Une société de violeurs?
de Marcela Iacub

critiqué par CC.RIDER, le 25 mai 2012
( - 66 ans)


La note:  étoiles
En tout homme ne sommeille pas obligatoirement un violeur...
Choquée par le déroulement de l'affaire DSK et par l'attitude extrémiste de certains groupes féministes, Marcela Iacub, juriste et directeur de recherches au CNRS, décida d'écrire cet essai sur le viol et sa répression. Que se passa-t-il réellement dans cette chambre de l'hôtel Sofitel ? Comment des accusations d'une gravité extrême firent long feu en raison des mensonges et des innombrables versions de la plaignante ? Comment a-t-on pu piétiner à ce point la présomption d'innocence ? Elle fait remarquer que notre pays est avec les Etats-Unis et la Grande Bretagne, l'Etat démocratique qui réprime le plus sévèrement et le plus efficacement le viol. Depuis 1980, les lois ont été durcies jusqu'à instaurer le viol entre époux. Les condamnations ont été multipliées par plus de dix et les accusés ont de plus en plus de peine à faire la preuve de leur innocence. Pour l'auteur, ces pratiques représentent une dérive dangereuse car elles inverseraient le sens de la recherche de la vérité. En droit démocratique, le ministère public se doit de prouver les faits et d'établir la culpabilité sans exiger que l'accusé fasse preuve de son innocence. La grandeur de ce principe essentiel résidant dans le fait qu'il vaille mieux laisser un coupable libre qu'enfermer un innocent injustement. Un livre intéressant et qui remet les pendules à l'heure sur un sujet particulièrement sensible. Comme en toute chose, Mme Iacub nous rappelle qu'il faut savoir raison garder. Une sorte d'anti-pamphlet de bon sens où les ultra-féministes en prennent pour leur grade...