Page d'accueil | Forums | A propos | Blog | Aide | Pour un petit clic...
Membres :  S'identifier |

Recherche par

Nos rubriques

Discussions

Lettre d'information

Conseiller à un ami

6.2.1 NOUVEAUTES LIVRES
medium
Les fantômes du chapelier de Georges Simenon

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Policiers et thrillers

critiqué par Féline, le 1 février 2003 (Binche, Inscrite le 27 juin 2002, 34 ans)

La note: 9 etoiles
Moyenne des notes : 9 etoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 7 etoiles (1 976ème position).
Visites : 1 715  (depuis Novembre 2007)

L'horreur sous la respectabilité


J'avais vu ce film, magnifiquement interprêté par Michel serrault et Charles Aznavour, alors que j'étais encore enfant. J'en gardais depuis lors le souvenir d'un très beau film qui m'avait captivée mais aussi un peu choquée (je n'avais alors que 10 ans). Je me suis donc enfin décidée à lire le roman de Simenon qui l'a inspiré. Pas de meilleur moment que cette année 2003, année Simenon, pour le faire.

Pour une fois, j'estime que le film a été à la hauteur du livre. Critiquer un roman de Simenon n'est pas chose facile, après les excellentes critiques déjà publiées sur ce site. Mais tant pis, je me lance.

Encore une fois, Simenon nous plonge dans la routine de quelques notables d'une petite ville de province, secouée par une vague de meurtres. En quelques jours plusieurs dames d'âge mûr sont retrouvées étranglées. Dès le début du livre, on connaît le coupable : Léon Labbé, le chapelier. L'intérêt du roman ne réside pas la, mais plutôt dans l'étude psychologique de ce notable, devenu meurtrier un peu par hasard. Dès les premières pages, il nous apparaît comme un homme sur de lui, qui aime à défier la police, en entretenant une correspondance avec un jeune journaliste au travers des colonnes de "L'écho des Charentes". Même lorsque son voisin, Monsieur Kachoudas, le tailleur, le confond, il ne perd pas sa belle assurance. En effet, qui irait croire un étranger qui ne se lie à personne plutôt que lui originaire de la ville? Mais peu à peu, on voit le chapelier douter, son comportement devient de moins en moins assuré et il commence à avoir peur. Cette modification du comportement et de l'état d'âme du coupable nous entraîne au plus profond de son âme. On partage véritablement ses pensées et ses craintes et ses frustrations : le quotidien d'une femme malade devenue méchante et irascible, être appelé le chapelier par ses amis plutôt que par son nom,... L'analyse psychologique représente la véritable force de ce roman, dans lequel une fois encore chez Simenon, la façade de respectabilité masque les instincts les plus noirs.

Je n'avais plu lu de romans de Simenon depuis "Le bourgmestre de Furnes" lors de mes études secondaires, mais la lecture de ce dernier m'a donné l'envie d'en lire d'autres.

   Version imprimable   Partager sur Twitter  Partager sur Facebook

Les éditions
small Les fantômes du chapelier [Texte imprimé] Georges Simenon
de Simenon, Georges
le Livre de poche / Le Livre de poche.
ISBN : 9782253148807 ; EUR 5,00 ; 0000-00-00 ; 187 p. ; Poche
 Go Amazon

» Ajouter une édition
Livres liés

Pas de série ou de livres liés.  Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série

Les critiques éclairs (3)

Enregistrez-vous pour publier une critique éclair! »

Exceptionnel 8 etoiles

Il est vrai que le film de Chabrol est bien plus connu que le roman dont il est tiré, mais les deux méritent d'être salués comme de grandes réussites.
Les deux sont en effet des chefs d’œuvre, à mon avis. Le roman est d'une écriture soigneuse, précise et profondément humaine, comme presque toujours chez Simenon ; en effet, comme indiqué ci-dessus le livre est fondé sur la psychologie du criminel, et tout tourne autour de sa vision du monde, folle, sans doute (qui ne l'est pas un peu ?) mais à laquelle on finit presque par partager du moins en partie... Simenon montre comment le monde étouffant de la bourgeoisie des notables, où chacun a sa place, épié par les autres, où la moindre déviation sera sue, disséquée, jugée, peut être en soi générateur de crimes, comme un pouvoir totalitaire engendre la résistance et la transgression.
La dérive mentale du chapelier est finement éclairée, avec des fulgurances de folie - qui sont d'ailleurs parfaitement restituée dans le film, tâche difficile.
On peut ranger ce roman "policier" au sens large comme l'un des meilleurs de cet auteur.

Frantz (, Inscrit le 18 mai 2011, 62 ans) - 12 décembre 2011


De la vase dans les rue de la Rochelle. 10 etoiles

Cela fait le troisième Simenon que je lis. " Piotr le letton " ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable. Il y a eu " Les fiançailles de M. Hire" superbe, et maintenant celui là.
Ce qui semble être une constante dans les livres de Simenon, c'est la simplicité. Simplicité de l'histoire, des mots employés, des vies. Et puis derrière cette apparence de la simplicité, il y a la psychologie qui amène ses difficultés.
Les livres de Simenon me font penser à une mare à l'eau claire,et puis il prend un bâton et commence à remuer, tout doucement, sans à-coups, et puis on commence à voir des choses remonter, qui se marient bien avec la limpidité, c'est même joli. Et puis ça prend de l'ampleur, ça salit tout.
On a envie de dire eh Monsieur arrêtez de salir la mare, pourquoi faire remonter tout ça à la surface.
Mais au fond de nous ça nous plait ce qu'il fait, c'est excitant et tellement bien fait.
Simenon m'a subjugué par ce livre.
J'adore ce genre de littérature grand public d'une extrême grande qualité.

Hexagone (, Inscrit le 22 juillet 2006, 41 ans) - 17 avril 2011


Polar psychologique 9 etoiles

Cette histoire de Simenon est particulière : elle se place exclusivement du point de vue du tueur. C'est un roman extrèmement riche, qui a été vraiment bien adapté au cinéma par Claude Chabrol. Mais le film, aussi bon soit il (c'est lui qui m'a donné envie de lire le livre), n'atteint la profondeur psychologique du roman, et ne peut décrire aussi bien que la plume de Simenon l'être torturé qu'est Léon Labbé. Car les causes de la folie meurtrière de Léon Labbé vont bien au delà du meurtre de sa femme : c'est un haine contre les femmes en général. Labbé qui a grandi dans le mythe mysogine de "la maman et la putain" voit ses repères s'écrouler quand il fait la rencontre madame Binet qui s'avère être les deux à la fois. Les femmes deviennent donc des êtres mauvais, hypocrites, difficilement supportables. D'où sa haine contre les femmes en général, et sa sympathie envers Kachoudas, victime malheureuse de cette vengeance.
Un roman à lire.

Coutal (, Inscrit le 11 juin 2007, 24 ans) - 18 août 2010


Forums: Les fantômes du chapelier

Il n'y a pas encore de discussion autour de "Les fantômes du chapelier".

Ajouter une critique éclair

Enregistrez-vous pour publier une critique éclair! »

haut de page

Commander chez un de nos partenaires
Amazon.fr
Amazon.ca
Fnac.com
Abebooks.fr - Livres neufs, anciens, rares et d'occasion.
 
S'identifier | Page d'accueil | RSS2 | Forums | A propos | Blog | Pour un petit clic | ©2000-2011 critiqueslibres.com ASBL®. Tous droits réservés.