Voie sans issue/L'abîme de W. Wilkie Collins, Charles Dickens

Voie sans issue/L'abîme de W. Wilkie Collins, Charles Dickens
( No thoroughfare)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Heyrike, le 5 février 2003 (Eure, Inscrit le 19 septembre 2002, 52 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (41 395ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 2 927  (depuis Novembre 2007)

Qui est qui ?

Walter Wilding est fier le jour où il devient le patron du commerce de négociant en vin "Pebbleson Neveu" rebaptisé modestement "Wilding & Co." En effet, rien ne prédisposait Wilding à cette réussite social. Enfant abandonné et élevé à l'Hospice des Enfants Trouvés il ne devra qu'à l'amour de sa mère repentante d'être retiré de cet hospice, après y avoir passé quelques années il est vrai. A la mort de celle-ci, Wilding hérite d'une somme d'argent qui lui permet de racheter "Pebbleson Neveu", dont il fut auparavant le salarié.
Pour gérer les taches domestiques, il décide d'engager une femme de charge. Au cours d'un entretien avec elle il apprend fortuitement qu'elle avait travaillé autrefois à l'Hospice des Enfants Trouvés, et de fil en aiguille elle lui révèle qu'une terrible méprise sur son identité a conduit sa mère à l'adopté sans savoir qu'en fait il n'était pas le Walter Wilding qu'elle avait abandonné 12 ans plutôt, mais un autre Walter Wilding. En effet afin d'éviter à chaque fois de chercher un nouveau nom pour l'enfant qui venait d'arrivé à l'hospice, les responsables de l'établissement avaient pour habitude de redonner le nom d'un enfant récemment adopter.
A partir de ce jour Walter Wilding, deuxième du nom, n'aura qu'un seul objectif, retrouvé le vrai Walter Wilding, premier du nom, afin de lui restituer ce qui lui revient de droit en mémoire de sa mère, ou plutôt devrait-on dire de la mère de Wilding premier du nom, pour qui il avait un amour digne du fils qu'il n'était pas en fait. Son associé M. Vendale et son avocat M. Bintrey, après avoir vainement tenté de lui faire d'abandonner cette idée, l'aide dans sa quête. Mais n'aboutissant pas dans ses premières démarches et souffrant d'un sentiment de culpabilité en ayant l'impression d'avoir dépossédé le vrai Wilding, il tombe malade et quitte ce monde non sans avoir fait promettre à ses amis de ne jamais renoncé à retrouver un jour le vrai Wilding.
Commence le périple de Vendale au cours duquel il doit braver le perfide et méprisable Obenreizer, escroc patenté et tuteur de la belle Marguerite qui fera chavirer le cÏur de notre héros. Au bout d'un voyage tumultueux à travers les montagnes Suisses, la vérité éclate au grand jour en révélant l'identité de Walter Wilding, premier du nom.
Tous les ingrédients sont réunis pour nous livrer un roman à suspense réussi et agréable à lire. Il y a l'enfant abandonné et le mystère sur son identité, l'intrigue et les intrigants, l'histoire d'amour avec la belle jeune femme ravissante, les rebondissements multiples, et le méchant pas gentil du tout. Un très bon récit que je conseil pour une soirée de détente, et aussi pour y retrouver le talent de Dickens associé à l'un des fondateurs du thriller moderne.

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Mal fagoté

5 étoiles

Critique de CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 61 ans) - 13 avril 2012

Elevé dans l'orphelinat des « Enfants trouvés » jusqu'à l'âge de onze ans, le jeune Walter Wilding pense avoir ensuite été repris par sa mère qui, lorsqu'il atteignit l'âge adulte, l'a lancée dans la vie en lui confiant ses parts dans un négoce de vins et spiritueux. Plein d'idées philanthropiques, altruistes et paternalistes, Walter engage une gouvernante, Madame Goldstraw, ancienne employée de l'orphelinat, qui lui apprend qu'il s'est produit un échange d'enfants au moment de la récupération par les parents. Il se sent donc dans la peau d'un usurpateur qui a pris la place d'un autre et l'a même spolié de son héritage car il jouit du petit patrimoine de sa mère décédée. Il n'aura de cesse de retrouver le véritable Wilding et mourra avant que ses recherches n'aboutissent. L'affaire en serait restée là, si son associé, George Vendale, n'était tombé amoureux de la belle Marguerite, nièce sous tutelle d'un certain Obenreizer, négociant helvétique peu scrupuleux.
Un roman assez bizarre et assez difficilement classable car il oscille entre le roman social type « David Copperfield » (principalement dans la première partie où l'on reconnaît bien la patte de Dickens, son style et ses thèmes habituels), le roman sentimental avec cette amourette très fleur bleue de George et Marguerite et le roman policier mal fagoté. L'ensemble semble donc à la fois fouillis, ennuyeux et disparate. L'intrigue est souvent invraisemblable et s'emboîte assez mal avec la première partie. Il faut préciser que ce roman a été écrit à quatre mains et qu'on a vraiment l'impression que chacun a tiré à hue et à dia et non travaillé en synergie. Le résultat, écrit dans un style vieillot et selon des codes archaïques, ne peut en aucun cas être classé dans les chefs d'oeuvres éternels. Comme quoi, même de grands auteurs peuvent parfois produire des titres de qualité très inférieure.

