La clef des contes
de Christophe Carlier

critiqué par JulesRomans, le 24 août 2013
(Nantes - 62 ans)


La note:  étoiles
Quels moments littéraires pour les fées ?
Cet ouvrage est en fait une étude centrée autour des contes de fées et du conte fantastique. Il s’agit de réfléchir sur leurs caractéristiques propres. Pour les contes de fées le succès auprès de lectorat adulte couve près d’un siècle, il débute en 1690 mais couvre deux périodes différentes.

Le premier conte de fées "L’île de la félicité" est dons écrit à la fin du XVIIe siècle ; Mme d’Aulnoy l’a inséré dans son roman "Histoire d’Hypolite, comte de Daglas". Ce premier temps d’engouement n’atteint pas une durée de quinze ans puisqu’il se clôt avec la parution en 1704 des "Mille et une nuits", c’est donc la fantaisie orientale qui a pris le relais.

En 1730 une seconde phase d’intérêt se manifeste et il est définitivement clos lorsque le Nouvel Abeilard de Restif de la Bretonne est publié en 1704. Pour la première période, on a essentiellement une adaptation littéraire de contes oraux et pour le second moment une large place à l’invention, l’ironie et la parodie.

Le romantisme allemand, avec la mise en valeur d’un large corpus de contes par les frères Grimm, permet de mettre en exergue quelques récits comme "Cendrillon" et "Peau d’âne" qui traditionnellement relevaient du conte de fées. Toutefois nos deux auteurs allemands donnent des versions où ils expurgent la dimension féérique. Le conte fantastique fait appel au surnaturel mais les fées en sont également absentes. En matière de conte fantastique, on pense pour le XIXe siècle aux contes d’Hoffmann, à "La morte amoureuse" de Théophile Gautier", "La Vénus d’Ille", "Rêve d’enfer" de Flaubert ou à l’œuvre d’Edgar Poe.
De nombreuses observations intéressantes permettent au lecteur de relever par exemple qu’au début de l’engouement des contes il est fait le choix de quelques mots d’une langue déjà archaïque. Par ailleurs les formulettes orales de clôtures d’un conte se retrouvent parfois dans certains textes littéraires comme :
"Mon conte est fini, si vous trouvez un âne, montez-y"
ou "Puis le coq chanta, et mon conte finit là".

Pour connaître les formes littéraires que prenaient les contes aux périodes médiévales, avec en particulier des allusions à des personnages historiques (qui faisaient que la division entre légende et conte ne peut être pertinente alors) on lira l’ouvrage "Contes, diableries et autres merveilles du Moyen Âge" de Claude et Corinne Lecouteux qui présente une très belle collection de textes adaptés dans la langue en usage au début du XXIe siècle, et présenté dans leur intégralité.