L'atelier des miracles
de Valérie Tong Cuong

critiqué par Yotoga, le 31 janvier 2013
( - - ans)


La note:  étoiles
Les âmes cassées
Un jeu de sept familles avec un fil conducteur, et le thème de la solitude mais aussi de l’espoir, ça ressemble à son livre « Providence » que j’ai lu il y a plusieurs années.

Cette fois ci, les personnages sont carrément exclus de la société. Valérie Tong Cuong, normalement, c’est noir, c’est cru, c’est réel. Ici, c'est fleuri et le livre ressemble à un petit conte…

Dans « L’atelier des miracles », le lecteur rencontre Millie, une nana qui représente la précarité de l’emploi et les soucis matériels qui en découlent; Mariette, une prof qui a pété un câble, et Mike une âme brisée sous un corps musculeux de soldat démissionnant. Ils ont tous une instabilité familiale et se retrouvent tous dans l’atelier, un domaine géré par Jean.

Au milieu du livre, j’ai pensé que peut-être l’histoire allait aller direction secte, genre « Martha Marcy May Marlene » en version ville…Mais non , fausse alarme. Ce Jean, il aide les gens gratuitement ? Tout s’éclaire à la fin du livre, je ne vous révèle pas l’intrigue. Je regrette qu’on ne ressente pas une ambiance familiale dans l’atelier. Chaque personnage raconte son morceau d’histoire, chaque chapitre est compartimenté par le dialogue d’un personnage mais il n’y a pas de rapport entre eux, seulement avec Jean, le référent.

Ce livre parle de la seconde chance, d’une main tendue et du soutien (dés)intéressé entre les être humains. C'est aussi une description simple des analyses : Pourquoi quelqu'un fonctionne comme ça ? Qu'est ce qui motive une personne à frapper un élève, à vivre dans la rue délibérément, ou de feindre l'amnésie... Mais ce n'est pas un livre psychoanalyse, juste une description de plusieurs personnes, brisées à un moment de leur vie et de leur nouveau départ, ensemble ou seuls.
Mais aussi, de qui tire les ficelles derrières ces actes sociaux, qui profite du système.
La question finale : doit-on être éternellement redevable, si quelqu'un nous a aidé un jour ? Peut-on s'en sortir seul ?

Sur le style, au début du livre, je déplorais que le ton de Mike, extrême dialecte des cités, n’ai pas été soutenu tout le long du livre. Au milieu, j’ai pensé que l’évolution du personnage explique ces changements de vocabulaire. Mais finalement, je soutiens que l’auteur n’a pas suivi la ligne jusqu’au bout.

J’apprécie des petits détails, que tous les prénoms des personnages commencent par un M par exemple… Pour ceux qui ont aimé « No et moi » de De Vigan ou « ensemble c’est tout » de Gavalda …
Le resto des cœurs 6 étoiles

Trois personnages aux vies dramatiques se retrouvent à la suite d'un accident à l'Atelier. Ces personnes souffrant d'une grande solitude vont se retrouver sous l'emprise et l'omniprésence de son directeur-gourou Jean Hart, pour faire une sorte de "break" dans leurs vies.
Après avoir suivi les parcours chaotiques de Mariette, Millie / Zelda et Monsieur Mike, je me suis posée moi aussi la question sur le pouvoir de manipulation de Jean. Mais on n'est pas dans un roman policier, et complètement d'accord avec Luluganmo, j'ai eu le sentiment de lire un gentil livre de Laurent Gounelle, où on voit des personnages détruits se reconstruire, trouver la force qui est en eux, quand d'autres montraient leurs faiblesses.

Une lecture agréable par la sympathie qu'engendrent les personnages principalement, bien écrite mais pas indispensable ni inoubliable.

Marvic - Normandie - 62 ans - 18 septembre 2013


Trop lisse 5 étoiles

J'ai passé un moment de lecture sympathique, sans exaltation toutefois; les trois personnages principaux m'ont paru profondément caricaturaux, et l'arrivée de Jean dans leur vie tel le "messie" m'a quelque peu contrariée. Je ne me suis pas investie davantage dans la réflexion du sens de ce bouquin, ne sachant pas trop dans quelle direction l'auteure voulait nous embarquer. J'ai regretté cependant que "l'atelier des miracles" ne soit qu'un atelier de "psychologie de comptoir" me faisant vaguement rappeler les romans de Laurent Gounelle et toutes les merdouilles commerciales...
Bref, sympathique lecture mais sans miracles pour moi.

Luluganmo - - 38 ans - 7 avril 2013


entre miracles et manipulations 7 étoiles

On aimerait y croire à la résurrection de ces trois âmes perdues mais leurs parcours ne sont que le fruit de la volonté d'un homme et de toutes les ficelles qu'il tend pour y arriver.
La lecture est agréable mais le ton un peu trop doux.
J'ai préféré Providence à l'Atelier.

Norcane - - 53 ans - 25 mars 2013


psychologie de comptoir 4 étoiles

L'auteur, dans un paragraphe, dénonce le "tout-psychologie" de notre société...

Mais tout son roman n'est que de la psychologie de comptoir ! Cherchez la contradiction !

En outre, je trouve que les personnages sont caricaturaux et n'ont aucun relief. (Allez, peut-être que M. Mike est un peu plus attachants que les autres).

Je n'ai pas lu d'autres romans de cet auteur. Il paraît que c'est plutôt sombre. Tant mieux parce que le rose de "l'atelier des miracles" ne lui réussit pas.

Fabienne - - 41 ans - 6 mars 2013


Les miracles ? Ca n'existe pas ! 7 étoiles

Yotoga a parfaitement expliqué l'histoire et j'ai également pensé à une dérive sectaire tant le personnage de Jean ressemble à un gourou.
Les personnages sont assez attachant mais je dois avouer que la fin m'a laissé un peu pantois... Certes c'est un roman , certes (et pardonnez moi à l'avance chers CLiens) c'est un roman plutôt pour les femmes (On compare VTC à Anna Gavalda) mais j'ai toutefois un peu de mal avec les fins "Béni-oui-oui" .
La critique de la tyrannie des conseils psychologiques est plutôt bien vue .

Ndeprez - - 44 ans - 3 mars 2013


Tout a un prix! 9 étoiles

Je n'ai pas lu Providence (mais j'y vais de ce pas!) et pour cette découverte de l'auteure, j'ai passé un très très bon moment!
Je me suis plongée dans la lecture avec quelque anxiété...est-ce qu'on va pas faire du pathos, avec une histoire complètement invraisemblable. Eh bien non, tout est pensé, tout est "vrai"...jusqu'au financement de ce petit miracle ^^

J'ai vraiment passé un bon moment, et la morale de l'histoire ne me laisse pas indifférente: rien n'est jamais gratuit, et quand on pense aider quelqu'un, c'est souvent soi-même qu'on aide!

Prouprette - Lyon - 36 ans - 3 mars 2013