Tuniques bleues (Les), tome 06 : La prison de Robertsonville
de Raoul Cauvin (Scénario), Willy Lambil (Dessin)

critiqué par Kalie, le 3 mars 2013
(Sarthe - 49 ans)


La note:  étoiles
Des prisonniers de guerre pas comme les autres
« La prison de Robertsonville » fait partie de mes albums préférés de la série « Les tuniques bleues ». Sur la longueur, il faut bien reconnaître que cette série s'avère de qualité scénaristique inégale (redondances, histoires faiblardes). Mais ici, les auteurs se sont inspirés d’un site historique de la guerre de Sécession : le camp d’Andersonville de triste mémoire. Sur quarante-cinq mille soldats de l’Union emprisonnés dans les années 1864 et 1865, presque treize mille y sont morts de malnutrition, de faim ou des suites de maladies, sans parler des exécutions sommaires… Bien sûr, s’agissant d’une BD humoristique, les conditions de détention sont ici abordées de façon très soft. Même si le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, tous deux capturés par les Confédérés et emprisonnés dans la terrible prison (fictive) de Robertsonville, n’échappent pas aux travaux forcés et aux punitions (le sergent Chesterfield enfermé dans « la caisse » en plein soleil sans boire ni manger). Les mauvais traitements et les sanctions n’ont d’ailleurs aucun effet sur nos deux compères. L’histoire se concentre sur les multiples tentatives d’évasion des deux soldats nordistes. Et là, j’avoue que les stratagèmes utilisés sont souvent drôles. Le retour en territoire yankee avec ses quiproquos est carrément hilarant. Les dessins de Lambil sont toujours aussi clairs, précis et colorés même lors des scènes de bataille. Mais, c’est plus le contexte de la guerre civile qui m’attire dans cette BD que les protagonistes parfois trop enfermés dans leurs stéréotypes respectifs.