Opéra sérieux
de Régine Detambel

critiqué par Elya, le 15 décembre 2012
(Savoie - 34 ans)


La note:  étoiles
Esthétique et poétique
« Le temps ne passe plus. Le temps est figé. La petite s’est dessinée une montre sur le poignet. Le temps égrène des minutes de chair pure. Car la voix qui monte de ses fonds a été crée pour altérer, séduire, empoisonner, pour tuer sans laisser de traces ».

Une alliance du corps à la poésie, des phrases aux sons, des images aux rêves. Régine Détambel manie les mots, les verbes et les adjectifs dans une esthétique parfaite, qu’on rêverait de réussir à imiter. On oublierait presque à la vue de la fluidité du texte que l’écriture se travaille.
Comme chaque roman de Régine Détambel, la précision du style compense la simplicité de l’histoire. J’ai souvent reproché à l’auteur le manque de profondeur de ses histoires. Opéra sérieux semble faire exception puisque nous voilà contée la vie entière d’une diva (Elina), depuis sa naissance où elle baigne déjà dans l’univers musical, jusqu’à l’apogée de sa carrière. Les vibratos, trémolos, et autres techniques de vocalise se prêtent à l’exploration minutieuse du corps humain dans ce qu’il a de plus mélodieux.

Régine Détambel situe son récit dans l’Europe tourmentée par l’holocauste, pour donner une touche plus historique et peut-être alors plus véridique à la carrière d’Elina. Il en résulte à nouveau une narration très courte à laquelle il est difficile de véritablement s’attacher. En revanche, l’originalité de son style nous subjugue encore et encore.
On ne s’en lasse pas.