Nouvelles de Anton Tchekhov

Nouvelles de Anton Tchekhov

Catégorie(s) : Littérature => Russe , Littérature => Nouvelles

Critiqué par Salocin, le 17 juin 2013 (Inscrit le 12 décembre 2012, 36 ans)
La note : 9 étoiles
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Anthologie de nouvelles de Tchekhov

Je ne peux pas laisser passer l'occasion de référencer sur le site cette anthologie de nouvelles de Tchekhov. Elles ne sont pas toutes présentes, mais croyez-moi fervents amateurs de Tchekhov, vous serez largement rassasiés. Pas moins de 950 pages, écrites en tout petit, 87 nouvelles (oui je les ai comptées !), allant des plus anecdotiques (seulement quelques pages) aux plus ambitieuses et aux plus connues ("La Steppe", "La dame au petit chien", "Une histoire ennuyeuse"...)

Laissez-vous donc porter par le charme, la douce mélancolie, la tristesse délicate qui imprègnent l'ensemble de ces nouvelles.

Beaucoup de contributeurs ont déjà parlé sur ce site de Tchekhov, je n'en rajouterai donc pas. Je vous ferai seulement part d'une longue citation extraite de la nouvelle "Les groseilliers" , qui résume à mon sens beaucoup l'oeuvre de Tchekhov :

"Je me disais : Dans le fond, comme ils sont nombreux, les gens contents, heureux ! Quelle force écrasante ils représentent ! Regardez la vie telle qu'elle est : insolence et oisiveté des puissants, ignorance et bestialité des faibles, partout une misère impossible, la promiscuité, la dégénérescence, l'ivrognerie, l'hypocrisie, la hâblerie... Et pourtant dans toutes les maisons et dans les rues règnent la paix, la tranquillité ; sur les cinquante mille habitants d'une ville, pas un qui pousse un cri, qui s'indigne bruyamment. Nous voyons ceux qui vont au marché faire leurs provisions, mangent le jour, dorment la nuit, racontent leurs bobards, se marient vieillissent, emportent placidement leurs défunts au cimetière, mais nous ne voyons ni n'entendons ceux qui souffrent, si bien que ce qui est effrayant dans la vie se déroule quelque part dans la coulisse. Tout est calme et tranquille, et les statistiques muettes sont seule à protester : tant de fous, tant de litres bus, tant d'enfants morts d'inanition...

Et il semble que cet ordre des choses est nécessaire : l'homme heureux, manifestement, ne se sent bien que parce que les malheureux portent silencieusement leur fardeau : sans un tel silence, le bonheur serait impossible. C'est une hypnose collective. Il faut qu'à la port de chaque homme, content, heureux, s'en tienne un armé d'un petit marteau qui frappe constamment pour lui rappeler qu'il existe des malheureux, que, si heureux qu'il soit, la vie lui montrera tôt ou tard ses griffes qu'un malheur arrivera, maladie, pauvreté, décès, et que personne ne le verra ni ne l'entendra comme aujourd'hui il ne voit ni n'entend les autres. Mais il n'y a personne pour frapper du marteau, l'homme heureux se laisse vivre, les petits soucis de la vie l'agitent légèrement, comme le vent agite le tremble, et tout va pour le mieux".


Je ne mets pas la note maximale car le recueil est d'un niveau inégal, certaines nouvelles, les premières surtout, étant parfois anecdotiques ou tout simplement moins bonnes.

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