César Birotteau de Honoré de Balzac

César Birotteau de Honoré de Balzac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Pierre-André, le 21 novembre 2012 (Inscrit le 18 octobre 2012, 28 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (31 437ème position).
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La dernière symphonie d'un coeur simple

Nous sommes bien au cœur de la vie parisienne avec cette famille Birotteau si unie dans son bonheur comme dans son malheur.
Malgré un vocabulaire financier qui peut être pesant dans certaines descriptions, Balzac nous fait magnifiquement découvrir le milieu petit-bourgeois parisien.

Ce pauvre César, parfumeur parisien, chevalier de la légion d’honneur, etc… est un cœur pur, auquel il arrivera bien des malheurs à cause de sa naïveté. On retrouve ce cette nature d’homme honnête qui se laisse abuser par ceux qui l’entourent comme dans bien des œuvres de Balzac.
Ici, le personnage sera ruiné, par son entourage et il devra suite à sa faillite rembourser ses créanciers et expier sa faute, ainsi que celle des autres.

En écho de ce malheur, Balzac vient faire résonner la 5° symphonie de Beethoven dans leur cœur du pauvre César.

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L'ascension et la chute d'un commerçant parisien sous la Restauration

8 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 62 ans) - 20 octobre 2013

Dans ce roman, nous faisons la connaissance d’un personnage, maître parfumeur de son état, parti de rien et devenu, à force de travail et d’acharnement, un commerçant respecté et prospère dans ce Paris de la Restauration. En effet, César Birotteau est enfin heureux. Son épouse est une beauté de même que sa fille. Les deux femmes l’aiment d’un amour inconditionnel et jouissent enfin d’un luxe durement gagné par le parfumeur. Récipiendaire de la Légion d’honneur, César décide de donner un grand bal afin de fêter l’événement. Mais, les factures ne tardent pas à jeter une douche froide sur le bel enthousiasme de César. Le malheur s'abat sur la petite famille avec la fuite d’un notaire, emportant avec lui l’argent des Birotteau et les précipitant dans la ruine et la disgrâce. Commence alors pour le parfumeur un calvaire dont sa pauvre constitution et son sens de l’honneur et de la probité constituent de bien faibles défenses face à ce gouffre financier s’ouvrant sous ses pieds.

Balzac met l’accent sur les rouages du commerce parisien au détriment des sentiments et de l’histoire personnelle des personnages. Si vous ne connaissez pas le processus de la faillite de ce temps, vous aurez droit à un véritable cours, que dis-je, un traité détaillé de tout ce qu’une faillite sous la Restauration représentait et vous apprendrez comment les différents intervenants sont recrutés. Balzac compare ce processus à une pièce de théâtre et sa description des différentes étapes de la faillite est de toute beauté, enfin pour ceux qui apprécient ce genre de récit.

Cette oeuvre, importante dans l’œuvre du grand romancier, nous permet de retrouver des personnages déjà rencontrés dans d’autres romans comme par exemple l’usurier Gobseck. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé certains d’entres eux dont entre autres l’épouvantable Molineux vivant chichement dans son appartement sale et accumulant des richesses sous des dehors de misère. Les femmes ne sont pas trop niaises mais la femme et la fille de César sont un peu trop vertueuses et saintes à mon avis. Heureusement ce côté angélique féminin est contrebalancé par le personnage de madame Madou, cette commerçante de noix en gros, maîtresse femme forte comme un homme et ne craignant presque rien. Nous retrouvons aussi les maîtresses dépensières et rusées grugeant sans vergogne la fortune de leurs soupirants.

Je reproche à Balzac une fin un peu trop heureuse mais c’était sans compter sur l’intelligence du romancier qui nous réserve un retournement de situation de son cru à la toute fin du volume. Bref, un roman qui se déroule dans le milieu du commerce parisien sous la Restauration très instructif mais qui demande un certain effort car certains passages sont assez arides.


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