La Paix des dupes
de Philip Kerr

critiqué par Andra, le 17 novembre 2014
( - 62 ans)


La note:  étoiles
Invraisemblable
Ceux qui ont été envoûtés par la Trilogie berlinoise seront très déçus. Kerr a perdu sa touche dans ce roman d'espionnage, dont les figures de proue paraissent bien fades, si on les compare à Bernie Gunther. Un germaniste bizarrement embauché par Roosevelt pour l'assister à la conférence de Téhéran, et un officier de l'armée allemande.

L'idée de départ est accrocheuse : un complot se trame en vue d'assassiner Staline, Roosevelt et Churchill qui doivent se rencontrer à Téhéran. Par ailleurs, on append aussi que des tractations secrètes se déroulent pour signer la paix... entre l'Allemagne et les États-Unis... ou la Russie. Cette hypothèse ne tient pas la route, pourtant elle servira de pivot à toute l'intrigue.

La rencontre entre Hitler, Staline et Roosevelt, à la fin du livre relève du plus pur délire.

L'auteur encombre l'histoire d'une pléthore de personnages secondaires que l'on a du mal à suivre. Le récit s'étire dans un méli-mélo de développements peu intéressant. L'action est distillée au compte-goutte tout au long de cette interminable brique de 660 pages. Un ratage complet.
Rendez-nous Bernie Gunther ! 2 étoiles

Je suis assez d’accord avec la critique d’Andra, dès lors que Philip Kerr (paix à son âme) s’est en quelque sorte fourvoyé en donnant la main à un autre personnage, un certain Willard Mayer, un intellectuel à la solde des services de renseignement américains, et non plus son fantastique Bernie Gunther.

Ce n’est pas seulement cela qui cloche dans le récit, qui parvient à ennuyer les adeptes les plus férus de l’histoire de la seconde guerre mondiale, avec un manifeste risque d’endormissement qu’est le passage où on évoque la traversée interminable du cuirassé USS Iowa vers l’Europe.

Il s’agit donc d’un des livres de l’auteur Britannique à éviter, même si çà et là on retrouve quelques bons passages, sans que la mise soit sauvée.

Pacmann - Tamise - 54 ans - 6 février 2019