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La mort en été
de Yukio Mishima
Titre original : Death in midsummer : and other stories
Catégorie(s) : Littérature => Asiatique
critiqué par Saule, le 6 janvier 2003
(Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 46 ans)
La note:
Moyenne des notes :  (basée sur 2 avis)
Cote pondérée :  (6 920ème position).
Visites : 1 522 (depuis Novembre 2007)
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Soleil Meurtrier
Un recueil de dix nouvelles par le génial écrivain dans lesquelles rôde la mort, l’amour, l'honneur, la perversion, c'est-à-dire les thèmes récurrents d’un Mishima parfois cruel et morbide.
"La souffrance que contemplait Reiko flambait aussi fort que le soleil d’été, entièrement étrangère à la souffrance qui semblait lui déchirer l'âme".
Reiko c'est la jeune épouse qui assiste au suicide de son mari dans
'Patriotisme', la nouvelle centrale du recueil, une nouvelle d'une intensité dramatique incomparable, et je n’exagère pas : on est pris à la gorge et littéralement saisi d’effroi devant le suicide héroique de ce jeune couple.
Mishima met en scène un jeune lieutenant de l'armée impériale et son épouse fraîchement mariée, qui choisissent librement et d’un commun accord de se donner la mort, pour laver l’honneur de compagnons d’arme. Ayant appris la nouvelle à la radio d’un coup de force, la femme devine déjà seule ce qui les attend et se prépare tranquillement à son destin: rangements, empaquetage de colis,…avant le retour de son mari. Celui annonce à sa femme qu'il lui fait l'infime honneur d’être son témoin ; c’est d’abord le lieutenant qui s’ouvrira les entrailles selon le rituel du seppeku, assisté par sa femme, avant que celle-ci ne soit autorisée à se trancher la gorge.
Viennent les derniers préparatifs (lettres d'adieux, prières) et la dernière étreinte charnelle d’une brûlante intensité. Ensuite Mishima décrit en détail ce qui pour lui représente la beauté ultime; le suicide rituel, la destruction d’un corps jeune et beau, pour l'honneur et par un acte d’une violence et d’un courage inouï. Après s’être ouvert le ventre, malgré la douleur atroce, il faut avoir la lucidité et la force de faire glisser le sabre jusqu'à laisser sortir les entrailles. Accrochez-vous, c’est prenant. Un aperçu ;
"Mais, saisi d'une violente nausée, le lieutenant laissa échapper un cri rauque. Vomir rendait l'affreuse douleur plus affreuse encore, et le ventre qui jusque-là était resté ferme, se souleva brusquement, la blessure s’ouvrit en grand et les intestins jaillirent comme si la blessure vomissait à son tour".
Cela nous glace d’autant plus lorsqu'on sait que Mishima a lui-même effectué le suicide rituel, en public. C'est sa propre mort que l’auteur mettait en scène dans cette nouvelle (notons cependant que Mishima avait l’aide d'un assistant, ce qui est courant, assistant qui tranchait la tête du suicidé pour lui abréger les souffrances).
Les autres nouvelles sont de moindre intensités, et assez inégales. Comme à son habitude Mishima manie avec aisance l'ironie dans les Perles. La mort, l’amour et l'honneur sont présents dans la plupart des autres nouvelles. Notons la parution en Folio (ÔDojoji et autres nouvelles‘, dans la collection 2 euros) des quatre meilleures nouvelles du recueil.
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