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Le sillage de l'oubli de Bruce Machart

Titre original : The wake of forgiveness

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

critiqué par CC.RIDER, le 4 avril 2012 (Inscrit le 31 octobre 2005, 55 ans)

La note: 6 etoiles
Moyenne des notes : 7 etoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 etoiles (23 584ème position).
Visites : 592 

Premier roman relativement réussi

A Lavaca County (Texas) en 1895, Vaclav Skala, propriétaire terrien d'origine tchèque, perd la seule femme qu'il ait jamais aimée alors qu'elle met au monde Karel, leur quatrième fils. A partir de ce moment, pour Vaclav rien ne comptera plus que ses chevaux de courses qui vont lui permettre d'agrandir son domaine au fil des paris et des victoires remportées par Karel qui est un excellent cavalier. Mais tout va basculer quand Villasenor, un riche éleveur d'origine mexicaine, propose un nouveau pari qui engage tout l'avenir des quatre frère. Cette course décisive, Karel ne va pas la gagner. Il sera même battu par la fille de Villasenor...
Un premier roman relativement réussi, mais pas au point de mériter les dithyrambiques éloges de la quatrième de couverture : « épopée mythique et hypnotique », « écriture vertigineuse », « Le Sillage de l'oubli a valu à son auteur d'être comparé à Faulkner » et « des accents de Cormac MacCarthy ». Pour ce dernier, les accents n'ont rien à voir avec ceux de la période « La route », mais peut-être avec la période « Suttree », c'est à dire quand le maître écrivait encore avec une plume de plomb. Voir du Faulkner chez Machart est totalement controuvé, car à part la période décrite et les personnages de paysans américains, les deux auteurs n'ont pas grand chose d'autre en commun. « L'écriture vertigineuse » semble en réalité plutôt lourde et ennuyeuse car manquant de rythme. Se prenant pour un entomologiste, l'auteur s'évertue à décrire de nombreuses scènes sans intérêt et se perd dans un tas de détails inutiles, ce qui donne un style pompeux et vieillot à ce livre. « Epopée » est un bien grand mot pour cette histoire. Nous avons plutôt affaire à une saga familiale assez calamiteuse racontée de façon non chronologique avec d'incessants retours en arrière et des progressions en zigzag dans le temps qui n'aident guère à la compréhension. On apprend néanmoins pas mal de choses sur l'élevage des chevaux et en particulier sur leur castration qui est contée deux fois et dans tous les détails. Espérons que Machart, à l'instar de Cormac McCarthy, saura, dans ses prochains ouvrages, épurer son style et aller à l'essentiel. Là on pourra crier au génie...

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Les éditions
small Le sillage de l'oubli [Texte imprimé], roman Bruce Machart traduit de l'américain par Marc Amfreville
de Machart, Bruce Amfreville, Marc (Traducteur)
Gallmeister / Nature writing
ISBN : 9782351780497 ; EUR 23,60 ; 2012-01-05 ; 334 p. ; Broché
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Les critiques éclairs (2)

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Le mauvais cheval ... 8 etoiles

On ne présente plus les éditions Gallmeister et leur collection Nature Writing.
En voici un nouvel épisode qui change un peu des polars auxquels on avait pris goût, un épisode plutôt dans la veine de David Vann que celle de Craig Johnson.
Une très sombre histoire de famille, à cheval : Le sillage de l'oubli de Bruce Machart.
Nous voici à l'orée du siècle (le dernier hein), au fin fond du Texas, dans les plaines cotonneuses de Lavaca County, à quelques chevauchées de la frontière mexicaine.
La région est peuplée d'immigrants tchèques et dans la famille Skala tout allait pour le mieux.
Le père Vaclav pour agrandir ses terres, chevauchait ses pur-sang au cours de paris qu'il gagnait régulièrement. Tout allait bien jusqu'à ce que la mère Klara meure en couches à la naissance du petit dernier Karel. Dès lors, Lavaca County sera comme un avant-goût de l'enfer pour la famille Skala.
Depuis la mort de sa femme, Vaclav s'enfonce dans sa terre. Il ne vit plus que pour elle et ne rêve que de l'agrandir. Le plus jeune fils Karel est devenu un cavalier émérite et gagne régulièrement les paris avec les voisins, agrandissant le domaine familial à chaque course. Vaclav prend le plus grand soin de ses pur-sang et ce sont donc les quatre fils qui tirent désormais la charrue sous l'oeil sévère du père, le fouet au côté. Courbés ainsi sous le "joug paternel" ils en garderont à jamais la nuque déformée.
Jusqu'au jour où arrive le sieur Villaseñor, mexicain de son état (et visiblement en ce temps-là, les latinos n'étaient pas les bienvenus). Le sieur Villaseñor est riche et rêve de marier ses trois filles aux fils d'un grand propriétaire texan.
Les fils reluquent les donzelles et aspireraient bien à la liberté ... mais pour le père, il n'en est pas question.
Sauf qu'au Texas en ce temps-là, on ne refuse pas un pari ... Et c'est donc à cheval, à la course, que va se jouer le sort de la famille Skala ...
On ne vous en dit pas plus même si le suspense n'est pas le ressort du bouquin. Au contraire, on passe habilement entre trois époques : 1895 à la naissance de Karel, 1910 à l'apparition des mexicaines et 1924 lorsque Karel est devenu adulte et que ...
C'est le premier roman de Bruce Machart et il faut avouer que c'est un joli coup : bien sûr il y a cette histoire, âpre et sauvage, presque inhumaine comme la terre avec laquelle les hommes font corps.
Et puis il y a cette écriture (sans doute admirablement traduite), riche, ample, impeccable.
C'est fort et ça remue.

BMR & MAM (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 53 ans) - 6 décembre 2012


Le sillage de l'oubli 7 etoiles

Personellement je considère aussi que pour un premier roman celui-ci me semble réussi.

Ceci n'empêche pas certaines erreurs et CCrider n'a pas tort

En effet être trimballé dix ans en arrière puis quinze en avant et ainsi de suite a quelque chose d'énervant

Oui, certaines parties du livre sont un peu trop longues alors que nous attendons quelque chose de bien plus important.

Quant à l'écriture je ne vois nulle part du Harrison, McCarthy et certainement pas du Faulkner ! Cela dit, elle n'est pas mauvaise du tout .

Mais plus bizarre ... Deux père très riches, l'un est aimable tandis que l'autre frappe , et pas doucement, sur ses enfants.
Où est alors le bizarre ?..

- Ils ont chacun quatre enfants, quatre superbes filles pour le segnor et quatre pour le Tchèque et , aussi bizarre, l'un a quatre fille et l'autre quatre fils. Si cela n'est pas une incroyable coïncidence !... Un peu gros, non ?...

Si j'ai lu ce livre avec un certain plaisir, j'étais très loin de celui que j'ai vécu lors de ma lecture "Les erreurs des pères" de Lewis Shyner sur le racisme dans les année 60/80 aux US

Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 68 ans) - 7 avril 2012


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