Homo Economicus , prophète (égaré) des temps nouveaux de Daniel Cohen

Homo Economicus , prophète (égaré) des temps nouveaux de Daniel Cohen

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités , Sciences humaines et exactes => Essais

Critiqué par Elya, le 12 janvier 2013 (Savoie - Dauphiné - Ardèche, Inscrite le 22 février 2009, 29 ans)
La note : 6 étoiles
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Les rapports de l'être humain avec l'argent

Après être passée devant ce livre toutes les semaines au supermarché, celui-ci étant exposé aux premières loges, j’ai fini par l’emprunter à la bibliothèque en ebook. Je voulais découvrir le type d’essai connu par le plus grand nombre ; les sortes de thématiques abordées ; les sources bibliographiques sur lesquelles l’auteur s’appuie. Daniel Cohen dont le nom m’évoquait vaguement quelque chose est économiste à l’Ecole Normale Supérieure et a écrit déjà d’autres ouvrages de vulgarisation économique. Je n’ai pourtant pas trouvé ses propos d’une clarté sans faille.

L’ouvrage suit un plan totalement arbitraire et qui ne nous est à aucun moment présenté. Daniel Cohen définit la notion centrale d’Homo Economicus (la tendance de l’homme « à maximiser son bien être à la manière d’une firme maximisant son profit ) seulement vers la moitié du livre.
Les références littéraires à des œuvres comme l’Odyssée d’Homère, Dr Jekyll et Mr Hyde abondent sans franchement apporter quelque chose de constructif, si ce n’est peut-être à l’égo de ceux qui les saisissent.

L’auteur use également beaucoup de l’argument d’autorité pour justifier ses allégations : tel prix Nobel de X a dit ça, sous-entendu si c’est lui qui l’a dit, alors on peut lui faire confiance. Mais ces passages là sont plutôt agréables si on les compare à ceux ne présentant aucune source comme celui-ci sur l’ « incohérence temporelle des préférences », cette inclination des hommes à s’adonner à des activités qu’ils regrettent ensuite d’avoir pratiqué.

Cependant, certaines anecdotes de cet ouvrage séduisent, comme celle-ci reprenant bien la thèse de l’ouvrage : « l’homme moral quitte la salle quand l’homo économicus y rentre ». Pour l’illustrer, D Cohen nous présente 2 études. La première montre que si on rémunère le don du sang, on trouve, contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, moins de donneurs. La seconde nous apprend que si l’on fait payer une amende à des parents d’enfants d’école maternelle arrivant en retard, alors ceux-ci seront encore plus nombreux à arriver en retard. Dommage que le lien vers ces études ne soit pas mentionné.

La théorie du psychologue Kahneman qui nous est contée est aussi pertinente ; l’homme tend à retenir 2 moments d’un évènement, le plus intense et le dernier. Ainsi on a montré que le coût psychologique d’une coloscopie diminuait si on laissait les gens plus longtemps dans la salle d’opération après le geste chirurgical. Dommage une fois encore que la référence de l’étude ne soit pas livrée, et que les critères méthodologiques de celles-ci ne soient pas détaillés. Cela pousse le lecteur à tout avaler ou à ne rien retenir.


Tout le livre se résume à cela ; l’évocation de théories, d’opinions et de faits intéressants mais exposés superficiellement, sans recul critique, sans même de liens entre eux. Après avoir terminé cet essai, on ne sait pas vraiment quoi en retenir, ni même le résumé. Un agréable brouillon en quelque sorte, dans l’air du temps.

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