Magellan - Le premier tour du monde
de Gérard Soncarrieu

critiqué par Pierrequiroule, le 14 août 2013
(Paris - 43 ans)


La note:  étoiles
Pour naviguer sur les vagues de l'histoire
Lorsque Fernand Magellan s'installe à Séville, personne ne soupçonne que ce Portugais boiteux d'âge mûr a l'étoffe d'un héros. Pourtant il ne rêve que de prendre la mer pour enrichir l'Espagne, son pays d'adoption. Mais il y a plus important encore: afin d'ouvrir une nouvelle route des épices, par l'Ouest, Magellan se propose de contourner l'Amérique, ce Nouveau Monde découvert il y a 25 ans à peine. Il serait ainsi le premier homme à faire le tour du monde, traversant le Pacifique jusqu’en Indonésie, avant de regagner l'Espagne par le Cap de Bonne Espérance. Après avoir vu son projet rejeté par Manoel du Portugal, Magellan parvient à convaincre Charles Quint, un tout jeune monarque en quête de gloire. Mais en partant pour cette expédition tant désirée, Magellan ne se doute pas qu’il ne reverra jamais son foyer. Des 237 hommes embarqués sur les 5 nefs de l’escadre, seuls 18 regagneront Séville à bord de la Victoria.

Tout au long du voyage, Magellan devra affronter de multiples dangers, à commencer par la mutinerie des officiers espagnols qui refusent d’obéir à un amiral portugais. Tandis qu’ils cherchent un passage permettant de contourner l’Amérique – le fameux détroit de Magellan -, les marins endurent le froid et la faim. Et puis le Pacifique, cet océan jamais exploré, est bien plus grand que les Européens ne l’imaginaient ! Plus de vivres! Pendant des mois, les marins doivent se contenter d’eau croupie et de biscuits souillés par les rats; aussi le scorbut ne tarde pas à décimer l’équipage. Quand ils atteignent enfin les Philippines, Magellan et les siens se croient sauvés. Mais c’est sans compter les indigènes, dont certains sont belliqueux et réfractaires au projet d’évangélisation.

Après plus de 3 ans et 80 000 km parcourus, les rescapés de l’expédition Magellan regagnent Séville. Et ils rapportent des épices en provenance des îles Moluques! Nous sommes en septembre 1522 ; tant de mois ont passé! Comment reconnaître en ces êtres faméliques les fiers matelots partis pour un tour du monde ? D’autant que c’est à présent un Espagnol, Sébastian El Cano, qui dirige l’équipage. Entre temps les marins ont creusé des tombes sur tous les continents, se sont livrés à la piraterie et ont perdu leur chef. Mais le journal de bord d'Antonio Pigafetta rend amplement justice au courage de Magellan. C’est grâce à ce jeune chroniqueur italien que nous connaissons en détails la première circumnavigation de l’histoire.

Voici un livre idéal pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur le voyage de Magellan sans se plonger dans une biographie volumineuse. Bien qu’elle s’appuie sur une documentation solide, cette étude prend la forme d’un palpitant récit d’aventures. Elle séduira donc l’imagination des jeunes – et des moins jeunes ! Passionnant et instructif !