Explorateurs de l'abîme
de Enrique Vila-Matas

critiqué par Aaro-Benjamin G., le 7 août 2012
(Montréal - 54 ans)


La note:  étoiles
Morceaux choisis
Le titre de ce recueil laisse présager un univers sombre et profond mais on y retrouve plutôt l'habituel humour cocasse de l'auteur et sa manière de vagabonder autour de personnages pour nous raconter anecdotes et situations particulières.

Les textes sont souvent abstraits. D'ailleurs plusieurs font penser à l'Argentin Borges. Dans "Sang et eau" Vila-Matas avoue qu'il a de la difficulté à se débarrasser de ses habitudes de romancier et se consacrer à la nouvelle traditionnelle avec des personnages communs: « J'ai sué sang et eau avec les sécrétions et les exsudations de mes personnages, j'ai fait des efforts incroyables pour manifester de l'intérêt pour l'existence normale des gens normaux. »

La science fiction et le fantastique se pointent ici et là au milieu des petits récits. Il est question de matière obscure, de mondes parallèles et autres. Dans le genre, ma nouvelle favorite est "Illuminé" dans laquelle l'existence du narrateur est liée à celle d'un autre garçon: « Non seulement il était né une heure avant moi, le même jour et la même année, mais en plus il lui arrivait des petits malheurs qui m'arrivaient presque aussitôt à moi. »

Pour une rare fois, l'ensemble des textes sont rassemblés sous un thème cohérent et sont en quelque sorte complémentaires. Néanmoins, je ne peux affirmer que les personnages bizarres m'ont captivé. L'aspect surréel toujours présent éteignait toute possibilité de connexion. De plus, l'absence de chutes à la fin des nouvelles me donnait l'impression de lire pour rien.

Intéressant, mais à réserver à ceux qui sont déjà conquis par Vila-Matas.