Les Saisons de la solitude de Joseph Boyden

Les Saisons de la solitude de Joseph Boyden
(Through Black Spruce)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Isad, le 30 juillet 2012 (Saint-Germain-en-Laye, Inscrite le 3 avril 2011, 57 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (19 271ème position).
Visites : 1 750 

Quand on trouve ce que l’on ne cherche pas

Nous sommes dans le grand nord canadien dans la réserve des indiens Cree. L’histoire se raconte en chapitres alternés du point de vue d’Annie qui veille Will, son oncle dans le coma.

Les actions et les pensées des protagonistes expriment leur ressenti quant à la vie simple de trappeur et les conditions précaires de survie dans la forêt face aux éléments et aux animaux sauvages. La solitude du chasseur qui se réfugie dans des zones pratiquement désertes car il se satisfait de lui-même ou veut fuir ses semblables, qu’il regrette cependant, est abondamment décrite. L’autre versant montre le milieu de la jet-set internationale avec ses mannequins et DJ, ornements fugaces qui sont autorisés à y participer en fonction des caprices des fortunés de ce monde.

L’amitié et l’amour, le remord et la peur font partie aussi des ingrédients de ce livre. L’alcool (remède à la solitude ou cuite entre amis) et la cigarette, sont omniprésents de même que l’ectasy des fêtes nocturnes qui désinhibe pour la nouvelle génération.

IF-0712-3914

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Première déception au rayon Boyden

6 étoiles

Critique de BMR & MAM (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 57 ans) - 3 juin 2014

Après le si remarquable Chemin des âmes (à lire impérativement !!!)
après les nouvelles coup de poing de Là-haut vers le nord, ...
voici le troisième bouquin de Boyden : Les saisons de la solitude.
On a beau retrouver là encore tous les thèmes chers à cet auteur sur la démolition de la nation indienne perdue par les ravages de l'alcool et des autres bienfaits apportés par la civilisation occidentale, rien n'y fait on n'a pas réussi à entrer dans cette histoire.
Ou plutôt dans ces deux histoires puisque les chapitres alternent les souvenirs d'un vieil indien dans le coma après sans doute un accident ou une bagarre mortelle et les monologues de sa nièce venue le veiller à son chevet d'hôpital, nièce qui évolue dans les milieux branchés de la mode et de la jet-set de Montréal à New-York.
On finit même par ne plus lire qu'un chapitre sur deux (ceux du vieil indien bien sûr).
Dommage. Et que cela ne vous empêche pas de découvrir le Chemin des âmes !

Puissant, fascinant, passionnant…

10 étoiles

Critique de FranBlan (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 75 ans) - 4 janvier 2014

Joseph Boyden est un écrivain canadien aux origines métissées: irlandaises, écossaises et autochtones.
Ce troisième ouvrage, un deuxième roman, Through Black Spruce (titre original), lui a mérité le Scotiabank Giller Prize en 2008, la plus haute récompense littéraire anglophone accordée au Canada.

Ce roman est une suite évidente à son premier roman Three Day Road; au tout début, Will Bird, ancien pilote de brousse, médite sur un rêve récurrent des trente dernières années où il tente en vain d’escalader le mur du pensionnat de Moosonee en Ontario à la façon d’Ahepik, l’homme-araignée Cree, afin de sauver les enfants littéralement arrachés à leurs parents et emprisonnés dans cet endroit maudit.
Les répercussions de ces traitements inhumains infligés aux habitants des Premières Nations sont omniprésentes tout au long de ce roman.
Aucune allusion directe à la psychose permanente suite aux sévices physiques et sexuels subis, simplement la conflagration en résultant, le contre-coup…

La disparition des moyens traditionnels de survie de ces peuples autochtones est un thème cher à l’auteur.
Comme le décrit Annie, la nièce de Will, l’autre voix de ce récit: «Les Crees de cette région sommes passés de la vie de nomades à chasser, trapper et à échanger les fourrures pour notre survie, à vivre dans des maisons construites de bardeau et à pousser des carosses d’épicerie grinçants le long d’allées remplies d’articles trop chers et de malbouffe. Nous sommes, selon selon l’état d’esprit colonial, devenus civilisés!»

Au-delà d’un tel déclin insidueux, la communauté de Moosonee est affligée d’un grave problème de drogues illicites.
Les Netmakers, une famille locale, distribuent de la cocaïne et du crack avec l’aide d’un réseau de motards criminalisés.
Au début du roman, nous apprenons que Suzanne, la soeur cadette d’Annie s’est enfuie en compagnie de Gus, le plus jeune membre du clan Netmaker; la jeune femme ayant réussi à s’implanter comme mannequin-vedette à New York, a depuis disparu.
La quête d’Annie afin de retrouver sa soeur nous tient en haleine tout au long du récit…, alors que l’oncle est aux prises avec le grand sorcier des remords.

Joseph Boyden est un raconteur de grand talent, un homme de peu de mots, qui sait dès les premières phrases nous entraîner dans son univers, sans aucune résistance, d’où nous ressortons ébahis, émus, épatés, pas tout à fait indemnes…

N.B. Lu en version originale canadienne-anglaise

Démons et merveilles de la culture Native américaine

9 étoiles

Critique de Lejak (Metz, Inscrit le 24 septembre 2007, 42 ans) - 11 novembre 2012

Annie, jeune indienne Cree du nord du Canada parle à son oncle allongé sur un lit d'hôpital en lui tenant la main. Elle lui raconte comment elle est partie à la recherche sa sœur Suzanne, évanouie dans la nature.

Son oncle Will est en effet plongé dans le coma. Il évoque de son côté son histoire et sa tragique destinée, en s'adressant à ses nièces comme dans une prière.

Annie part donc sur les traces de sa jeune sœur et se trouve plongée dans le milieu du mannequinat. Ces gens revoient en elle Suzanne et la lancent à son tour sous les feux des projecteurs, mais aussi des mêmes dangers : alcool, drogue, fréquentations peu recommandables.
Mais des bas fonds de Toronto dans lesquels vivent des Indiens échoués, Annie va se trouver un ange-gardien qui veillera sur elle.

De son côté, Will a maille à partir avec une brute, un chef de gang : Marius. Ce dernier contrôle le marché de la drogue sur Moosonee, petite ville Indienne perdue dans le grand Nord. Il a apporté avec lui la violence, dont Will est une cible bien malgré lui ...

Ce roman est parfaitement ancré dans le monde actuel ; les personnages sont confrontés aux pires aspects de la civilisation moderne jusqu'au cœur de leur territoire, pourtant si éloigné des grandes mégalopoles.
Mais la magie du monde secret des Indiens n'a pas encore totalement disparu ; elle flotte autour des personnages, tel un héritage de leurs ancêtres, et les guide dans l'ombre des doutes et des moments difficiles.

Magnifique roman.

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