S.O.S Lusitania, Tome 1 : La croisière des orgueilleux
de Patrick Cothias (Scénario), Patrice Ordas (Scénario), Jack Manini (Dessin)

critiqué par JulesRomans, le 6 mars 2013
(Nantes - 62 ans)


La note:  étoiles
Si la perfide Albion avait fait naviguer le Lusitania entre deux eaux
La BD semble reprendre pour l’essentiel le schéma narratif du roman historique (sorti en 2012) "R.M.S. Lusitania : l’Amérique ne pardonnera pas …" des deux auteurs Ordas et Cothias, s’y ajoute la mise en images très réalistes et bien agencée de Manini.

Tout d’abord le récit fixe bien ce que l’histoire officielle nous dit à savoir ce paquebot naviguait sous pavillon britannique et transportait outre des voyageurs, des armes américaines à destination de l’Angleterre.

Ce premier tome se centre sur Alfred Vanderbit un héritier d’une grande fortune qui après le décès de la femme qu’il aimait, a flambé quasiment toute sa fortune. Toutefois il a quand même mis de côté une vingtaine de diamants et compte déjà au départ du navire les utiliser pour refaire une nouvelle vie sous une autre identité.

Trois autres personnages sont un peu moins développés mais on sent à travers la lecture de l’album qu’ils vont avoir un rôle clé dans les évènements. Un très jeune marin gallois Mickael Morisson a sympathisé avec Alfred Vanderbit et a démasqué une jeune Chinoise Shan derrière le garçon de cabine des premières classes, un amour réciproque les lie bien vite. Le quatrième est Latour, un agent double se disant de père français et de mère alsacienne, il se révèle aux deux espions germaniques à bord. Un autre Alsacien apparaît brièvement sur deux pages, son tragique destin d’espion français est là pour nous faire connaître dès le premier tome le sous-marin et le commandant de celui-ci qui va couler le Lusitania.

Bref tout est en place pour que la fin du Lusitania apparaisse, dans cette fiction, comme un enchainement de coups tordus entre deux services d’espionnage rivaux, plus ou moins contrariés par les actions de Shan, Alfred Vanderbit et Mickael Morisson.

Ces trois-là et Latour survivront vraisemblablement, ils pourraient bien décider de mener une petite vengeance à l’encontre de ceux qu’ils jugent responsables de 1 400 morts (il y aura environ 700 rescapés). Il est clair que l’on est ici plus sur la thématique romancée de l’espionnage que sur un tableau historique, cela n’est pas pour autant regrettable. « On peut violer l’histoire si on lui fait un bel enfant ».