Moi, mes souliers de Félix Leclerc

Moi, mes souliers de Félix Leclerc

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par DomPerro, le 28 février 2013 (Québec, Inscrit le 4 juillet 2006, 38 ans)
La note : 8 étoiles
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Quand le rêve devient réalité pour un lièvre-artiste.

Suite de Pieds nus dans l’aube (publié en 1946), dont l’action se situe à La Tuque, village natal de Félix Leclerc, Moi, mes souliers (publié en 1955) raconte principalement les débuts de sa vie d’artiste.

De façon très naïve, avec des mots de tous les jours, Leclerc nous présente ses souvenirs sous forme d’un journal rédigé par un lièvre à deux pattes. Il est donc question ici d’un jeune lièvre dans sa savane qui occupera différents emplois : radio à Québec, bœuf-man avec des lièvres-campagnards, aide-embaumeur, puis lièvre-artiste dans une troupe de théâtre qui ira jusqu’à Boston pour présenter leur pièce.

En lisant cette première partie, qui s’intitule Notre sentier, on découvre combien il peut être difficile pour ce jeune lièvre de se définir et, surtout, se faire reconnaître comme un artiste. Malgré les obstacles, cette première moitié de Moi, mes souliers n’a rien de morbide.

Puis vient la rencontre décisive d’un Français, Jacques Canetti, qui veut absolument entendre Félix Leclerc. Après la galère, le succès, enfin…

Le roi heureux, titre de la deuxième partie, débute alors, conduisant Leclerc en France où il se produit aux théâtres ABC et les Trois Baudets, puis plus tard en Afrique du Nord et ailleurs en Europe.

Il faut imaginer Félix Leclerc débarquer sur une scène française la première fois!

''On vient de m’annoncer comme lièvre neuf, venant du très loin lointain Canada, pays des immenses moissons de blé et des lacs innombrables. Le rideau s’ouvre, c’est à moi. Je m’avance avec ma guitare d’une main et ma chaise de l’autre (pour mettre mon pied dessus) et je n’entends qu’un bruit dans le silence complet de la salle : mes pas; le son de mes godillots canadiens qui, péniblement, vont l’un devant l’autre. Je ne me souviens pas de ma vie d’avoir fait promenade plus pénible, plus cruelle, plus terrible. Enfin, je suis rendu au milieu, je ferme mes yeux, et hop! Pour moi, pour ma femme et mon enfant, pensant aussi fort que possible à ma maison au bord du lac, seul au monde, je rentrai dans la première chanson et aussi dans le cœur des lièvres français qui me signifièrent bruyamment que j’étais le bienvenu en sol de France.''

Le public français est conquis, comme le lecteur d'aujourd'hui.

Enfin, aux dernières pages, Leclerc livre quelques confessions sur le sens de la réussite et du long et pénible voyage qui la précède, sur les différentes personnes qui supportent ou non le rêve que caresse un artiste, mais aussi sur le dilemme entre rester ou s’exiler : ''Alors, mets-toi bien ceci dans la tête : Tu veux créer? Tu veux bâtir? C’est fatiguant. On est ici pour se reposer. N’embête personne avec cela. Tu es seul, ce qui s’appelle seul, ne te fie qu’à toi. Tu es seul comme une chèvre sur l’île solitaire.''

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