L'empreinte à Crusoé de Patrick Chamoiseau

L'empreinte à Crusoé de Patrick Chamoiseau

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par CC.RIDER, le 10 août 2012 (Inscrit le 31 octobre 2005, 61 ans)
La note : 4 étoiles
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Poético-philosophique ?

Après vingt années de solitude sur son île déserte, Robinson Crusoé découvre soudain une empreinte de pied humain sur le sable de la plage qu'il a arpenté tant de fois. Pour lui, c'est une révélation, un bouleversement, un cataclysme. Y aurait-il un autre homme quelque part dans le royaume qu'il s'est péniblement créé ? Il commence par paniquer puis rassemble des cadeaux et se lance à la recherche de cet inconnu. Mais plus il fouille l'île jusque dans ses moindres recoins, moins il se rapproche de la découverte attendue. Pendant ce temps, le capitaine d'un vaisseau négrier consigne d'étranges notes dans son journal de bord.
Quand, après Michel Tournier, Patrick Chamoiseau s'attaque au mythe de Robinson Crusoé, le résultat est pour le moins surprenant. Plus d'aventures, plus de romanesque classique, mais une sombre narration erratique, une agaçante logorrhée descriptive qui, si elle est parfaitement adaptée à l'état mental particulièrement perturbé du solitaire, reste assez pénible à lire. Et pour encore aggraver le pensum, Chamoiseau a pris le parti de se passer de majuscules et de points. Il accumule les points-virgules pour lesquels il semble s'être pris de passion. « Le point-virgule, dit-il, est un passeur d'énergie. Je le découvre. Sorte de contrebandier très cool que les belles-lettres ont pourtant traité comme petit télégraphiste de la nuance. Erreur. » ou « Le point-virgule s'est imposé, je ne sais pas pourquoi, peut-être l'idée du flux de conscience, de l'instabilité mentale, de la saisie qui ne raconte pas. » Nous ne lui faisons pas dire. Car au-delà des deux cent pages d'élucubrations de son Robinson frapadingue, il ne se passe pratiquement rien. Cette nouvelle version ne fait que reprendre les thèmes africanisants habituels sur lesquels nous ne nous étendrons pas pour ne pas déflorer une fin décevante. Il va sans dire que si le lecteur n'avait pas été contraint, par « conscience professionnelle », de lire ce livre jusqu'au bout pour pouvoir en donner critique dans le cadre du prix Océans, il aurait abandonné au bout de trente pages tant cette histoire est indigeste et insipide. Il ne suffit pas d'accumuler mots, phrases, tournures pompeuses et de se réclamer de Parménide, Héraclite, Saint John Perse, Glissant, Césaire, Walcott et Faulkner (« tous nombreux et obscurs », précise-t-il) pour produire un chef d'oeuvre poético-philosophique !

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