Bientôt les jonquilles
de Marcelle Pâques

critiqué par Débézed, le 7 avril 2012
(Besançon - 72 ans)


La note:  étoiles
Le coeur en balade
C’était Pâques, les jonquilles fleurissaient déjà depuis quelques semaines, Marcelle, Marcelle… Pâques évidemment, déversa sur mon bureau une brassée du soleil des fleurs de son « jardin d’étoiles ». Ces mots-fleurs, ces mots-soleils inondèrent mon gîte d’un courant d’air frais. Marcelle avait envie d’oublier, de s’affranchir de ses craintes et de ses angoisses, elle ne voulait tolérer aucune rigueur même pas celle imposée par la ponctuation. Ce vent de liberté et de fraîcheur m’emporta sur les vers ciselés de ses poèmes, des vers dépouillés, ne contenant que l’essentiel, la musique, l’harmonie, l’émotion, la volonté d’aller là où il fait bon vivre. Des vers qui seraient au langage ce que l’évolution d’une gracieuse gymnaste sur une poutre et au geste : l’épure, l’excellence, le temps suspendu à aux cordes de la grâce.

Mais ce recueil est aussi un acte de foi, de volonté, d’affirmation, Marcelle avec ses mots directs et sans fards n’a plus envie de plaire, elle veut seulement « oser les chemins de traverse » pour être bien avec elle, le cœur en balade, les soucis envolés. Un engagement devant la vie pour toujours croire que tout est encore possible, qu’il n’est jamais trop tard :

« Mais dans ses yeux, je deviens belle »
Un bouquet de fraîcheur un hymne à la vie »

Marcelle :

« Suppose
Que la vie soit un long voyage
Et que je te demande
De partir sans bagages »

Je m’envolerais sur la musique de tes vers pour jouir de ce courant d’air jaune, parfumé, brillant comme un soleil, qui m’emporterait dans le pré où fleurissent les jonquilles.

Un bouquet de fraîcheur 8 étoiles

Dans ce premier recueil paru chez Chloé des Lys, Marcelle Pâques joue la carte du bonheur contre les couleurs fanées du regret ou du chagrin. Pour avoir trop longtemps sacrifié aux sirènes du malheur, pour s’être pliée à la litanie des reproches ?

En tout cas, ce recueil marque la rupture, il inaugure un nouveau mode de vie.

Hier, j’ai rangé au grenier
La vieille malle des regrets
(Rupture)

Mon cœur est en balade
J’ai gommé mes soucis
(Balade)

Avec, notamment dans « Aventure nocturne », l’aide d’un petit chat chasseur de soucis-souris qui, une fois son forfait accompli, disparaîtra et laissera « Monsieur mon cœur roulé en boule »...

L’amour, les mots, l’amour des mots et les mots de l’amour ont participé, c’est sûr, à l’action de résilience. Avec la nature (celle du Midi et d’ailleurs) sous ses divers aspects : fontaine, colline, village, vent... Et la croyance en ce qu’offre la clairière de l’instant, qu’elle se présente sous la forme de la pluie « nichée au cœur d’une rose » ou d’un bouquet de jonquilles.

Cap sur la réalité – qui est « mieux que le décor » -, quitte à entreprendre le reste du voyage « sans bagages », lesté des lourdeurs du passé!

«Le chagrin disparaît dépité
Sous les huées de notre amour
Les pensées en friche vont refleurir
Bientôt ! L’insolence du muguet.
Exhalant le parfum du désir.
Quelques brins d’un bonheur obstiné »
(Résilience)

L’air de rien, il s’agit là d’une rébellion (le mot rebelle apparaît plusieurs fois) contre la dictature des émotions tristes, contre toutes les formes de ressentiment qui affectent notre présence au monde. D’une libération de la parole et des émotions vives. Pour en sortir victorieux, au prix d’un incessant mais possiblement joyeux combat de chaque instant.

Une belle poésie qui, bien que classique, ne donne pas l’impression de la contrainte mais, au contraire, imprime ses accents de liberté sur une portée ensoleillée qui résonne longtemps dans un ciel... que nous voudrions sans nuages.

Kinbote - Jumet - 60 ans - 23 août 2012


Trop bref.... 7 étoiles

Trop bref pour que je puisse apprécier à sa (sans doute) juste valeur ce petit vent de printemps, très frais, et au delà du changement de saison tout ce qui va dans le sens du renouveau, du réveil etc...
Il m'en aurait fallu un peu plus...mais j'ai beaucoup aimé les titres et quelques phrases qui sont écrites de la main de Marcelle Pâques, et surtout tout l'optimisme qui se dégage de ce petit ouvrage.

"Un rayon de soleil s'aventure
Dans la grisaille du quotidien
Une ombre fantasque sur le mur
Vacille, s'étonne c'est le chagrin."

Sissi - Besançon - 48 ans - 14 juin 2012