La Grande Guerre si loin, si proche : Réflexions sur un Centenaire de Jean-Noël Jeanneney

La Grande Guerre si loin, si proche : Réflexions sur un Centenaire de Jean-Noël Jeanneney

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire , Sciences humaines et exactes => Essais

Critiqué par JulesRomans, le 15 septembre 2013 (Nantes, Inscrit le 29 juillet 2012, 62 ans)
La note : 9 étoiles
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Commémorer et non célébrer !

À la lumière de son expérience de président de la Mission du Bicentenaire de la Révolution, Jean-Noël Jeanneney réfléchit sur le sens et le contenu des commémorations à venir. Il rappelle tout d’abord que l’on doit parler de "commémorations" et non de "célébrations". Il pointe aussi les différences majeures entre la société d’aujourd’hui (et en particulier son armée) et celle d’il y a un siècle : fin de conscription, femmes soldats, absence de régions entières de l’Empire colonial devenues des pays indépendants, une France dont le poids économique et l’influence culturelle n’ont plus rien à voir …

Contrairement avec la Révolution française il y a un consensus sur l’idée de rendre hommage aux hommes qui firent la Grande Guerre; toutefois certains désireraient que l’on mette en avant la question des mutinés et fusillés pour l’exemple à cette occasion. Au-delà de la réflexion sur les enjeux civiques et politiques de ce centenaire, dont ceux qui se lancent dans des projets en rapport feraient bien de connaître, l’auteur parle de quelques aspects ayant un lien plus ténu avec le sujet. Jean-Noël Jeanneney, dont le père (alors âgé de huit ans) donnait la main à Georges Clemenceau le 13 juillet 1919 sous l’Arc de triomphe et dont le grand-père était sous-secrétaire d’État à la guerre sous le ministère Clemenceau de la Grande Guerre, nous évoque également les parentés de philosophie entre Jaurès et Clemenceau.

Il regrette (comme nous) que Franck Ferrand, qui sévit aussi bien sur Europe 1 que sur une chaîne de télévision, dans une optique cléricale et réactionnaire (assez récurrente) puisse s’autoriser à inviter des personnes qui portent un discours loin des réalités historiques (sans que le moindre contradicteur ne soit présent et avec lui pour bien approuver le contenu servi). Ainsi Clemenceau (dont l’anticléricalisme est fort connu) s’est-il fait attribuer sur la conscience tous les morts du dernier quart de la Grande Guerre, sous prétexte qu’il est cause du rejet de la proposition de paix émanant en 1917 du pape Benoît XV. Cette dernière est d’ailleurs reproduite textuellement dans "Un Lorrain dans la tourmente" d’Aloyse Strauder, ouvrage présenté ici. Il serait trop long de développer, mais s’il y échec c’est parce que l’Allemagne refuse de céder l’Alsace (si ce n’est la région de Thann-Dannemarie occupée depuis l’été 1914 par les Français) et l’Autriche-Hongrie les territoires de langue italienne qui lui appartiennent. Jean-Jacques Becker s'était déjà plaint de la façon dont Franck Ferrand avait mené une autre émission autour d'un des aspects de la Grande Guerre vers des pistes peu orthodoxes.

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