Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves, Tome 6 : Le décalage de Marc-Antoine Mathieu

Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves, Tome 6 : Le décalage de Marc-Antoine Mathieu

Catégorie(s) : Bande dessinée => Sci-fi & fantastique

Critiqué par Blue Boy, le 19 juillet 2013 (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (38 468ème position).
Visites : 1 136 

Hors-piste métaphysique

Comment résumer une histoire « sans histoire » et sans commencement, et qui plus est sans son fameux personnage principal ? Dès la couverture, sans que l’on comprenne pourquoi, Julius Corentin Acquefacques déboule à toute berzingue sur son lit volant, franchit les limites du temps et finit par devenir invisible aux yeux des autres personnages et du lecteur… Comme on le sait, avec Marc-Antoine Mathieu, rien n’est jamais si simple, et il faudra attendre la fin pour connaître le début de cette BD complètement décalée !…

Neuf ans après la « 2,333ème dimension », Mister Mathieu, digne représentant de l’Oubapo, enrichit sa mythique série d’un sixième opus, avec comme thème le décalage, dans le but avoué d’exploser les codes de la bédé. Un titre judicieusement choisi puisqu’ici tout est vraiment décalé, rien n’est à la bonne place ou n’y est carrément pas du tout. La couverture est une planche sans titre, le « héros » est lui-même exclus de cette « non-histoire », devenant du même coup lecteur (il ne reste plus que sa voix off), ce qui donne l’occasion aux personnages secondaires de disserter sur le « Rien ». Tant d’aberrations donnent lieu à des trouvailles toujours aussi étonnantes de la part de son auteur, qui sait parfaitement allier la réflexion philosophique au ludique, nous emmenant vers des ruptures spatio-temporelles vertigineuses, n’hésitant pas à torturer le support physique (pages déchirées, personnages sortant de la page…) comme il l’a déjà fait avec brio dans les tomes précédents. De la même façon, Mathieu ne laisse rien au hasard en soignant l’écriture. Il joue brillamment avec les mots en épuisant leur signification pour produire des dialogues drôles et absurdes que n’aurait pas reniés un Pierre Dac.

Exemple :
- Moi je dirais que le rien, c’est un tout.
- Rien du tout !
- Avec vous, c’est toujours tout ou rien
- Pas du tout ! Rien c’est rien, c’est tout.
- Ici, tout se vaut.
- Ah ! Tout est dans tout, c’est ça ?
- Oui, et on n’y peut rien.

L’aura mystérieuse du noir et blanc vient toujours épauler à merveille les délires visuels et métaphysiques de notre maître-chercheur ès BD, qui réussit ici un retour sans fautes, après le décevant « 3’’ ». Moi qui pensais que la série s’était terminée au 5ème volet, j’ose ainsi croire que son auteur en prévoit un 7ème pour nous mettre une fois de plus la tête à l’envers comme il sait si bien le faire… Pas dans neuf ans, tout de même ?

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Héros absent

5 étoiles

Critique de Kabuto (Craponne, Inscrit le 10 août 2010, 57 ans) - 12 janvier 2018

Marc-Antoine Mathieu imagine une histoire où le héros se retrouve décalé par rapport à son récit. Original et plein de bonnes idées, les divagations des personnages secondaires se retrouvant prisonniers d’un non-récit ne m’ont pas vraiment fait rêver. Le format de cette BD et les surprises de mise en page sont assez pertinents mais je me suis un peu ennuyé. Passons au suivant…

A trop parler du rien...

4 étoiles

Critique de B1p (, Inscrit le 4 janvier 2004, 44 ans) - 1 novembre 2013

Je suis un fan de Marc-Antoine Mathieu depuis longtemps. C'est donc fébrile que j'ai empoigné ce nouveau tome.
Hélas ! Aussi ampoulées soient-elles, les aventures de Julius Corentin Acquefacques sont toujours assez jouissives, réussissant à marier habilement le burlesque au cérébral.
Dans ce nouvel opus, par contre, je suis resté sur ma faim. L'intrigue part sans suivre de fil conducteur qui aurait un tant soit peu de sens. L'album semble tourner à vide sans être basé sur aucune idée précise.
Quand on prétend tisser une histoire qui parle du rien, c'est peut-être compréhensible, mais la vacuité de l'ensemble saute alors aux yeux du lecteur qui se demande "à quoi bon ?". Et ce ne sont pas quelques calembours qui peuvent meubler 56 pages...

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