Cons de Juan Manuel de Prada
(Coños)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Bolcho, le 27 octobre 2012 (Bruxelles, Inscrit le 20 octobre 2001, 69 ans)
La note : 8 étoiles
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Condisciples, conjurés, confidents : oyez !

Un exercice. Un objet étrange se situant entre l’écriture automatique et la prose sophistiquée à l’extrême. Une sorte de Queneau qui serait devenu enchevêtré, érudit, salace. Une débauche totale, mais surtout une débauche d’épithètes, parce qu’on est dans le baroque, anatomique certes, chirurgical presque, chirugueresque parfois ou même – qu’on me pardonne – « roconcon ».
L’auteur le dit lui-même : « Cons a été écrit sous le signe de l’énormité ludique ». Il nous parle des cons ; celui des inconnues, des somnambules, des vierges, de la voisine d’en face, de tante Lorette, des momies, des ménopausées, des poupées, des anges, etc, une bonne cinquantaine en tout. Tout en restant parfaitement poli.
Exemples :
- Les mariées vêtues de vêtements compliqués en couches successives : « le con des jeunes mariées est le cœur de l’oignon ».
- « Le con de ma fiancée, dont la touffe noire atteint presque le nombril (je hais ces cons rasés esclaves du cache-sexe ou des vacances au Club) (…) »
- « Je tempère la rudesse du con de mes maîtresses ménopausées à grands renforts de salive ; je suis le taxidermiste de leur con, l’empailleur de cet animal dont le cœur bat encore, bien qu’il ait perdu tout son sang ».

Comment, suite à cette lecture déconcertante qui pèse sur l’inconscient, ne pas se convaincre que tous les mots convergent, mystérieusement connectés, pleins de connivences et de confusions, et qu’ils vous confirment l’un après l’autre que, même dans le continent sacré de la religion, par exemple, il n’est qu’un son qui contienne la vérité consacrée, puisque dans les églises, au confessionnal, dans les consistoires, à confesse la bien nommée, dans les congrégations, il est impossible d’y échapper. Par exemple, le prêtre confit consent à marier le futur conjoint (qui jette des regards concupiscents sur sa conquête) et la future conjointe (prête à donner son consentement) afin que leurs ébats conjugaux ne soient plus condamnables mais conformes à l’ordre convenu – et congelé - des choses. Je ne m’en consolerai jamais.

Suite à mon ci-dessus considérable pensum sans concession - prêtant certes à controverse et confinant à la complicité de duplicité - je ne suis pas sûr d’avoir œuvré à la conversion de mes concitoyens, mais au moins ai-je assez dit mon admiration pour le confort du conduit de nos consœurs…
Et je quitte la scène, contrit et rubicond.

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