Dix rêves de pierre
de Blandine Le Callet

critiqué par Ori, le 8 août 2013
(Kraainem - 81 ans)


La note:  étoiles
Dix nouvelles, tendres et pathétiques
J’apprécie de plus en plus Blandine Le Callet : après sa ‘Pièce montée’ (une noce BCBG racontée avec beaucoup de verve) ou encore sa ‘Lila K’ (une orpheline piégée par une administration orwelienne), la revoici qui nous livre ‘Dix rêves de pierre’, une série de nouvelles imaginées avec une grande créativité et construites à partir d’épitaphes réelles retrouvées par l’auteure, dans l’un ou l’autre des cimetières du monde …

En parcourant ces petits contes, tour à tour, tendres ou pathétiques, hilarants ou désespérés, il nous est donné de rencontrer, toute une kyrielle de personnages aussi fictifs qu’attachants. Certains ont vécu au 2è siècle avant notre ère, d’autres au Moyen Age ou encore à notre époque. Blandine Le Callet a tenté de nous les présenter dans leur vie quotidienne ou au cours d’un épisode crucial de leur vie, avant que la mort ne les fige.

‘Maman, tu as semé la zizanie entre tes enfants’ ou bien encore ‘Un ange au ciel’ sont certaines des épitaphes qui ont inspiré chez l’auteure ces nouvelles imaginaires d’une exceptionnelle qualité.
Tirez le rideau, la farce est terminée ! 7 étoiles

Blandine Le Callet (1969- ) est une romancière et essayiste française.
"Dix rêves de pierre" paraît en 2013.

Recueil de nouvelles (10) construites autour d'une épitaphe sur une pierre tombale.
Comme le dit justement Blandine Le Callet, "une épitaphe est une bribe de littérature qui appelle une histoire".
L'auteur va donc inventer 10 trajectoires de vie, plus ou moins mélancoliques, drôles ou tragiques.
De l'Antiquité au 21 ième siècle, en passant par le moyen-âge et l'ancien régime, nous suivons les derniers moments de vie du défunt
qui donneront lieu à l'épitaphe finale.

Une idée de départ très originale traitée avec plus ou moins de réussite (certaines nouvelles sont- à mon avis- assez fades)
Un agréable moment de lecture néanmoins.

Frunny - PARIS - 52 ans - 6 novembre 2017


Poétique tombale 9 étoiles

Belle découverte au hasard des rayons de la bibliothèque, ce livre de Blandine Le Callet m’a tour-à-tour surprise, émue, amusée, rendue rêveuse.
L’auteure imagine des histoires à partir d’épitaphes, elle nous livre d’abord son récit et nous révèle à la fin de chaque nouvelle l’épitaphe qui l’a inspirée.
Elle nous balade ainsi dans le temps de l’antiquité jusqu’à nos jours et dans l’espace, ces épitaphes se situent un peu partout dans le monde.
L’écriture est sensible, très imaginative, Blandine Le Callet s’implique jusqu’à nous livrer quelques pages autobiographiques.
Une jeune auteure que je prendrai plaisir à retrouver dans ses autres écrits.

Bafie - - 55 ans - 16 octobre 2013


R.I.P. 8 étoiles

Le sujet était pour le moins intrigant : Blandine Le Callet compose dix petites nouvelles à partir de dix épitaphes relevées au hasard de ses pérégrinations, sur dix pierres tombales : Dix rêves de pierre.
L’astuce consiste à nous raconter une petite histoire (dont on devine rapidement que l’un ou l’autre des protagonistes est mort et enterré depuis belle lurette) et de conclure par la fameuse épitaphe, comme la morale de l’histoire.
Les premières nouvelles sont un peu déroutantes, presque décevantes qui nous emmènent dans le passé, dans l’antiquité : cela nous éloigne et les premières histoires nous restent un peu étrangères, le temps ancien ajoute une distance supplémentaire à celle déjà présente de la mort.
Mais au fil des nouvelles présentées dans un ordre chronologique, tout cela se resserre autour de notre siècle et autour du personnage même de l’auteure : la dernière nouvelle est même autobiographique et se conclut par une étrange pirouette que la postface de Blandine Le Callet nous garantit authentique.
À mi parcours, la nouvelle des hortensias (celle des âmes d’enfants perdus dans les limbes) vaut à elle seule la visite du cimetière.
Rien de macabre dans tout cela : Blandine Le Callet entreprend seulement d’imaginer des histoires et des secrets perdus à jamais.
Quand les vivants sont là, il y a des sujets qu’on évite d’évoquer, des questions qu’on évite de poser, pour ne pas froisser, pour ne pas blesser. Mais quand les disparus nous ont quitté, il est trop tard et ils ont emporté avec eux ces secrets, ces non-dits … Alors il faut bien quelqu’un pour sortir tout cela de l’oubli et du néant.
C’est le travail entrepris par Blandine Le Callet, à sa façon, pour une dizaine d’entre eux.

BMR & MAM - Paris - 57 ans - 24 septembre 2013