialité est de déformer physiquement les enfants en bas-âge pour leur donner une forme comique. Pour Gwynplaine, cela a résulté en la déformation de son visage, sa bouche en particulier, qui le fait ressembler à un monstre au rire perpétuel. Dea est une fille aveugle.
Les quatre personnages déambulent en Angleterre au début du XVIIIème siècle, de foire en foire, sous le patronage d’Ursus. Le clou de leur spectacle est bien sûr l’apparition de Gwynplaine. Seulement, leur arrivée à Londres marquera le début de leurs péripéties qui les mèneront du paradis à l’enfer, de l’enfer au paradis. Et on remarquera alors que ce quatuor n’est pas à l’abri des vices humains.

Certes, c’est un roman hugolien avec ce que cela suppose comme qualités et défauts. Pour ces derniers, on peut citer le style grandiloquent de l’auteur qui paraît parfois “too much” (on croit lire parfois un poème pompeux d’Hugo de La Légende des Siècles), la manie de l’auteur de répéter une même idée de trente-six manières différentes, la foultitude de détails que donne l’auteur... Mais, franchement, ces défauts ne sont pas rebutants et sont largement compensés par les qualités propres à Victor Hugo : récit à couper le souffle d’une traversée en mer en pleine tempête, descriptions formidables des états d’âme des héros, noirceurs de l’aristocratie anglaise superbement soulignées... Quant aux personnages, ils sont formidables : Barkilphedro, âme noire du roman, Ursus, philosophe bourru attachant aux discours plein de bon sens, Gwynplaine, tour à tour objet de notre admiration et de notre mépris, Dea, personnage diaphane...
Bref, tout se conjugue pour nous donner un roman passionnant à lire, un grand Hugo.

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