Double jeu de Jean-Philippe Blondel

Double jeu de Jean-Philippe Blondel

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Biographies, chroniques et correspondances , Enfants => 12-15 ans

Critiqué par Cecezi, le 22 septembre 2013 (Bourg-en-Bresse, Inscrit le 3 mars 2010, 39 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (33 768ème position).
Visites : 2 147 

Tous en scène !

La Fernandez, s'il vous plaît ! La prof de français et de théâtre dont le seul nom subjugue. Et même Quentin, plus ou moins renvoyé du lycée des mauvais quartier de la ville reconnaît son charisme.
C'est une rentrée difficile pour Quentin, contraint de rejoindre le lycée bourgeois et surtout d'abandonner ses amis. Seule sa petite sœur l'apaise, lui qui va toujours à cent à l'heure, qui brûle toute les planches. D'ailleurs, c'est sur les planches qu'il pourrait bien se retrouver, lorsque sa prof lui décèle un talent authentique...
Entre les amours, les amitiés et le théâtre, la vie de Quentin change, mais le veut-il vraiment ? Aller de l'avant, est-ce aussi se couper de là d'où l'on vient ?
C'est cette question qui est au cœur du roman de Jean-Philippe Blondel, plus que le théâtre finalement, à travers le parcours de Quentin, mais aussi de son professeur et du personnage principal de la pièce de Tennessee Williams, qu'il s'agit de monter à la fin de l'année.
L'écriture est efficace, mais l'on sent un peu trop les ficelles stylistiques dont l'auteur fait usage à chacun de ses romans. Et finalement, beaucoup d'éléments ne sont pas très crédibles. Ni la forme - il s'agit d'un journal intime d'un jeune homme pas très fréquentable, qui parle des "sorties périscolaires" de sa sœur, ni le fond parfois - propos du professeur, de la sœur, sans parler des répétitions théâtrales à proprement parler. C'est dommage, car au final le roman sent le didactisme. On aurait pu aussi se passer des incontournables sœurs atteintes de méningite, questions de drogue mais pas trop, copain homosexuel mais on lui pardonne, etc.

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Double jeu

9 étoiles

Critique de Nathavh (, Inscrite le 22 novembre 2016, 54 ans) - 1 juin 2019

Quentin Silber est adolescent, il change de collège à la rentrée, c'est sa seconde chance ! Il arrive au lycée Clemenceau, un autre univers que le sien. En effet il vit avec sa soeur Anna, son père ouvrier d'usine et sa mère caissière dans un HLM, à l'école , il n'y a que des riches !

Différence de classe, il a du mal à s'intégrer.

Un jour en classe, il a la tête ailleurs. Il pense à Dylan, son ancien pote de la cité. Il est repéré par la Fernandez, sa prof qui lui demande ce qu'elle vient de dire. Et là avec beaucoup d’aplomb, il sort la réplique, un peu arrogant, et lui sert presque mot à mot les cinq dernières minutes de cours.

Il pense être puni mais pas du tout, au contraire, il impressionne , on s'intéresse enfin à lui., il devient populaire au point que, quelques jours plus tard, on lui suggère de rejoindre le groupe de théâtre. La Fernandez y monte chaque année un spectacle, c'est un peu le "Graal" du lycée d'en être.

Fernandez lui propose le rôle principal de "La cage de verre" de Tennessee William. Une histoire qui ressemble un peu à la sienne.., il est tiraillé entre l'envie de tout plaquer pour voir le monde et celle de se battre.

Affronter les autres, soi-même, se dépasser. La différence des classes, l'amitié, la littérature, beaucoup de thèmes dans ce roman jeunesse passionnant , c'est super bien écrit, fluide.

Lu et approuvé par mon ado de 14 ans.

Quel bonheur de trouver des enseignants qui donnent l'envie de lire comme "La Fernandez" donne à Quentin les repères pour évoluer, pour se construire.

Une très belle lecture.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Chacun sa route. Il y a un moment où c'est important d'être égoïste. Tu vis pour toi, pas pour les autres.

Son regard me fait penser aux phares, sur les bords de mer : c'est un faisceau qui tourne et éclaire la plage, les vagues, les navires, l'horizon.

Si tu lui ressembles trop, tu vas t'identifier et une des premières choses qu'on apprend dans le cours de théâtre, c'est que la scène, ce n'est pas la vie. Qu'il faut savoir redevenir soi-même quand les lumières s'éteignent.

En classe, vous jouez. Constamment. Tous. Vous avez vos petits rôles que vous vous êtes distribués, ou que d'autres vous ont distribués. Et vous vous jouez la comédie, toute la journée. L'intéressant, Silber, chez vous, c'est que le changement d'établissement vous a poussé à changer de rôle. C'est comme une mue, pour les reptiles. Vous êtes le même mais vous avez été obligé d'abandonner votre vieille peau à l'extérieur. Par moments, ça doit tirer et être douloureux, mais c'est avec la douleur et le souvenir de la douleur qu'on fait du bon théâtre, n'est-ce pas ?

Un metteur en scène, avant de vraiment mettre en scène, il rêve, il visite les personnages, il trouve des similarités, des dissemblances, il fait le tour du propriétaire. Et ensuite, il frappe dans ses mains, il sonne le rappel - fini de jouer, au travail.

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