Giuseppe Penone : Le regard tactile
de Françoise Jaunin, Giuseppe Penone

critiqué par Veneziano, le 28 avril 2013
(Paris - 46 ans)


La note:  étoiles
La Nature intégrée dans l'art
Giuseppe Penone est l'un des grands noms, avec Mario Merz, du mouvement de l'Arte povera, qui utilise des matériaux pauvres, souvenus naturels, pour concevoir des oeuvres minimalistes. Cet artiste italien respecte ce cadre général, et sophistique un peu. Pour lui, la nature est un élément essentiel à considérer dans l'art, donc une source d'inspiration intarissable. Les feuilles mortes et troncs d'arbre sont, chez lui, des matériaux fréquents.
Aussi est-il sensible, par cette étude du vivant, à l'idée d'empreinte, de retranscription du temporaire, voire de l'éphémère. C'est pourquoi il s'intéresse à la liaison entre la nature et le corps, d'où les thèmes récurrents de forêt, de corps et d'empreinte, avec des inspirations d'ordre spirituel, plus ou moins sous-jacentes.
Cet entretien retrace ces sources, peu ou prou ses méthodes de travail, qu'il ne désire pas intégralement dévoiler, pour cause, semble-t-il, de "secret professionnel". Aussi ne divulgue-t-il jamais ce qu'il fait à ses étudiants des Beaux-Arts, à Paris et Turin. Il ressort, de son ton et de ses termes, une assez grande humilité.
Son travail est original, cohérent, incongru d'apparence mais construit. Il désarçonne a priori avec des éléments d'une grande simplicité. L'art est aussi fait pour être ressenti, avant de comprendre un message substantiel. Comme dans une méthode expérimental, il faut se laisser guider les yeux ouverts. C'est intéressant et vaut la peine de découvrir ce monde-là.