Death mountains, tome 1, Mary Graves de Christophe Bec (Scénario), Daniel Brecht (Dessin)

Death mountains, tome 1, Mary Graves de Christophe Bec (Scénario), Daniel Brecht (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Aventures, policiers et thrillers , Bande dessinée => Divers

Critiqué par Shelton, le 2 mai 2013 (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 61 ans)
La note : 10 étoiles
Visites : 1 270 

Western puissance quatre !!!

Pourquoi parler d’un livre aujourd’hui ou demain ? Parfois, j’ai lu des ouvrages que je voulais vous présenter, puis le temps passant, je finissais par ne jamais vous les présenter. Soit je les oubliais définitivement, soit j’étais obligé de les relire pour voir si, enfin, j’allais vous en faire la critique… La pile des livres en attente de chronique et/ou critique est si haute qu’elle ressemblerait presque aux Death Mountains… Je vous entends déjà vous demander quelle mouche agressive aurait bien pu me piquer pour que je commence à vous parler de mes piles de livres à critiquer, pire, que j’évoque les Death Mountains…

En fait, il y a quelques semaines j’ai dévoré cette bande dessinée en deux volumes, Death Mountains, puis je l’ai délicatement posée sur ma pile des ouvrages en attente d’être présentés et je l’ai, tout simplement, oubliée… Puis, ce matin, je lis un article sur le site du Figaro à propos d’un cas de cannibalisme chez les colons américains lors de l’année 1609 de sinistre mémoire puisque durant cette période de famine on pense que 80% des colons seraient morts de faim et de froid… Voilà que maintenant, preuves en mains, on peut affirmer que certains colons auraient tenté de survivre en mangeant le corps d’une jeune fille…
(http://lefigaro.fr/flash-actu/2013/…)

Alors immédiatement j’ai pensé à cette histoire racontée par Daniel Brecht et Christophe Bec, Death Mountains, qui raconte comment à la moitié du dix-neuvième siècle, une colonne de colons avait atteint dans des difficultés dramatiques la Californie. Or, il semblerait bien que pour survivre dans les montagnes en plein hiver, certains colons aient été jusqu’à manger d’autres colons… Le lien était fait, je devais vous présenter ce dytique !

Tout d’abord, cette série de deux volumes est incontestablement une histoire de la Conquête de l’Ouest, c’est du Western, c’est de la grande aventure, celle avec un A ! A ce titre, je dois vous avouer et certains le savent déjà, je suis un grand amateur de westerns. Souvent simplificateurs, ils proposent des histoires extrêmes qui mettent parfaitement en valeur les qualités fondamentales, celles qui comptent plus que tout : courage, fidélité, amitié, respect de l’autre, amour… certes, on croit parfois qu’il ne s’agit que d’une série sans fin de duels, d’agressions, de vols, parfois même de viols… erreur ! Regardez bien, c’est toujours plus complexe…

Tout commence en 1890 quand un jeune homme se présente à Mary Graves, une vieille dame qui exerce encore le métier d’institutrice. Il semblerait même qu’elle a été la première femme à tenir ce poste en Californie. Mais notre visiteur, Benjamin Reed, la nomme Mary la Cannibale ! Qu’est-ce que tout cela peut bien cacher ?

Nous allons donc avoir le récit complet des aventures de Mary, mais surtout de toute cette colonne de colons qui va tenter de traverser les montagnes pour arriver enfin à la Terre promise, la Californie… C’est du grand art, de la bande dessinée exceptionnelle, du western détonnant… Oui, c’est réellement tout cela car on va tout connaître dans cette traversée des Rocheuses…

Tout commence dans la boue et sous la pluie avec des colons qui ne s’entendent déjà pas entre eux. Les tensions sont fortes et de toute évidence les objectifs ne sont pas les mêmes, les niveaux de vie non plus… On aura aussi le pasteur, le guide, l’alcoolique, le violent, le bougre innocent, le riche, le pauvre, le traitre, le fidèle… Oui, toute la société humaine est bien représentée ici et elle doit s’unir pour vaincre l’adversité et cette nature violente et traitresse…

Les dessins et les couleurs de Daniel Brecht sont exceptionnels. Pas dans le sens qu’il serait un artiste absolu et inégalable, non, seulement – et ce n’est pas rien – parce qu’il réussit à nous immerger totalement dans cette histoire sans nous laisser le temps de respirer. On se croit dans un film, dans une quête absolue de la prairie verdoyante que chacun recherche pour faire – ou refaire – sa vie. Le scénario est tout simplement parfait, ce dont je ne doutais pas avec la signature de Christophe Bec. En fait, il fait mieux que du Bec car très rapidement il est lui aussi pris dans son histoire. Ce sont les personnages qui nous imposent les choix car il faut survivre. Même quand on est dans l’inacceptable, dans l’horreur, dans le refus des tabous ancestraux, on sent confusément que l’on ne peut pas faire autrement. Il faut franchir ces obstacles, il faut avancer, il faut vaincre pour devenir un héros, non, un colon tout simplement.

C’est aussi en comprenant ce type d’adversité vaincue que l’on comprend mieux ce que sont aujourd’hui ces Californiens, les vrais, ceux qui sont les descendants des colons…

En arrière de cette aventure, on a une histoire plus intime, celle de Mary et du grand père de Benjamin Reed, James Reed…

Ah, j’oubliais quelque chose, dans un western, un vrai, il y a aussi des Indiens. Je vous rassure, là aussi, il y a des Indiens que je vous laisse découvrir…

Une magnifique histoire que j’ai adorée et que je vous invite à lire même si vous n’êtes pas, au départ, des fans de western… L’aventure humaine mérite de ne pas être enfermée dans un genre ou un autre… Bonne lecture !

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