Cuisine tatare et descendance de Alina Bronsky

Cuisine tatare et descendance de Alina Bronsky
(Die schärfsten Gerichte der tatarischen Küche)

Catégorie(s) : Littérature => Russe

Critiqué par Yotoga, le 10 septembre 2012 (Inscrite le 14 mai 2012, - ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 382ème position).
Visites : 2 254 

une grosse claque !

Voici l'histoire de trois femmes tartares, racontée par Rosalinda, la grand-mère. Sa fille Sulfia tombe enceinte d'Aminat. Après deux mariages et plusieurs possibilités d'émigration, elles partent toutes les trois pour l'Allemagne.

Premièrement, il faut arriver à comprendre la psychologie de Rosalinda.
Elle a un caractère de chien, elle est persuadée faire partie d'une race supérieurement intelligente et descend complètement sa fille, une ratée d'après elle, dès les premières lignes.
Par contre, elle adore sa petite fille Aminat et fait complètement impasse sur le fait qu'elle n'est pas sa mère. Enfin, elle est prête à vendre Aminat à un pédophile pour sortir de Russie...
L'amour à la Rosalinda c'est dur, carré, au bord de la haine, sans pardon.

Si vous avez aimé Charlotte de L.Tremblay d'Essiambre, et les rapports mère-fille, alors ce livre est pour vous. Pour moi ce comportement est incompréhensible. Comment une mère peut bousiller la vie de sa fille ?

Ensuite, le livre confronte à la réalité de la lutte pour la survie dans l'URSS des années 80 et au décalage en arrivant en Allemagne de l'Ouest. Mais malheureusement, Rosalinda est tellement persuadée d'elle même, qu'elle ne voit pas le mal qu'elle fait autour d'elle. L'auteure n'a rien laissé au hasard.

En dernier plan, se trament diverses recettes de mets tartares, mais la priorité dans le titre ne correspond pas à l'importance minime dans le livre. L'auteur a su très bien doser.

Enfin, ce livre est parfaitement traduit. Moi qui ne lit que des originaux, j'avoue que cette fois ci, ça a valu le coup.

Connectez vous pour ajouter ce livre dans une liste ou dans votre biblio.

Les éditions

  • Cuisine tatare et descendance [Texte imprimé], roman Alina Bronsky traduit de l'allemand par Isabelle Liber
    de Bronsky, Alina Liber, Isabelle (Traducteur)
    Actes Sud / Lettres allemandes (Arles).
    ISBN : 9782330005306 ; EUR 23,40 ; 10/03/2012 ; 330 p. ; Broché
»Enregistrez-vous pour ajouter une édition

Les livres liés

Pas de série ou de livres liés.   Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série

une grand mère "attachiante"

10 étoiles

Critique de Rotko (Avrillé, Inscrit le 22 septembre 2002, 45 ans) - 31 mars 2014

Alina Bronsky, née en 1978 dans l’ex-Union soviétique, est arrivée en Allemagne à l’âge de 13 ans. Journaliste, elle vit à Francfort. Cuisine tatare et descendance, paru en 2010,chez Actes Sud, est son deuxième roman.

Rien ne préparait la grand-mère, Rosalinda, à la naissance d’une petite fille, à se demander, même, si Sulfia, la mère de l’enfant inattendu, a bien réalisé ce qui se passait, elle qui dit «l’ avoir conçu pendant un rêve ! »

Pour Rosalinda, il s’agit avant tout, après quelques hésitations, de faire l’éducation de la fille sans père. Elle ne peut compter sur sa fille Sulfia, cette « incapable», dit-elle, dont elle ne surestime pas les capacités !! Loin de là !

Rosalinda prend tout en charge, les démarches auprès des institutrices, l’éducation de la sauvageonne, les remariages possibles et successifs de Sulfia, pour qu’Aminat ait un foyer stable ou qu’elle puisse s’épanouir à l’étranger où, chacun le sait, les conditions matérielles, et intellectuelles sont idéales…

Les chapitres sont courts, alertes, et drôles, d’autant que Rosalinda raconte sans précautions oratoires ses efforts, ses mésaventures, ses chagrins - et ses stratagèmes compliqués, souvent efficaces.

C’est un personnage despotique, médisant, intrusif, et pourtant attachant dans sa façon de présenter ses actions et intentions. Elle n’est pas non plus d’un bloc, comme les autres personnages qu’on voit évoluer, nous surprendre, et gagner notre sympathie.

Dans chaque chapitre on trouve des données quotidiennes sur la vie en URSS, les logements collectifs, la pénurie de certains produits, le marché noir, la corruption en tous domaines, et tout est très bien intégré dans l’histoire qui montre le féroce appétit des citoyens soviétiques, et de personnages du roman pour aller mieux vivre ailleurs, ie en Occident, par tous les moyens - y compris des intrigues sentimentales ourdies par l’infatigable et attachante grand-mère !

Un livre que je recommande, car très drôle avec une intrigue bien menée, et des personnages fouillés.

« Sufia, ai-je déclaré un matin, il te faut un mari ».

Sulfia était en train de dissoudre une cuillerée de café en poudre dans sa tasse. La boîte était presque vide ; dans deux jours, nous n’aurions plus de café et aucune chance de nous en procurer avant longtemps. Je ne pensais pas avoir dit quelque chose d’extraordinaire. Mais Sulfia, la petite Sulfia calme et laide au regard sévère, a alors jeté sa tasse par terre en hurlant.

Elle s’est mise à crier que je ne devais plus jamais me mêler de sa vie […]

A l’évidence, Sulfia était au bord de la crise de nerfs. Je ne me suis donc pas arrêtée sur ce qu’elle disait. Dans se moments de folie, elle débitait parfois de horreurs Mais je n’étais pas rancunière

« Sulfia, ai-je dit affectueusement. Tu ne comprends donc pas que c’est pour amines ? Dans ce pays, il n’y a aucun avenir pour elle. Il va l’engloutir et ne recrachera pas même son squelette. Il fait que tu te trouves un étranger. »

Forums: Cuisine tatare et descendance

Il n'y a pas encore de discussion autour de "Cuisine tatare et descendance".