Sacrée déception...

3 étoiles

Critique de Mallollo (Galera, Andalousie, Inscrite le 16 janvier 2006, 37 ans) - 6 février 2007

Le mariage de Charles Dickens et Wilkie Collins est un peu décevant. Je ne connais ni l'un ni l'autre, et je dois avouer que ce n'est pas ce livre qui me donnera l'envie de découvrir leurs "oeuvres solo".

J'ai cru reconnaître les traits tragico-larmoyants de Dickens (ce que je croyais être un cliché s'avère peut-être finalement être la vérité), ce qui m'a agacé plus qu'autre chose. Un grand manque de naturel dans les dialogues et les réactions des personnages à ce point de vue. Morceau choisi:

"- Oh! bonne Sally, chère Sally! dit la dame en s'accrochant à sa robe de manière suppliante. Vous êtes aussi pleine d'espérance que je suis désespérée. Une belle vie s'ofre à vous, ce qui ne m'arrivera jamais, jamais; vous pouvez aspirer à devenir une femme respectée, une orgueilleuse mère, vous êtes une femme vivante et aimante, et moi, je dois mourir! Par Dieu, écoutez ma requête éperdue!

- Pauvre, pauvre, pauvre de moi! s'écria Sally, qui marqua son désespoir dans le pronom."


L'intrigue en elle-même (la part de Wilkie Collins en l'occurence) m'a semblée fort tirée par les cheveux. Au risque de passer pour une imbécile de première, je n'ai pas tout compris... Grands dieux oui, on comprend que Monsieur Machin est le méchant qui cherche à nuire. Mais l'histoire de l'enfant abandonné, retrouvé par sa mère, puis ramené par une autre alors que la mère revient le chercher et rentre avec un autre sous le bras croyant que c'était lui... (vous ne suivez pas? moi non plus, rassurez-vous...)

Bref, une lecture plutôt ardue, pour un résultat médiocre du point de vue "plaisir de lire". Je rejoins par contre Antinea sur le charme de Joey, seule bonne surprise de ce récit...

Une route semée d'embûches

9 étoiles

Critique de Antinea (anefera@laposte.net, Inscrite le 27 août 2005, 40 ans) - 27 décembre 2006

Au « carrefour des éclopés », au sein de l’entreprise « Wilding & Co », la raison de Walter Wilding butte au fond d’une impasse depuis qu’il a appris que la femme bonne et aimante qu’il avait cru être sa mère ne l’est point. Au fond des caves sombres et humides, le vieux Joey, qui sent déjà que « la chance a tourné » prédit à Georges Vendale, l’associé de Wilding, un destin funeste. Deux chemins qui se croisent et s’engagent indépendamment, en apparence, dans des voies sans issues. Mais c’est sans compter Obenreizer le malhonnête et sans nièce, la belle Marguerite pour qui Vendale déplacerait des montagnes. Des rivages boueux de la Tamise aux glaciers alpins, Dickens et Collins tracent la route du héros courageux et de sa belle aux prises d’un méchant impitoyable et d’un secret de famille.
C’est un petit livre bien amusant, parfois caricatural (le méchant est mauvais à tous les points de vue, la jeune femme belle et courageuse, le héros romantique et honnête), qui fait passer un bon moment. Le garçon de cave, Joey, fidèle employé et bonhomme superstitieux, ne manque pas de charme et a, lui aussi, sa part d’aventures.
A savourer tranquillement.

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