Tuniques bleues (Les), tome 25 : Des bleus et des bosses
de Raoul Cauvin (Scénario), Willy Lambil (Dessin)

critiqué par Jean Loup, le 2 octobre 2002
(Vaulx en Velin - 45 ans)


La note:  étoiles
Des chameaux et des hommes
Le caporal Blutch et le sergent Chesterfield sont les Nordistes les plus célèbres de toute la Bande Dessinée. Créée en 1968, la série "Les Tuniques Bleues" a eu le temps de devenir un classique, avec à son actif quelques 45 albums en 2002. Cette vingt-cinquième aventure, intitulée "Des bleus et des bosses", se déroule comme toujours durant la guerre de sécession. Les Nordistes se battent contre les Sudistes, l'issue du conflit est incertaine et chaque camp rivalise d'ingéniosité pour surpasser son adversaire. Ainsi, quand un gradé fait traverser l'Atlantique à des chameaux pour voir si ces animaux lointains pourraient être plus avantageux que les chevaux dans certaines situations, on se dit que tout peut être tenté pour gagner la guerre.
Et naturellement, ce sont nos deux tuniques bleues de service qui sont chargées de faire un rapport sur l'utilité des chameaux. Sous la direction d'un lieutenant qui prend très vite en grippe aussi bien les animaux que Blutch et Chesterfield, une surprenante cohabitation commence... On sait que Raoul Cauvin est un scénariste incontournable des éditions Dupuis, à la tête de séries innombrables. C'est l'un des papes de la BD gros nez et grand public, ce qui le rend parfois impopulaire chez les amateurs d'un neuvième art plus adulte.
Cet album des Tuniques bleues en vaut bien d'autres : les 44 planches se déroulent avec naturel, tant l'homme est rompu à cet exercice. On ne rit pas aux éclats, mais l'histoire est amusante, et les altercations traditionnelles entre les deux héros sont peu originales mais distrayantes.
Côté dessin, Lambil a eu le temps d'affûter son pinceau au fil des nombreux albums parus chez Dupuis : le trait est donc du gros nez de bonne facture, sans génie ni particularité.
Au final, "Des bleus et des bosses" est un album agréable qui remplit son but : être distrayant. Ni plus, ni moins.
Oui, mais... 6 étoiles

J'ai adoré cette BD à ses débuts. Comme dans toutes les BD il y a un comique et un sérieux. Blutch remplit à merveille le rôle du comique, du planqué, de celui qui n'en a rien à foutre de toute cette histoire, se demande ce qu'il faut parmi tous ces fêles et ne pense qu'à se tirer de ce cauchemard. Chesterfield est le sérieux, genre doigts sur les coutures du pantalon. Il ne cherche pas les risques, mais s'y retrouve à tous les coups... et, bien sûr, il ne peut se passer de Blutch... Mais un côté répétitif est apparu dans cette BD, l'auteur n'étant pas vraiment arrivé à se renouveler, même s'il s'ingénie à changer les décors...

Jules - Bruxelles - 74 ans - 3 octobre 2002