Home de Toni Morrison

Home de Toni Morrison
(Home)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Tanneguy, le 6 octobre 2012 (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 81 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 790ème position).
Visites : 3 483 

Une recette éprouvée...

Oui, Toni Morrison utilise pour sa dernière production les mêmes recettes qui ont fait son succès. On reconnaît bien son style et on l'apprécie (en tout cas en ce qui me concerne).

Il s'agit cette fois des années 1950 et des suites de la guerre de Corée pour un jeune Noir du Sud qui s'est engagé, a vu des choses épouvantables et hésite à retourner au pays où l'attendent des souvenirs parfois difficiles.

Par petites touches légères, l'auteur nous fait toucher du doigt ce que pouvait être à cette époque, déjà lointaine, la vie dans une communauté noire rurale aux Etats-Unis.

Beaucoup de poésie ; j'ai aimé...

Connectez vous pour ajouter ce livre dans une liste ou dans votre biblio.

Les éditions

»Enregistrez-vous pour ajouter une édition

Les livres liés

Pas de série ou de livres liés.   Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série

Attachant

7 étoiles

Critique de Krys (Haute-Savoie, Inscrite le 15 mars 2010, 37 ans) - 12 septembre 2019

Je lis ce roman après Beloved, qui a été mon premier Morrison. Même atmosphère, même écriture. Mais ce roman m'a plu : court, personnages attachants, rythme plutôt rapide. On s'imagine très bien dans l'Atlanta des années 50!
Sans être un grand roman, Home est un très bon récit.

Il marche

10 étoiles

Critique de Paofaia (Moorea, Inscrite le 14 mai 2010, - ans) - 9 novembre 2013

Puisque vous tenez absolument à raconter mon histoire , quoi que vous pensiez et quoi que vous écriviez, sachez ceci: je l'ai vraiment oublié, l'enterrement . Je ne me souvenais que des chevaux. Ils étaient tellement beaux. Tellement brutaux. Et ils se sont dressés comme des hommes.

C'est le tout début de ce très beau roman qui nous raconte le voyage de Frank qui marche pour sauver sa soeur. Voyage physique, mais aussi dans le temps . Nous sommes dans les années 50, le Civil Rights Act ne sera voté qu'en 1964, et les lynchages de noirs, à l'époque, rajoutaient un peu de piment aux pique-niques. Frank est vétéran de la guerre de Corée , torturé par ses angoisses , ses remords et ses pertes. Mais il marche de Seattle à Lotus en Géorgie, il faut au moins qu'il sauve sa soeur ...

Je ne sais trop quoi écrire sur ce roman qui est, volontairement, tellement dépouillé de tout artifice d'écriture mais dans lequel chaque phrase est pensée , travaillée, qu'en raconter plus serait trop en dire pour un futur lecteur. Sauf que je l'ai trouvé magnifique.

une histoire noire.

5 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 60 ans) - 6 mai 2013

Je n'avais lu de Toni Morrison que "l'oeil le plus bleu" et j'avais été séduit. Je suis surpris d'ailleurs de constater qu'il n'a pas été critiqué ici !
Toni Morrison c'est du sérieux : Lauréate du Pulitzer et Nobel de littérature... excusez du peu.
Je m'attendais donc à une explosion de négritude, un boum intense, un sirop, un nectar. Hélas j'ai été déçu. J'attendais trop peut-être. Le roman est de petite taille et le texte est confus. Il y a d'excellents passages mais j'ai eu une impression de désordre.
Une seconde lecture permettrait sans doute une meilleure approche.

Ici se dresse un homme

8 étoiles

Critique de Alma (, Inscrite le 22 novembre 2006, - ans) - 10 mars 2013

Home : un roman bref, mais dense et attachant à plus d’un titre.

Un roman où s’entrelacent les deux voix du narrateur et du personnage central. La voix de Franck (aux chapitres impairs en italique) vient s’intercaler entre les chapitres pairs comme pour marquer son regard constant sur le travail du narrateur « Puisque vous tenez absolument à raconter mon histoire », « ne me dépeignez pas comme un héros enthousiaste ». La voix d’un soldat démobilisé hanté par les fantômes de la guerre de Corée , qui après avoir noyé ses cauchemars dans l’alcool et les mensonges se libère enfin du secret qui n’ a cessé de le hanter.

Home se présente aussi comme le récit de la reconquête de soi . En gravant la phrase « Ici se dresse un homme » sur l’écriteau de bois qu’il place sur la tombe de l’inconnu autrefois jeté dans un trou comme un chien, Franck restitue à cet inconnu sa dignité d’homme , dignité perdue dans un combat « de chiens » que les Blancs, pour se distraire, l’avaient contraint à mener. Cette phrase, en raison de la place qu’elle occupe dans la dernière page du roman traduit aussi ce qu’est enfin devenu Franck : un homme qui vient d’enterrer les fantômes de son passé, un homme qui après avoir « caché sa culpabilité et sa honte sous le deuil spectaculaire de ses copains disparus » vient de confesser le meurtre de la petite Coréenne et ose enfin se regarder en face . En obligeant Cee à être témoin de l’ensevelissement, dans la courtepointe qu’elle a cousue, des os de l’homme resté 20 ans sans sépulture, « en se forçant à ne pas détourner les yeux, à ne pas être l’enfant terrifiée qui ne pouvait supporter de regarder en face le massacre ayant lieu dans le monde, aussi impie soit-il », il donne à celle-ci l’occasion d’accéder à une étape nouvelle, celle où elle va prendre en charge sa propre liberté . Ethel, qui l’avait recueillie pour la soigner, l’avait déjà incitée à chercher sa propre voie « Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je parle . Trouve –la et laisse-la faire du bien dans le monde ».

Plus encore que le roman d’un soldat noir démobilisé retrouvant le monde de la ségrégation raciale, HOME m’est apparu comme l’histoire touchante de 2 enfants « tels des Hansel et Gretel » formant un couple fusionnel « il était toujours en train de la protéger, de la consoler comme si elle était son chaton préféré » « Qui suis-je sans elle ? ». Si Cee, la fragile, a besoin de la protection de son frère, elle est aussi celle qui conserve au fond de son cœur le souvenir d’un héros invincible, le Franck d’autrefois , d’avant les traumatismes de la guerre .

L’image forte qui persiste en moi après la lecture reste celle des deux enfants unis pour échapper au mal .

Court roman, belle écriture!

7 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 40 ans) - 9 février 2013

Toni Morrison a un véritable talent d'écriture, et tout au long de ce roman, elle fait preuve d'une grande virtuosité dans la maîtrise de la langue pour nous entraîner dans cette Amérique des années 50. Le résultat est vraiment efficace et elle nous brosse un portrait authentique des séquelles de la guerre et de la ségrégation omniprésente de cette époque. Elle arrive en quelques pages, à nous transporter dans l'espace et dans le temps pour revivre cette période de l'histoire du point de vue de différents acteurs. Elle nous bouleverse par petites touches, dans des scènes qui sont aussi bien attachantes qu'elles sont choquantes.
Pour moi ce condensé aurait tout de même mérité un peu plus d'appronfondissements afin de marquer plus fortement les esprits. Par sa faible épaisseur, le roman manque de profondeur dans les personnages, qui sont multiples et je risque de rapidement l'oublier. Le temps d'entrer dans l'histoire, c'est déjà la fin. Seule la divine écriture de Mme Morrison va laisser à coup sûr une trace dans mes souvenirs...

Forums: Home

Il n'y a pas encore de discussion autour de "Home".