Le vilo de Torticolo
de Michel Galvin

critiqué par JulesRomans, le 16 mai 2013
(Nantes - 62 ans)


La note:  étoiles
Monsieur Torticolo n'est pas prêteur et c'est là son moindre tort à la colo !
Dans le graphisme les formes architecturales sont très fantaisistes et mériteraient d'être comparées à celles proposées par un artiste comme Hopper. Ce récit présente sous des couleurs très originales à la fois dans le texte et les illustrations des questions de morale.

Celles-ci renvoient à des vraies interrogations à savoir une non-coopération est-elle toujours avantageuse, doit-on toujours prêter ses affaires, comment un petit tort peut-il servir de point de départ pour un engrenage de violences, peut-on acheter quelqu'un pour qu'il vous venge, la gourmandise entraîne-t-elle à commettre des actions mauvaises, est-on responsable d'un accident arrivé avec un objet qu'on a prêté ... Elles seraient plus pertinemment posées en un autre langage pour en arriver à suggérer en conclusion que l'on n'a pas à rendre sa propre justice car sinon plus personne n'est mis en situation d'avoir tort ou raison.

Voilà un ouvrage avec un narrateur peut-être arabisant où on voit monsieur Torticolo avec un vélo (vilo), du chicolat (chocolat), gâton (gâteau), canipêche ( canne à pêche), chicolateux (chocolateux), sacs pibelle (sacs poubelle).
Accessoirement le récit permet aux jeunes lecteurs de renouveler leur stock d'injures : pignouf, simplette, tas de rillettes à tête de crevettes, mariole, cervelle cacahouète, freluquet, truffe, infâme bonne femme infecte, chipie chapardeuse chicaneuse et chouineuse.