Les désemparés de Jérôme Meizoz

Les désemparés de Jérôme Meizoz

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Sissi, le 10 décembre 2012 (Besançon, Inscrite le 29 novembre 2010, 49 ans)
La note : 7 étoiles
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"Vivre livre: au fond, je suis de papier tout entier"

Entre récit, poésie, conte et théâtre, Jérôme Meizoz dresse tout d’abord dans « Sans voix » le portrait de dix personnes, des gens de la rue, à la façon d’un peintre qui décrit visuellement et suscite émotions et interrogations, silencieusement.

« Celle-ci a de longs cheveux gris.
Leur sensualité ondulante tranche avec le temps marqué sur un visage cassé.
Elle demande un pièce. Se justifie en disant qu’elle attend le retour de « son amoureux ».
Qui va l’aider à patienter dignement ?
Elle déroule devant chacun sa fiction consolatrice :
L’amant lui reviendra bientôt.
A nouveau la vie sera pleine.
Si vous faites mine de douter, ni une ni deux : elle vous insulte. »

« celui-ci s’établit sur un banc.
Barbu, gros corps d’ours, mains poilues, dodues et baguées.
Il déroule son attirail : un caddie, un parapluie, le baladeur aux oreilles.
Son univers ainsi déployé autour de lui, dans un éternel habit training, ses yeux plongent dans un livre écorné. Un polar ?
En avril, je le vois au nord du pays, en juillet au sud-ouest.
Il prend des trains avec son paquetage et jette l’ancre sur des bancs.
Ses villégiatures semblent s’improviser avec une insouciance de riche.
Jamais il n’accorde la moindre attention aux passants.
Il ne mendie pas, semble se suffire à lui-même.
Il lit sans cesse, mais ne serait-ce pas toujours le même ouvrage ? »

Puis dans une deuxième partie, intitulée « Beaux parleurs », il revisite quelques souvenirs d’enfance, avant de nous faire voyager dans « Tombés du ciel », à la Havane, en Italie ou bien encore à Paris :

« La Seine est vert-de-gris et ce matin hésite,
je confie au hasard la plupart de mes pas.
Vas-y, mon cœur, vas-y : où, tu ne sauras pas.
Vas-y, mon cœur, vas-y : rue de la Truanderie,
Ou rue Paradis. »

On termine par une courte nouvelle « Conditions de survie des insectes en milieu préalpin », avec une succession de harangues qui nous invitent à nous questionner sur le monde moderne.

Un ouvrage plaisant mais qui manque un peu de cohésion dans les différents textes qu’il propose.

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