Le triomphe d'Eleanor
de Mary Elizabeth Braddon

critiqué par Pierrequiroule, le 26 juillet 2013
(Paris - 38 ans)


La note:  étoiles
Vendetta dans l'Angleterre victorienne
L'héroïne de ce roman est Eleanor Vane, une jeune fille au caractère bien trempé qui adore son vieux père. Pourtant George Vane n'est en rien un modèle parental: autrefois très riche, il a ruiné sa famille par un train de vie extravagant et, malgré son grand âge, il fréquente toujours les tables de jeux. Le roman commence sur d’heureuses retrouvailles. A sa sortie de pension, Eleanor se rend à Paris où son père s'est exilé pour fuir des créanciers. Là, en compagnie de Mr Vane, elle visite les lieux les plus divertissants de la capitale. Mais cette découverte de Paris tourne court car, peu après, le père d'Eleanor disparaît dans un tripot avec l'argent destiné à la poursuite d'études de sa fille. Lorsqu'on le retrouve, il vient de se donner la mort, rongé par la culpabilité. Dès lors, l'orpheline n'aura plus qu'une seule obsession: venger son père en retrouvant le joueur qui l'a dépouillé de son argent. En vue de ce projet, Eleanor mène l’enquête avec l’aide de son ami Dick. Le destin finira par mettre sur leur route l'homme tant recherché, et cela dans des circonstances surprenantes. Cet individu dont notre héroïne n’avait jamais vu la figure s’avère être un membre de son entourage. Eleanor choisira-t-elle de le traquer en sacrifiant ses amis, sa fierté et même son bonheur conjugal ?

Comme toutes les œuvres de Mrs Braddon (1835-1915), ce roman se lit très rapidement en raison d'une écriture fluide et entraînante. L'intrigue est bien ficelée; elle progresse à un bon rythme grâce à de nombreux rebondissements. Quant aux personnages, ils forment une petite société très vivante : il y a Dick, le peintre de décors, aussi crasseux que dévoué, Laura Mason, la compagne écervelée d’Eleanor, Launcelot Darell, le beau gosse pervers… et toute une galerie de personnages secondaires.
Hélas, la fin est plutôt artificielle ; c’est un happy end moralisateur peu en accord avec la psychologie de l’héroïne. De plus, il y a des coïncidences un peu trop extraordinaires pour être vraisemblables ; mais ces procédés caractérisent tous les romans populaires du XIXème, y compris ceux du grand Dickens. Ce roman procure en tout cas de très agréables moments de lecture. Je le recommande aux amateurs de mystères et à ceux qui recherchent un livre divertissant.