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Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus de Éric-Emmanuel Schmitt

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

critiqué par Yotoga, le 30 mai 2012 (Inscrite le 14 mai 2012, 33 ans)

La note: 8 etoiles
Moyenne des notes : 7 etoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 etoiles (24 373ème position).
Visites : 736 

un conte philosophique

Eric-Emmanuel Schmitt nous propose un petit ouvrage sur le thème de la Chine et du confucianisme.

Madame Ming est une "dame pipi" qui raconte la vie de ses 10 enfants à un narrateur étranger. Celui-ci se demande pendant tout le livre si elle fabule ou si elle a vraiment 10 enfants dans ce pays avec une politique de l'enfant unique. Le mystère sera éclairci à la fin du livre.

On peut lire cette oeuvre comme une petite nouvelle qui détend, mais le fond reste une analyse soutenue de références humanistes et à mes yeux, le thème principal reste le confucianisme : Confucius prône que les changements d'une société ne sont possibles qu'en commençant au niveau familial et à travers les exemples des personnalités différentes de ces 10 enfants, l'auteur traite l'idée de comment atteindre la vertu de la richesse intérieure.

Le choix de la "dame pipi" n'a, à mon avis pas été laissé au hasard par l'auteur. En bas de la société dans cette Chine qui a envoyé ses intellectuelles aux champs, je suppose qu'il l'a nommée Ming en rapport avec la dynastie qui correspond à l'apogée du confucianisme.(?)

Comme d'habitude, ses oeuvres sont très courtes et concises. On peut/doit s'arrêter sur certains passages, comme par exemple cette citation : "l’expérience est une bougie qui n'éclaire que celui qui la tient."

Ca réveille le cerveau, c'est un bon dessert !

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Les éditions
small Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus [Texte imprimé] Éric-Emmanuel Schmitt
de Schmitt, Éric-Emmanuel
Albin Michel
ISBN : 9782226220691 ; EUR 11,99 ; 2012-04-02 ; 114 p. ; Broché
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Une autre dame-pipi 5 etoiles

Du Japon à la Chine, de Nothomb à E.E. Schmitt, c'est une toute autre dame-pipi qui nous raconte son histoire.
« C'est l'imagination qui singularise, l'imagination qui arrache à la banalité, à la répétition, à l'uniformité. »

En écoutant cette dame, tout en bas de l'échelle sociale, parler de ses dix enfants, et sa vision sage de la vie, un homme d'affaire européen va modifier doucement sa façon de penser puis le cours de sa vie.
« Pour atteindre l'harmonie entre soi et les autres, il faut analyser les pensées, les filtrer, en refouler certaines. »

Malgré la morale de l'histoire, l'éventuel doute sur la réalité de cette famille, le questionnement du héros, je reste déçue par ce court roman auquel je pourrais reprocher l'abondance de sentences, une fin trop facile de la part d'un auteur dont j'affectionne particulièrement les nouvelles.

Marvic (Haute-Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 54 ans) - 21 octobre 2012


Humanisme et confucianisme 7 etoiles

Un homme d’affaires, chargé par sa société d’acheter des jouets fabriqués en Chine, négocie le contrat au Grand Hôtel de Yunhai dans la province de Guangodong. C’est là, au sous-sol, qu’il fait la connaissance de Madame Ming, chargée de la bonne tenue des latrines masculines, elle s’entretient amicalement avec les messieurs de passage. Dès la première rencontre de madame Ming avec le narrateur, elle donne le ton, en répliquant à ce dernier, qui la félicite de son professionnalisme : « Accomplir un acte remarquable vaut mieux que d’être remarqué » (p.15).

Un jour, notre homme d’affaires laisse glisser une photo que madame Ming ramasse, en lui disant qu’il a deux beaux enfants. À cet instant, elle lui annonce qu’elle en a dix, et lui dévoile, avec poésie, les caractères de chacun d’eux. L'homme d'affaires hésite entre le mépris face à son mensonge et le bonheur qui émane de cette dame, lorsqu'elle décrit ses enfants, ce qui le laisse perplexe, dans un pays de l’enfant unique. Il sourit et retourne à ses activités. Nous aussi, lecteurs, ne sommes pas dupes. C’est le pouvoir de l’imagination qui nous fascine, la véracité nous importe peu, dans ce conte. « C’est l’imagination qui singularise, l’imagination qui arrache à la banalité » (p.43).

Notre voyageur de commerce qui, n’ayant pas connu le bonheur d’être père, comprend la nostalgie de madame Ming et son besoin d’évasion, en parlant de sa famille imaginaire. Bouleversera-t-elle le choix qu’il avait déjà fait? Et le désir de nombreux enfants pour madame Ming, était-ce la peur de se retrouver seule en fin de vie? Une dernière citation «La vérité, c’est juste le mensonge qui nous plaît le plus » (p.105).

L’auteur, Éric-Emmanuel Schmitt, nous fait partager plusieurs aphorismes de l’œuvre philosophique des “Entretiens de Confucius ”, ce qui en fait une lecture qui plaît et détend, tout en nous conviant à la réflexion, au bonheur et à la sagesse.

Saumar (Montréal, Inscrite le 15 août 2009, 79 ans) - 16 juillet 2012


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