Le goût du rock'n'roll
de Auteur inconnu

critiqué par Numanuma, le 13 août 2012
(Tours - 45 ans)


La note:  étoiles
Le petit livre rouge du rock?
Il y a parfois des bouquins qui ne prennent pas leurs lecteurs au sérieux à force de vulgarisation. Ici, c’est flagrant et franchement dommage. En quatrième de couverture, on lit cette énormité : « Nuit du 5 au 6 juillet 1954, studio Sun Records de Memphis, Tennessee : le jeune Elvis Aaron Presley, apprenti-camionneur de Tupelo, Mississippi, 18 ans et demi, enregistre son premier single, That’s All Right (Mama) : le rock’ n roll vient de naître ! »
Ce n’est pas une découverte récente : le premier titre jamais enregistré par Elvis l’a été durant l’été 1953 et s’intitule My Happiness. Elvis l’a enregistré pour sa mère adorée et c’est à cette occasion que la standardiste de Sun Records l’a remarqué. C’est grâce à elle qu’il pourra revenir chez Sun pour y enregistrer le titre cité plus haut.
Certes, on pourra ergoter sans fin sur le fait qu’il s’agit effectivement de son premier single en ce sens que My Happinness a été enregistré à titre privé et pas dans une optique de vente mais il reste cette vérité : sans ce premier titre confidentiel, Elvis ne serait jamais devenu Elvis.
Ensuite, si cette date du 5 au 6 juillet 1954 est effectivement souvent utilisée comme date de naissance du rock’ n roll à l’intention des néophytes, le débat continue parmi les spécialistes. En effet, on trouve d’autres dates possibles, comme celle de l’enregistrement de Rock Around the Clock, du vieillissant chanteur country Bill Haley, le 12 avril 1954, sorti le 15 mai de la même année, soit deux mois avant le titre d’Elvis ou encore le Rocket 88 de Jackie Brenston enregistré le 5 mars 1951, également chez Sun.
Ensuite, si l’idée générale de ce petit ouvrage est plutôt alléchante, soit connaître des fragments de « quelques textes fondateurs sur l’histoire et la définition du rock » écrits par des plumes plus ou moins intéressantes ou par des rockeurs eux-mêmes, excellente initiative, le format de cette collection de permet pas du tout de s’y retrouver et les choix des extraits est évidemment discutable, c’est le principe même de ce genre de liste. Je reconnais malgré tout une volonté de sortir des sentiers battus puisque nombre d’auteurs cités ici me sont inconnus et, sans vouloir trop me la raconter, je commence à avoir beaucoup sur le sujet.
J’ai particulièrement apprécié de voir une place laissée au regretté Christian Blachas, fan d’Elvis devant l’Eternel, qu’il est parti rejoindre récemment mais comme Elvis est éternel, il est fan de Lui devant Lui, tout va bien…
Cependant, comme je l’ai dit, le format particulier de cette collection « Le goût de… », parue au Mercure de France, 99 pages avec une taille de livre minuscule, ne permet pas de se pencher à fond sur le sujet. Les extraits choisis ont bien souvent trop courts et pas toujours pertinents. Mais là encore, tout est sujet à controverse.
Une petite taille, une couleur rouge sombre d’un très bel effet, voici une sorte de bréviaire rock’n roll qui peut avoir son utilité qui est plutôt sympathique et original dans son contenu si l’on excepte l’énorme réserve que j’indique en début de chronique. Le petit livre rouge rock ?