Formose
de Li-Chin Lin

critiqué par JulesRomans, le 5 août 2012
(Nantes - 66 ans)


La note:  étoiles
Une jeunesse chinoise à Taiwan
Li-Chin Lin est une Taiwanaise (née en 1973) qui réside en France depuis quelques années et elle anime des ateliers de création de BD en Rhône-Alpes. Influencée par les mangas japonais et certains auteurs de BD de Hong-Kong et de Taiwan, elle connaît très bien également les productions de l’école franco-belge. Le récit de cet album couvre la jeunesse de son auteur et le discours autobiographique se veut parsemé de touches naïves. Le style du graphisme est en parfaite adéquation avec ce contenu. On ne se pose jamais la question de l’ordre de lecture malgré l’absence de tracé des cadres de vignette sur la très grande majorité des pages. Le lecteur aura intérêt à commencer l’album par la fin. L’avant-dernière page est intitulée “Repères“ ; elle donne les bases nécessaires sur l’histoire de l’île du début du XVIIe à nos jours. La postface qui la précède juste avant est également à découvrir avant d’attaquer les pages de BD pour une première lecture faite d’une bonne compréhension de l’ensemble des informations véhiculées. L’album montre comment l’enseignement à Taiwan survalorisait la culture chinoise traditionnelle et que celle-ci évoquait des univers continentaux situés entre le Fleuve jaune et le Fleuve bleu parfois bien étrangers à l’univers tropical de Taiwan à la population d’origine austronésienne. La mainmise politique de l’appareil nationaliste du Kuomintang (Guomintang) est largement dénoncée et l’auteure ne cache pas ses sympathies autonomistes. Le livre de notre auteure est une aide pour mieux comprendre les enjeux géostratégiques en mer de Chine au début du XXIe siècle.