Le Jardin d'Éden de Ernest Hemingway

Le Jardin d'Éden de Ernest Hemingway
( The Garden of Eden)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Jules, le 6 mars 2003 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 74 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 5 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (44 674ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 5 473  (depuis Novembre 2007)

Un certain intérêt pour ceux qui veulent tout lire de l'auteur

Ce livre fait partie des romans les moins connus d’Hemingway. Et pourtant ! Je l'ai lu, pour la première fois, en 1994 et, en l’ayant relu aujourd'hui, je me suis rendu compte que si j'avais bien souligné à l'époque les phrases clefs, ou celles qui me semblaient les plus intéressantes, j'étais passé à côté de beaucoup d’autres choses !…
L’histoire est assez simple. Nous sommes en France en 1946 ou 47, bref juste après la guerre qu’Hemingway a suivie comme correspondant de guerre. Le jeune écrivain David Bourne a rencontré, quelques semaines auparavant à Paris, une jeune femme qui s’appelle Catherine. Elle aussi est américaine et il l'épouse après dix jours. Ils partent vers le sud à Aigues-Mortes avant que de se fixer pour quelques jours au Grau-du Roi. Très vite il apparaît que Catherine a quelque chose qui ne va pas. Elle a des réactions parfois brutales pour des riens et semble tellement aimer son tout nouveau mari qu’elle veut à tout prix devenir lui, ou que lui devienne elle, c'est la question. Dans les gestes de l'amour, elle veut imposer que ce soit elle qui joue le rôle de l'homme ; elle ne se donne pas, c'est elle qui prend, même si David a quelques difficultés à s’y faire. Ils partiront pour Madrid, reviendront à Nice, puis se fixeront un temps à Cannes. Catherine semble avoir de plus en plus de problèmes. Son mal être grandit. Un jour, elle revient avec une superbe jeune fille qu'elle impose à David. Commence alors une histoire de couple à trois dans laquelle David se sent très mal. Tout le monde finira par se sentir mal. C’est dans ce climat que David va tenter de continuer d' écrire, alors qu’il vient de sortir, en Amérique, un second roman qui marche encore mieux que le premier ne l'avait fait. Mais sa femme ne l’y aidera pas !.
Première question : David Bourne est-il Hemingway ? Indiscutablement ! J’ai été au Grau Du Roi et son passage là-bas m’a été confirmé par un vieux Monsieur qui m'a dit l'avoir vu, à cette époque, alors que lui-même était tout jeune. Il se souvenait très bien d’un Américain qui pêchait, nageait et buvait pas mal !…
Par contre, le séjour à Madrid à cette époque me paraît inventé par Hemingway puisque, suite à sa participation à la guerre d’Espagne du côté républicain, il y était interdit de séjour. Il n'y est retourné que vers 1956 et après.
Ce livre me semble être le plus psychologique de ceux écrits par Hemingway.
Au départ, le livre est véritablement rythmé par des déplacements, les nombreux apéritifs, les nuits mouvementées, la pêche et la nage en mer qui, elle, purifie tout.
Puis David Bourne se remet à écrire et chaque nouveau chapitre et nouvelle journée commenceront par les pages écrites. Cela aussi rythme le livre et ces lignes deviendront une véritable histoire à l'intérieur de la principale. Elles sont d’autant plus belles qu’il est en train d’écrire sa merveilleuse nouvelle « Histoire Africaine » dans laquelle le jeune David traque un vieil éléphant avec son père et un noir.
Il nous livre aussi sa conception de l'écriture en disant :
«
Attention, s'était-il dit, bien sûr c’est très joli d’écrire de façon simple, et plus c’est simple mieux c'est. Mais ne te mets surtout pas à raisonner de façon simpliste, bon sang. Rends-toi compte à quel point tout est compliqué et ensuite exprime tout, simplement. »
C'est aussi, me semble-t-il, dans ce roman que Hemingway pousse la technique du non-dit le plus loin.
Ce livre a été publié à titre posthume et rien ne nous dit que l'auteur l’avait vraiment terminé. Ce n'est certainement pas son meilleur livre, loin de là, mais je lui ai quand même trouvé un certain intérêt..

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Hemingway se livre

5 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 44 ans) - 19 janvier 2007

Merci Jules pour ce beau commentaire (un de plus!) que tu nous offres là.

Un roman inachevé pour Hemingway, un de plus. Avec toujours cette question de savoir si il faut toucher ou non aux textes non terminés avant de les publier... J'insiste ici sur le fait qu'il est indispensable au lecteur de savoir que ce roman n'a pas été achevé et qu'il convient de lire la préface de Michel Mohrt, sous peine de refermer l'ouvrage avant la fin, déçu et interloqué par ces lignes de Hemingway.
Ce roman est très différent de l'oeuvre habituellement connue et peut-être a-t-il moins acquis les faveurs du grand public que d'autres textes de l'auteur. C'est un roman dur et difficile, dans lequel le malaise du héros, ainsi que celui de sa femme, prennent beaucoup de place, au point d'en devenir étouffants. Progressivement, le lecteur se sent prisonnier d'un enfermement, tout comme David. Cela est dû à la trame, aux idées que Hemingway voulait exploiter mais aussi (et surtout?) au fait que ce roman n'a pas été retravaillé et ressemble par moments à un brouillon, avec des phrases trop longues, des répétitions, voire des incohérences.
Cette maladresse apporte malgré tout un certain charme à cette oeuvre qui ressemble à s'y méprendre à une autobiographie. Hemingway, à travers son personnage, se livre à une longue réflexion sur le processus d'écriture, et fait part de ses regrets et de ses désillusions sur certains sujets, tels l'amour.
Intéressant, sans aucun doute, pour entrevoir différemment la personnalité de l'auteur mais sur un plan littéraire, il y a bien mieux dans l'oeuvre d'Hemingway que ce texte.

heureusement qu'il y a une préface!

4 étoiles

Critique de Simone (, Inscrite le 31 janvier 2006, 55 ans) - 15 août 2006

Un mal fou à entrer dans ce livre...
Ce n'est pas le premier Hemingway que j'ouvre mais cette fois... un ennui profond!

A la centième page, je lis la préface de Morth (je ne lis jamais auvune préface!).
"Ces dialogues, étirés en longueur, pleins de répétitions, sont lassants"....
"Hemingway n'a pas travaillé ce roman inachevé à sa mort"

Pour commencer Hemingway, une plongée dans "Pour qui sonne le glas" est mille fois plus magique!

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  Le jardin d'Éden. 1 Jeanbarth 1 février 2018 @ 11:38

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